Publicité

Retour sur terre

3 novembre 2007, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Fini le temps où les athlètes considéraient les bourses de haut niveau comme un acquis. Fini également le temps où certains dirigeants sportifs pensaient tenir le pouvoir absolu en faisant chanter les athlètes en échange d?une simple signature qui leur permettait de toucher leurs allocations à la fin du mois. Qui dit allocation dit désormais performance.

Et, la High Level Sports Unit compte bien veiller au grain.Cette unité que dirige le Senior Sports Officer Ram Lollchand a donné une toute nouvelle orientation à ce plan d?aide axé désormais sur la performance.

Une mesure qui était plus que jamais nécessaire après la débâcle de Maurice aux derniers JIOI de Madagascar. Ce, dans un souci de redresser la barre et d?éviter une nouvelle humiliation lors de la prochaine édition, en 2011 aux Seychelles.

La HLSU a donc revu les critères qui dataient, selon son président, de plus d?une dizaine d?années. Critères qui étaient dépassés et qui, dans de nombreux cas, favorisaient les abus.

Le terme choisi est peut-être fort mais il est justifiable. Sinon comment expliquer que sur les 138 bénéficiaires avant les JIOI, 10 % d?entre eux n?avaient pas été retenus par leurs fédérations respectives ? à l?exception du badminton, absent du progarmme des derniers JIOI ? pour ce rendez-vous indianocéanique et que seulement 20 % ont ramené une médaille d?or ? Pourtant, l?Etat investissait plus de Rs 350 000 par mois sur la centaine de privilégiés.

Les barêmes des primes ont aussi été révisés. Même si dans certains cas, nous estimons qu?un effort peut encore être fait, car une allocation de Rs 1 000 voire Rs 2 000 est dérisoire par rapport au coût de la vie. Dans l?ensemble, nous saluons le courage de la HLSU !

Les nouvelles mesures introduites par cette unité pourraient, en effet, paraître impopulaires aux yeux de certains puisque le nombre de bénéficiaires est passé de 138 avant les JIOI à 51 pour les six prochains mois. Mais au bout du compte, elles encourageront les athlètes à se surpasser afin de pouvoir profiter de cet avantage de l?Etat.

Ces mesures permettront surtout aux athlètes ? qui s?étaient habitués à une certaine facilité ? de prendre conscience que cette allocation financière n?est pas un « salaire » et qu?elle ne perdurera pas. Ce faisant, les athlètes apprendront à assumer leurs responsabilités pour assurer leur intégration dans le monde du travail après leur carrière sportive. Aspect très souvent négligé et par les sportifs et par les fédérations sportives qui ne se soucient guère de ce qu?il adviendra de l?athlète après sa carrière.

Cependant, cette action de la HLSU ne pourra à elle seule améliorer le niveau du sport local. Cela pour la bonne et simple raison que le sport de haut niveau ne se résume pas à des motivations financières. Il englobe une série de mesures comme un encadrement technique de qualité ? avec l?appui des entraîneurs qualifiés et non des imposteurs qui se font passer pour des entraîneurs pour profiter des avantages attachés à ce poste ? des équipements appropriés pour éviter les blessures, des frottements réguliers avec l?étranger ? que ce soit à travers des stages ou des compétitions internationales ? un suivi médical approprié et régulier et un apport psychologique. Tout ceci requiert un investissement financier conséquent.

Il incombe ? peut-être pas à la HLSU ? désormais de s?assurer que tous ces éléments soient réunis. Il est certainement de la responsabilité du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) de veiller à ce que ces conditions soient réunies pour permettre aux sportifs mauriciens de réaliser des performances.

Le projet sport-études lancé par le Trust Fund For Excellence in Sports ? avec la bénédiction du MJS ? en début d?année est un bel exemple de la façon dont devrait fonctionner une structure de haut niveau. Cette instance que dirige l?ancien ministre des Sports, Michael Glover, offre un encadrement technique et pédagogique aux jeunes ayant le potentiel de briller au plus haut niveau. C?est grâce à ce genre de structures que l?on arrivera à produire une élite performante dans quelques années. Mais il faudrait encore que l?Etat se sente concerné jusqu?au bout...

Publicité