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Déviation de la route : entre quiétude et développement

5 novembre 2007, 00:00

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GEETA et Sudesh Lallchand s?achètent, il y a sept ans, un terrain de 16 perches au lotissement Jhuboo à Trou-aux-Biches. Leur terrain jouxte le golf de l?hôtel Trou-aux-Biches, du groupe Beachcomber. Il y a un an, ils y complétaient la construction de leur maison.

Puis, ils apprennent le projet d?agrandissement de l?hôtel et que le groupe propriétaire demande un réaménagement de la route qui sépare l?hôtel de son terrain de golf. Dans sa demande pour un Environment Impact Assessment (EIA), Beachcomber propose que la route passe désormais à l?arrière du golf. Geeta et Sudesh Lallchand sont inquiets : ?Si cette route passe à 20 mètres de ma maison, je dois dire au revoir à ma tranquillité. C?est terriblement injuste quand la raison pour laquelle j?ai acheté ce terrain est justement parce que je recherchais la tranquillité?, s?insurge Sudesh Lallchand. La route passe actuellement à 250 mètres de sa maison.

Sudesh Lallchand est lui-même project manager chez Rogers, un des gros actionnaires de Beachcomber. Il a été responsable du projet hôtelier du Sud, avec la construction des hôtels Hermitage et Telfair. ?Comment peut-on dire que je suis contre le développement ?? se demande-t-il. Il précise que les déviations de routes faites dans le Sud n?ont pas dérangé la tranquillité des habitants.

Mais l?argument du groupe Beachcomber est d?ordre économique : ?Le gouvernement a pour ambition d?accueillir deux millions de touristes. Il faut bien les loger ?, explique Malen Oodiah, project coordinator du groupe hôtelier. Pour tenter de se faire entendre, le couple Lallchand a constitué un groupe de contestataires. Des tracts au texte ciblant Beachcomber sont distribués. ?Je suis le groupe le plus profitable du pays, j?ai toute la plage à moi, je suis gourmand, j?ai encore faim (?) Personne ne peut m?arrêter. Je suis le tout-puissant. Je suis le manitou. Ha ha?, dit un personnage dessiné.

Ce groupe d?opposants au projet a soumis des contre-propositions au ministère de l?Environnement : soit une route longeant la plage, soit un autopont (flyover) au-dessus de l?extension projetée de l?hôtel. Alan Samsun, consultant en matière d?environnement pour Beachcomber, réfute l?argumentaire écologique. ?Ce genre de projets a certes des impacts négatifs sur l?environnement, mais il y a des mesures atténuantes prévues.?

Depuis, d?autres résidents de la région se déclarent favorables à la démarche de l?hôtelier. Ils ont bénéficié, disent-ils, des activités de Beachcomber, qui propose maintenant des facilités, tels un dispensaire et un bureau de poste. Ils ont même manifesté contre le couple Lallchand. ?Il y a beaucoup plus d?avantages que de désavantages. Les Lallchand ne représentent qu?eux-mêmes et pas la majorité des habitants du morcellement?, dit Soodesh Callychurn, un avocat qui habite le lotissement.

Mais Geeta et Sudesh persistent. Ils ont aussi rencontré Dinesh Ramjuttun, ancien conseiller du Premier ministre. Ce dernier avait soulevé la question avec Navin Ramgoolam. Chez Beachcomber, on convient que la déviation de la route peut causer problème. Une proposition d?achat de la maison aurait été faite au couple Lallchand mais le prix n?aurait pu être conclu. Entre-temps, les autorités doivent décider entre la quiétude des uns et ce qui semble être l?impératif économique pour le bénéfice, est-il dit, du plus grand nombre.

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