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« Eco Baz », recyclage et social
Les jeunes dés?uvrés de Batterie Cassée, de Ste-Croix, de Cité Briquetterie et de Cité-La-Cure ont désormais de quoi s?occuper. Au lieu de flâner sans but dans les rues de la capitale, ils peuvent se rendre au C entre Eco Baz, où ils sont formés à un artisanat assez particulier.
« Ils donnent une nouvelle vie aux déchets », affirme la Chief Executive Officer de l?association Nou Nouvo Baz, Solange Potou. Cet organisme a été lancée officiellement mardi. À l?occasion de la Journée du refus de la misère, une exposition qui se tenait à la municipalité de Port-Louis a permis de voir l?étendue de leurs talents : des vases, des pots de fleurs, des paniers décoratifs, tous fabriqués à partir de déchets patiemment récoltés et triés. Les jeunes redonnent vie à du plastique, du carton, et des boîtes de conserves, objets qui auraient fini dans une déchetterie.
Grâce à une formation poussée, ils parviennent à créer des articles utilitaires et décoratifs, avec une valeur ajoutée.
« Les produits sont embellis par l?ajout de fleurs séchées, de feuilles de bananes ou encore de toile de jute et d?acacia », poursuit Solange Potou. La création de ce centre s?insère dans le cadre d?un projet pour soulager de la pauvreté, et il est soutenu par le Small Grants Programme du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). Il s?agit d?un projet pilote de deux ans, dont le but ultime sera de permettre aux jeunes de voler de leurs propres ailes.
La satisfaction sur les visages
Ils sont quinze à avoir adhéré au Centre Eco Baz. Certains viennent de familles désunies, d?autres sont laissés à eux-mêmes et n?ont jamais été à l?école. « Nous accueillons les enfants à partir de l?âge de 14 ans. Mais il arrive que nous les prenions plus jeunes, vers 12 ou 13 ans, pour éviter qu?ils n?aillent traîner dans la rue. »
Au bout de quelques semaines, l?enfant prend goût aux activités et ressent de la fierté après avoir terminé un produit artisanal. « Ils sont alors heureux d?avoir accompli quelque chose de leurs mains. Ils se disent qu?ils ont, quelque part, un talent qui ne de-mande qu?à s?exprimer. » Mais la transformation est plus profonde. Outre d?appren-dre un métier, ces jeunes sont amenés à avoir confiance en eux. « Et dire qu?ils rechignaient au départ de travailler avec des boîte somon », rit aujourd?hui Solange Potou.
Écrire son nom, remplir un formulaire, signer un document, des situations banales pour quelqu?un qui sait lire et écrire, mais un vrai casse-tête pour d?autres. Pour parfaire cette formation, les responsables ont eu l?idée de leur offrir des cours d?alphabétisation. « Nous leur donnons des armes pour qu?ils puissent affronter la vie demain. » En parallèle, les jeunes sont encadrés par le Centre de solidarité pour une nouvelle vie qui les sensibilise aux méfaits de la drogue et de l?alcool.
La satisfaction se lit sur les visages.
« Nous voulons toucher le maximum d?enfants possible. Déjà, nous sommes allés à la rencontre des jeunes de Bambous et bientôt, nous irons travailler avec ceux de Rivière-du-Rempart et de SOS Village à Beau-Bassin. » Solange Potou sera comblée le jour où ses petits protégés pourront dibout lor zot prop lipie en créant leur entreprise, ou en trouvant du travail à la fin du projet. Mais déjà, quelques jeunes démontrent une réelle âme de leader. Ils veulent enseigner aux autres ce qu?ils ont appris. Formateur et animateur, ce sera peut-être leur nouveau métier.
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