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Géraldine Tour fait un pied de nez au diabète

4 novembre 2007, 00:00

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Jeune, diabétique et brillante dans les études? c?est possible. Géraldine Tour, jeune fille de 17 ans et étudiante en Lower Six au collège Lorette de Port-Louis, prouve au quotidien que le diabète n?est pas une fatalité. L?an dernier aux examens du School Certificate, elle a décroché d?excellents résultats.

Géraldine Tour assume sa maladie avec courage depuis l?âge de 12 ans. Atteinte de diabète de type 1, dit insulinodépendant, elle mène une vie quasiment normale aux côtés d?un père tailleur et d?une mère couturière. Le diabète de type 1, aussi appelé diabète juvénile, résulte de l?arrêt plus ou moins rapide de la fabrication et de la sécrétion de l?insuline par le pancréas, une hormone indispensable à une pénétration normale du glucose dans les cellules de l?organisme.

À l?entendre parler de la maladie, on comprend que pour elle, le diabète ne l?a pas empêchée de vivre normalement jusqu?ici. Ceci est dû à la maîtrise de son traitement et à un suivi médical régulier. Et dans ce cas, la vie vaut vraiment le coup d?être vécue, même pour une diabétique. La jeune fille, actuellement en vacances, ne se prive pas de sorties en famille ou avec des amies. « L?essentiel, c?est d?être bien informé », affirme-t-elle.

Dès l?annonce de sa maladie et après le choc passé, il a fallu lui expliquer les choses très tôt, pour que le traitement soit accepté comme une nécessité quotidienne. Elle a dû, en quelque sorte, grandir plus vite que les autres enfants de son âge. « Les médecins et mes parents m?ont aidée à comprendre, à assumer et à prendre en charge moi-même mon traitement, mes contrôles de glycémie et mes injections. Au début c?était difficile, mais avec le temps on s?habitue. »

Comment a-t-elle vécu les premières années de la maladie ? « À l?école, ma maladie n?a rien changé. Sauf que mes amis et mes professeurs savaient quoi faire si jamais je perdais connaissance. »

Si elle passait par un épisode comateux, il aurait fallu lui passer du glucose sur les gencives. Chose qui ne s?est jamais produite heureusement.

Il y a aussi eu des moments de doute. L?adolescence est une période difficile, faite de refus à assumer sa maladie. « Parfois, j?étais découragée parce que j?apprenais que la maladie si elle n?est pas bien traitée, cause des complications. » Mais elle reprend vite le dessus grâce à des parents et à un petit frère aimants.

À la maison, elle est encouragée à pratiquer une activité physique régulière parce que le sport fait consommer le sucre et baisser les besoins en insuline. Il lui a aussi fallu adopter une alimentation équilibrée à des heures régulières. Si bien que toute la famille vit aujourd?hui au rythme de Géraldine. La jeune fille souhaite aujourd?hui dédramatiser la maladie.

« On peut vivre une vie normale même en étant diabétique. Il faut juste suivre son traitement à la lettre et mener une vie saine. »

Questions à

Martine Lassemillante, vice-présidente de l?association T1Diams

« Le diabète n?est pas un handicap »

L?association T1Diams existe depuis deux ans. À dix jours de la Journée mondiale du diabète, avez-vous l?impression d?avoir pu changer les choses ?

Après deux ans d?existence, je dois dire que le bilan est satisfaisant. Nous avons 130 membres dont 70 bénéficiaires.

Ces derniers sont des jeunes atteints du diabète de type 1 aussi connu comme le diabète insulinodépendant.

Notre but est d?améliorer la considération des jeunes atteints du diabète de type 1 lorsqu?ils vont à l?hôpital pour leur traitement. Nous leur procurons des seringues parce que parfois on ne leur en donne pas assez à l?hôpital, des glucomètres et des bandelettes pour un meilleur contrôle de la maladie. C?est un fait que les jeunes manquent d?information sur la maladie dont ils souffrent, d?où l?importance de leur procurer l?éducation nécessaire pour une meilleure compréhension du diabète de type 1. De plus, nous sommes en train d?aider une dizaine de Rodriguais atteints de la maladie.

Que reste-t-il à faire ?

Le problème, c?est que le ministère de la Santé ne réalise pas que ces jeunes ont besoin de soutien. C?est une pathologie pluridisciplinaire où interviennent plusieurs spécialistes comme l?endocrinologue, l?ophtalmologue, le podologue, entre autres. Il faut dire que les services de santé sont plus orientés vers les adultes et c?est assez déstabilisant pour les enfants et les adolescents.

Toutes les ONG souhaitent la création d?une unité spéciale où on va bien s?occuper des enfants. La famille des petits malades a aussi besoin d?être soutenue. Il faut consolider l?éducation des parents et des enfants pour qu?ils puissent grandir correctement et faire en sorte qu?ils ne soient pas stigmatisés. Un enfant qui fait sa piqûre d?insuline est mal perçu de nos jours. Les gens ont tendance à avoir des préjugés. À Maurice, on compte 200 enfants atteints du diabète de type 1.

L?éducation joue un rôle essentiel dans la compréhension de la maladie?

Les enfants ont besoin d?être épaulés pour devenir des adultes de demain. Si certains d?entre eux ne mènent pas une vie normale, c?est parce que leurs parents ne sont pas suffisamment informés. À T1Diams, nous avons parmi nos membres un sportif de haut niveau. C?est pour vous dire que le diabète n?est pas un handicap.

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