Publicité

Marionnettes et cerfs-volants d?Abd Rani Majid

4 novembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La galerie municipale Malcolm de Chazal, Lake Point, Hôtel de Ville de Curepipe, a exposé, la semaine dernière, des couleurs et des formes picturales, frisant l?obsession, nous venant de Malaisie. Il s?agit des ?uvres d?Abd Rani bin Abd Majid de Kuala Lumpur, Malaisie.

Dès son entrée dans la galerie curepipienne, le visiteur se laisse surprendre par l?ambiance rosée, colorée mais légère, qui se dégage de la vingtaine d??uvres exposées. Il se laisse, peu à peu, gagner par la douceur, se dégageant prioritairement des ?uvres. Puis graduellement, il se laisse prendre par le puissant symbolisme qui se dégage de cet univers, se voulant excessivement coloré et même bigarré.

Deux catégories de toiles émergent. La première est faite de formes peintes, accentuant les effets de découpage, leur donnant un faux air de Matisse. Les formes dessinées, se voulant à la limite naïves, n?ont toutefois pas l?intensité plénière des élégantes formes, surtout féminines, de Matisse. Nos préférences vont donc à la seconde catégorie où les mêmes formes principales virevoltent au-dessus d?un fond parfois bariolé, partageant toutefois l?espace disponible avec un encadrement n?ayant rien à envier à ceux délicieusement travaillés des estampes persanes, thaïlandaises et, pourquoi pas malaises.

Revenons aux formes principales pour souligner qu?elles comprennent essentiellement des cerfs-volants ainsi que des marionnettes et autres pantins (actionnés à la main et non pas tirés par des ficelles et qui font de délicieuses ombres chinoises). Cerfs-volants et pantins ont ceci de particulier, y compris dans la vision artistique de Rani Majid, c?est qu?ils sont à la fois tenus par la main de l?homme mais jouissent d?une liberté entière ou presque.

L?homme manipulateur peut certes influencer en quelque sorte leurs prestations, mais celles-ci échappent à son emprise pour exercer une fascination directe sur qui les contemple et succombe à ses voltiges captivant. Cerfs-volants comme marionnettes ont des formes typiquement malaises. Pour nous, ils sont peut-être de simples jouets. En Malaisie, ils revêtent de puissantes significations à la fois philosophiques et théologiques.

Les couleurs qui les parent ne sont pas non plus innocentes. Ils témoignent d?un curieux mélange d?attirance et de transcendance. Leur beauté colorée séduit tout en dégageant une peur respectueuse, celle qui nous étreint en présence du fruit défendu où quand notre audace, revendiquant un surcroît de liberté, nous fait frissonner parce que nous savons avoir violé un tabou.

Rani Majid possède sa maîtrise particulière de juxtaposition des couleurs fluorescentes qu?elles soient jaune serin, vert pomme, rose cerise, fushia acidulé ou bleu lavande. Les couleurs se superposent, mais de préférence dans le pastel. C?est agréable à voir et très décoratif. La légèreté du dessin l?empêche d?être mexicain.

Un délicieux jeu de triangle

Les encadrements, faisant partie de la toile, témoignent d?un miniaturisme de bon aloi proprement oriental. Des pointillés remplacent souvent et avantageusement des traits. Ils sont parfois blancs sur fond coloré ou, mieux encore, ton sur ton.

Plus loin, un délicieux jeu de triangles forme deux oiseaux géants s?aimant d?amour tendre entre ciel et terre. Ce mélange de rigueur géométrique et d?arabesques en pointillés a de quoi émouvoir, comme l?ensemble de l?exposition.

Publicité