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Esprit de fusion à l?Aapravasi Ghat
Le rouge de l?anthurium. Pour se souvenir du rouge labeur. Celui des travailleurs engagés débarqués à Maurice depuis 173 ans. Tout en gardant à l?esprit la rouge douleur des esclaves, et des marrons fuyant le fouet.
Et partout l?espoir. Celui du Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour que le dossier du Morne obtienne le même succès que celui de l?Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF) en 2006, année où le lieu de débarquement des travailleurs engagés à Maurice fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Il s?exprimait à l?issue de la cérémonie commémorative tenue hier dans la touffeur de la tente érigée sur le site.
La partie spectacle reflétait cet état d?esprit. Celui du «tous présents». D?abord avec un accueil musical aux couleurs fusion. Puis un sketch sur l?émancipation, qui prend soin de mettre en scène un personnage à chapeau pointu ou un autre à bonnet vert.
A l?heure des discours, le Premier ministre n?a pas manqué de lier inextricablement l?histoire des engagés et des esclaves, en rappelant la visite de Robert Shell pour la commission justice et vérité. Auparavant, il a affirmé : «A chaque fois que je suis ici, j?essaye d?imaginer ce qu?ils ont vécu.» Tout en insistant sur la nécessité de briser le mythe du travailleur engagé docile, il a rappelé l?entrave faite à leur liberté de circulation, celle qui leur valait de finir au Vagrant Depot, en cas d?absence de laisser-passer.
Si Sir Anerood Jugnauth, président de la République, a insisté sur la valeur unique du Ghat, lieu où débuta l?immigration indienne, les outils de protection du site ont occupé la majeure partie de l?allocution de Raju Mohit, officer in charge de l?AGTF.
Est-ce que l?Aapravasi Ghat est dans le rouge ? Hier, jour de commémoration du 173e anniversaire de l?arrivée des travailleurs engagés à Maurice, Raju Mohit a donné l?assurance du contraire.
«Nous ne sommes pas sur la liste du patrimoine mondial en danger mais nous courons des risques, notamment à cause des caprices ou du manque de patriotisme de certains», a-t-il dit, sans citer de noms. Profitant de la tribune anniversaire, l?officer-in-charge de l?AGTF a renvoyé les décideurs à leurs engagements. «La mise en place de ces engagements pris auprès de l?Unesco dépassent le cadre des responsabilités de l?AGTF».
Pour Raju Mohit, il est maintenant urgent de définir le statut légal de la zone tampon ? qui totalise 28,9 hectares - entourant le site classé patrimoine historique depuis juillet 2006. Ainsi, il a fait un appel pressant aux décisionnaires pour que des amendements en ce sens soient apportés à l?Aapravasi Ghat Trust Fund Act et au National Heritage Fund Act, pour assurer la protection de cette zone tampon.
Dans la même veine, Mahendra Gowressoo, ministre des Arts et de la Culture, a mentionné les projets prioritaires de l?AGTF et de son ministère. Des projets qui, il l?a précisé, font partie intégrante des engagements pris par le gouvernement auprès du World Heritage Committee. Il s?agit notamment de la mise sur pied du centre d?interprétation (un musée qui se veut interactif) dans quelques années et de la mise en pratique du plan de gestion.
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