Publicité

A la recherche du bonheur

6 novembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Née en Indonésie en 1933, Chen Yun Or Kam Fat grandit dans une famille modeste de cinq enfants qui tenait une boutique de petit commerce. A l?âge de 18 ans en 1952, elle part pour la Chine, la terre de ses ancêtres pour des études universitaires. Pendant les années de jeunesse elle va être témoin de la Révolution Culturelle en Chine. C?était une expérience traumatisante pour elle de voir les Gardes Rouges défiler à travers les artères principales détruisant tout sur leur passage. Et en même temps elle va rencontrer son futur époux à Guadong. C?est le déclic : le grand amour. Son futur époux étudie la médecine traditionelle chinoise tandis qu?elle suit des cours en forestry. Cet amour va la conduire à l?île Maurice, un pays méconnu dans le royaume du Milieu. Pour elle, c?est la grand aventure, un saut vers l?inconnu. Entre-temps l?Indonésie va connaître des moments sombres de son histoire : une page sanglante. Des émeutes inter-ethniques la déchirent. Des ressortissants chinois par millers fuient le pays d?adoption. C?est l?exode. La diaspora chinoise va connaître le revers de la médaille dans cette partie du monde.

Chen Yun vient à Maurice en 1975. Au début l?adaptation était difficile ? l?environnement physique et social est différent surtout avec des barrières linguistiques. Avec persévérance et assiduité, elle maîtrise le créole. Au bout de quelques années, elle se sent Mauricienne à part entière.

Son époux, Dr Or Kam Fat, tenait un cabinet de consultations à la Rue La Paix et pour meubler son temps libre, elle commence à s?intéresser au social et au volontariat. Elle se joint à la Women?s Association for the Promotion of Chinese Culture, créée par Sui Man Youne en 1956. Son dynamisme et son charisme lui ont valu la confiance des autres. Elle fut élue présidente à plusieurs reprises.

A la suite de l?invitation de l?Association de la Femme de Beijing en 1984 et 1991, elle dirigea une délégation des membres de son association en Chine où elles ont rencontre des personnalités politiques féminins du Royaume du Milieu. Joviale, lucide et vivace, elle est tres communicative avec un rire contagieux. Elle essaie de briser un mythe: celui de faire reconnaître la femme afin qu?on lui donne la place qu?elle mérite. La femme sino-mauricienne a un rôle important à jouer pour façonner la société de demain.

En Chine depuis plus de 50 ans, on dit : ?les femmes peuvent soutenir la moitié du ciel?. Le temps du bandage de pieds des femmes (un élement de leur soumission à l?homme) est bien révolu. Pourtant plusieurs clubs chinois sont encore inaccessibles aux femmes.

Cette octogénaire adore la musique et la danse. Dans des fonctions sociales, elle chante des mélodies chinoises. Elle attribue sa longevité au taichi et à sa bonne humeur. Ce petit bout de femme a la conviction de pouvoir changer la mentalite des autres envers les femmes surtout.

Philip LI CHING HUM

Publicité