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L?enquête relancée

6 novembre 2007, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

On peut se réjouir de l'étape qui est franchie avec l?arrestation de Teeren Appasamy. C?est un premier pas vers l?extradition du suspect principal dans l?affaire de détournement de fonds à la MCB. Il est très attendu car son témoignage représente le dernier espoir de faire la lumière sur le vol le plus crapuleux de l?histoire financière du pays.

En l?absence de l?homme d?affaires, établi à Londres, l?enquête dans cette affaire n?a pas beaucoup avancé. Ce n?est guère étonnant. Il détient la clé de l?énigme et il peut aider les enquêteurs à établir les dossiers à charge contre les uns et les autres. Grâce à son arrestation, on entrevoit enfin la possibilité que les auteurs présumés des malversations soient traduits en justice. Jusqu?ici, l?investigation a connu davantage de ratés que de résultats probants. L?impunité demeure la règle.

Pour autant, rien n?est encore acquis. Les procédures d?extradition sont enclenchées certes mais elles sont laborieuses et incertaines. D?ailleurs, l?état de santé du suspect n?est pas brillant et si ce malade cardiaque se présente devant le magistrat sur une civière, il pourrait éventuellement bénéficier de la clémence de la justice britannique et échapper à l?extradition.

Parmi les anomalies qui ont conduit à la paralysie de l?enquête jusqu?ici, on relève cette incroyable confusion autour de la juridiction compétente pour s?occuper de l?affaire. La législation prévoit que les cas de corruption ou de blanchiment d?argent intéressent l?ICAC, mais l?affaire MCB-NPF concerne les délits de fraude et de vol. Elle devrait donc intéresser, en premier lieu, la police. Le désordre a prévalu, il y a eu des enquêtes parallèles et, naturellement, aucune d?entre elles n?a été concluante. De plus, l?on s?interroge sur la régularité de la démarche de l?ICAC, étant donné que plusieurs faits reprochés aux suspects sont antérieurs à l?adoption du ?Prevention of Corruption Act? de 2002.

Les cafouillages ont été nombreux à la commission anti-corruption. On peut citer, au chapitre des errements de l?ancienne direction de l?ICAC, l?immunité qui a été accordée à l?ancien ?chief manager? de la MCB, Robert Lesage, pour les délits de blanchiment et de corruption, en contrepartie de ses ?aveux?. Ce marchandage n?a fait qu?entraver l?enquête de la police. Pour établir la vérité dans toute cette affaire, il faut lever la confusion qui s?est instaurée depuis le début.

L?arrestation du principal bénéficiaire présumé du butin, Teeren Appasamy, et la possibilité qu?il soit interrogé à Maurice, ouvre également de nouvelles perspectives en ce qui concerne la transparence du financement des partis politiques. Cette activité demeure très opaque, malgré le scandale de la caisse noire d?Air Mauritius, et en dépit des recommandations de la commission Sachs. Le plus grand mystère continue à régner sur ces financements occultes.

Les explications de l?homme d?affaires vont lever le voile sur bien des pratiques cachées. Son arrestation survient comme la lumière au bout du tunnel.

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