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Un jeudi comme un autre

22 octobre 2007, 00:00

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Dans une eulogie à ses parents, un jeune avocat mauricien, signant AL dans ?Le Mauricien? du jeudi 17 octobre, tout en disant beaucoup de choses justes affirme aussi ceci en parlant du développement post-indépendance : ?And it was a mixture of good fortune and unwavering bureaucracy that allowed the Mauritian state to lift its people out of poverty and provided a revolution of aspiration and expectations among the young population.? Pas de travail, pas de capital, pas d?entrepreneurs, pas d?idées, pas d?accords commerciaux négociés, pas d?infrastructure, pas d?apprentissage de nouveaux métiers. Il suffisait de Dame chance et de? bureaucratie forte ! Je la retiens celle-là !

M. Dinesh Ramjuttun, dans ?l?express? du même jour, à qui Deepa Bhookhun demande s?il fait ce qu?il fait pour attirer l?attention, répond : ?J?ai toujours aimé l?attention, mais là je sens comme une force divine que je ne contrôle pas et qui me pousse à faire ce que je fais.? Depuis Jeanne d?Arc on n?avait pas vu ça !

M. Jack Bizlall, dans une analyse sans doute marxisante de ce qui se passe (?Le Mauricien? du même jour), nous invite à considérer un exemple simple : ?Le travail, assure-t-il, est une des aliénations dont l?Homme doit se débarrasser. Pourtant on nous le présente comme la santé, comme la dignité, comme un rempart contre l?oisiveté, contre les péchés etc.?? Et moi, qui bosse depuis 30 ans pour un salaire, me voilà, invité à comprendre que ceux qui ?se sont enrichis par le vol du fruit du travail des autres sont bien considérés? mais, par opposition, ni celui qui est volé, ni le chômeur?

Dans ?l?express? de ce même jeudi, toujours, on nous raconte, en sus du fait que des hauts cadres de la NHDC se soient servis en achetant des appartements de la NHDC, notamment à travers le prête-nom de nombreux mineurs, que l?on pousse l?outrecuidance jusqu?à payer les mensualités (sans doute plutôt gentiment agencées) en retard.

Toujours dans le même numéro de ?l?express?, des dirigeants syndicalistes demandent un 14e mois des compagnies de construction selon le principe qu?ils travaillent actuellement ?sous pression? ! Maintenant c?est clair, le 13e mois c?était pour travailler relaxe?

Quant à St.-Félix Sugar Estate, nous apprenions ce même jour que ses patrons assurent la paie de 120 artisans qui n?ont pas travaillé depuis bientôt deux ans, parce que, d?une part, le ministre leur assure qu?une solution globale arrive (ce qui permettra aux travailleurs de ?toucher? leur VRS) et que, d?autre part, M. Didier Robert le croit une fois, deux fois, trois fois? x fois? On finira par croire qu?il y trouve plaisir !

Ce même jour, enfin, en passant à la Cybercité, côté ?sous le vent? je constatais que dans le centre (pardon, le ?hub? !) high-tech de mon doux pays, on jetait sacs en plastique, papiers mouchoirs, paquets de cigarettes, containers de KFC et de Pizza Hut avec une insistance telle que cela ressemble à de l?affichage, à de l?étalage culturel.

Alors, me direz-vous, que conclure ?

Ben tiens, que le Bon Dieu qui anime Ramjuttun doit travailler sous une pression plutôt soutenue et mérite, au risque de finir aliéné, au moins un 14e mois face à ces numéros qui souillent mon pays , surtout à cause de bureaucrates toujours aussi ?unwavering?.

Surtout les jeudis !

PUCK

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