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Un Divali doux-amer

4 novembre 2007, 00:00

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Gulab Jamun, Rasgoola, Ladoo à base de besan, Barfi à base de coco, Dilkoush, Goonjia, Mawa, Balushai, Sararjan, Messoor? Voilà quelques-unes des variétés de douceurs qui seront fabriquées et distribuées dans le cadre de la célébration de la fête de Divali. Cependant, cette année, ces douceurs auront un goût doux-amer pour les ménagères.

Le responsable de ce malaise : l?augmentation qui a frappé une série de produits qui n?a malheureusement pas épargné les ingrédients, particulièrement le lait qui entre dans la fabrication de ces douceurs.

Le communiqué émis le 30 octobre 2007 par le ministère du Commerce assure la disponibilité du lait en poudre avec la mise sur le marché de 204 878 kg de lait en poudre de différentes marques. Cependant, les nouveaux prix donnent le vertige aux ménagères.

En juin, le sachet du lait en poudre de la marque Red Cow, consommé par plus de 60 % de la population, se vendait à Rs 138,10 le kilo.

Au 30 octobre, le lait en sachet coûte Rs 277,74 !

Bien que Ragini Lutchmun de Beau-Bassin est déterminée à respecter la tradition de préparer elle-même ses gâteaux, cela pèsera dans le budget. Elle confectionnera des gâteaux pour remplir au moins une cinquantaine de cornets. Elle aura besoin de quatre kilos de lait. Gulab Jamun, Barfi et Rasgoola seront parmi les variétés qu?elle proposera. Ce sont des douceurs qui nécessitent beaucoup de lait en poudre entier.

Respecter une tradition longtemps implantée

Ajouter à cela, le coût de trois litres d?huile nécessaires à la cuisson des douceurs. L?augmentation du prix de l?énergie électrique et la fluctuation de la roupie par rapport aux devises étrangères font que très peu de produits qu?utilisent les ménagères pour la préparation des gâteaux de Divali seront épargnés. Même la patate douce dont la chair est utilisée pour fabriquer les galettes qu?on appelle affectueusement les gato patate. « Puisque les prix sont là, il faut faire avec. Cependant, nous n?allons pas réduire la quantité de douceur que nous avons l?habitude de distribuer », assure Ragini Lutchmun.

Prita Behari de Mare-Chicose n?aura pas à distribuer autant de sachet de gâteaux que Ragini Lutchmun, mais n?empêche, le prix des ingrédients ne la laisse pas indifférente. Elle fera cuire des galettes à base de patate douce, des Ladoos à base de besan, des Barfis, entre autres.

Elle n?utilisera pas beaucoup de lait. Mais elle va devoir débourser Rs 277,74 pour s?acheter un sachet de lait, même si elle n?utilisera qu?une seule tasse de lait. « Je ne pense pas vraiment au prix parce que la préparation et la distribution des gâteaux constituent un moment exceptionnel », confie-t-elle.

Même si elle place au-dessus de tout sa joie de respecter une tradition longtemps implantée au sein de la famille, Reena Goolaub de Highlands ne peut s?empêcher de peser le poids du prix des ingrédients comme le lait dans la confection de gâteaux pour la fête de Divali.

Elle va distribuer des gâteaux dont des galettes à base de patate douce, des gâteaux piments et des Rasgoolas dans au moins une dizaine de foyers. Elle se sert de lait en poudre de la marque Anchor.

En avril 2007, le sachet d?un kilo de cette marque de lait en poudre coûtait Rs 122,92. Si Reena Goolaub l?achète cette semaine, elle paiera le même sachet à Rs 187,17 soit Rs 64,25 plus cher. Ce n?est peut-être pas conséquent, mais si le prix de ce sachet était resté inchangé, la somme de Rs 64,25 aurait certainement été utilisée ailleurs?

N?empêche, Reena Goolaub ne compte pas en faire moins cette année, car l?importance de respecter la tradition de Divali l?emporte sur le goût amer des dépenses supplémentaires?

L?inquiétude des fournisseurs</B>

Le prix de la pochette de lait en poudre qu?utilisent les fournisseurs de douceurs dans le cadre de Divali est passé de Rs 2 500 à Rs 4 800. La situation n?est pas mieux au niveau du prix des logements moins volumineux.

La liste rendue publique le 30 courant par le ministère du Commerce en témoigne. À titre d?exemple, la boîte de lait de la marque Red Cow emballée le 30 octobre sera vendue à Rs 189,16 le kilo.

La répercussion de cette majoration sur le comportement de la clientèle, qui graduellement a abandonné la tradition de consommer et de distribuer des gâteaux faits maison, est envisagée avec inquiétude. « Nous estimons que certains vont réduire le budget consacré à l?achat de nos douceurs. Il n?est pas impossible que ce budget soit réduit presque de moitié. Nous avons envisagé d?importer des douceurs de Dubayy comme nous l?avons déjà fait par le passé. Cependant, le coût du fret nous a découragés », indique Ashok Ramgutty, directeur d?Ashoka Sweets Distributors Ltd.

Et d?ajouter que son entreprise va devoir tenir compte des augmentations dans ses prix.

« Malheureusement, l?augmentation du prix du lait en poudre de 35 % à 40 % associée à celle de l?énergie électrique et celle du prix du besan seront répercutées sur le prix du produit fini », soutient, de son côté, Bhooshan Ramessur, responsable de la pâtisserie de Bombay Sweets Mart. Cependant, son implantation sur le marché depuis avril 1969 permet à cette entreprise de passer cette étape avec sérénité. L?entreprise mise beaucoup sur la qualité de ses produits confectionnés avec le savoir-faire de chefs venus directement de l?Inde.

Pour Priya Soobarah, directrice d?Anand Sweets, ces augmentations n?arrivent pas à un bon moment, car son entreprise n?est sur ce marché que depuis six mois seulement. « Le prix n?est pas le seul facteur qui influence le comportement de la clientèle. Nous n?avons pas d?autres choix que d?exploiter notre capacité à offrir un produit de qualité fabriqué avec le savoir-faire des chefs indiens. »

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