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La guerre à la Pauvreté

20 octobre 2007, 00:00

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Lors du sommet du millénaire, les leaders mondiaux, y compris ceux de Maurice, se sont engagés à réduire de moitié, pour l'année 2015, le nombre de personnes vivant en extrême pauvreté. Soit les personnes dont le revenu est inférieur à un dollar par jour, selon les critères de mesure retenus à l?époque.

Ils se sont engagés à améliorer le sort des habitants de la planète. Pour que plus personne ne soit condamné à une vie de misère noire.

Cette année, la Journée internationale pour l?élimination de la pauvreté (17 octobre) tombait juste après la date marquant le milieu de la période prévue pour la réalisation de ces engagements (les Objectifs du millénaire pour le développement).

Cela a été l?occasion de faire le bilan des progrès et de redynamiser l?action des dirigeants et des sociétés civiles engagés dans cette lutte contre la pauvreté extrême.

<B>Progres inegaux</B>

A Maurice, les résultats sont mitigés. La proportion de gens qui vivent avec moins d?un dollar (Rs 31) par jour a diminué. Elle concerne, selon les chiffres révélés par le ministre des Finances, Rama Sithanen, 8 % de la population, ou 25 000 foyers mauriciens qui vivent avec moins de Rs 7 300 mensuels.

Maurice semble pourtant être en bonne voie pour réduire la pauvreté extrême de moitié. Divers programmes ont été mis en ?uvre en faveur des populations les plus vulnérables, notamment l?«Empowerment Programme». Mais les progrès sont inégaux. Et dans certaines régions rurales, à Rodrigues et à Agalega, il se pourrait qu?aucune des magnifiques promesses des Objectifs du millénaire ne se réalise malgré les efforts déployés.

Cassam Uteem, ancien président de la république de Maurice et actuel président du «Comité du 17 octobre Maurice» remarquait, lors de la commémoration de la Journée mondiale du refus de la misère sur le Waterfront du Caudan qu? «aujourd?hui, l?attention et les ressources de tous doivent être concentrés sur les endroits et les populations laissés pour compte, sachant que ceux qui sont les plus déterminés à mettre fin à la pauvreté sont les pauvres eux-mêmes (...) La tâche des dirigeants et sociétés civiles mauriciens est de leur en fournir les moyens.»

Il a particulièrement insisté sur le fait que le rassemblement des Ong, partenaires de la société civile, membres des diverses confessions de l?île et des pauvres issus des «poches de pauvreté» mauriciennes n?avait rien à voir avec un vague «mouvement social», mais avec un «droit». Droit à la dignité, à l?alimentation, à l?éducation, et, enfin, droit au logement (notamment par l?accès des pauvres à la propriété).

M. Dheeraj Seethulsing, président de la «Commission nationale des droits humains», qui était également présent lors de cette cérémonie, a abondé en ce sens.

Reconnaître que les personnes qui vivent dans la pauvreté peuvent être des moteurs de changement a été le sujet central de cette 20e Journée internationale pour l?éradication de la pauvreté, également célébrée au Siège des Nations unies et partout dans le monde.

Cette année, la Journée internationale pour l?élimination a eu pour thème «Travailler ensemble pour sortir de la pauvreté».

M. Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations unies, a souligné la nécessité créer une alliance mondiale contre la pauvreté à laquelle tous doivent participer activement, pays développés et pays en développement. Car en fournissant «les ressources nécessaires» et en favorisant «la création d?emplois productifs en ouvrant leurs marchés», les pauvres auront la possibilité d?«être maîtres de leur propre destin».

Si l?on s?en tient aux chiffres communiqués par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), présent à Maurice depuis 36 ans, «26 % de la population mondiale est préoccupée au premier chef de la pauvreté, et les écarts entre riches et pauvres se creusent. Cette proportion grimpe à 40 % pour les régions d?Amérique Latine et d?Afrique? » Enfin, dans son Rapport sur la santé dans le monde, 1995, Réduire les écarts, l?Organisation mondiale de la santé classait déjà la pauvreté extrême comme «la tueuse la plus impitoyable et la plus efficace parmi toutes les affections connues de la science médicale». Que l?on ne s?y trompe pas donc ! Le refus de la misère dans le monde en général et à Maurice en particulier, c?est aujourd?hui plus que jamais !

<B>Par R. S. </B>

<B>Rencontre internationale à Paris</B>

A Maurice, le Comité du 17 octobre Maurice rassemble plusieurs Ong dont ABAIM, ATD Quart Monde, Caritas Ile Maurice, entre autres. Ce groupe, à travers son président, Cassam Uteem, reconnaît que malgré les campagnes menées et qui méritent d?être encouragées, la misère persiste à Maurice. Et les «poches de pauvreté mauriciennes» sont les plus touchées, «victimes de la plus massive des injustices. » «La misère à Maurice représente un gâchis social et économique considérable», souligne-t-il.

En cette 20e Journée internationale pour l?élimination de la pauvreté, Maurice a participé à une rencontre internationale. C?était à l?invitation du maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a invité les maires de plus de 30 villes du monde ayant érigé une réplique de la plaque commémorative honorant les victimes de la misère pour une rencontre, «afin d?encourager et de concerter les actions locales de lutte contre la pauvreté.»

Alain Muneean, responsable de «Terre de Paix» et du groupe Abaim, Rickarl Pierre-Louis, président du village d?Anoska (qui fut l?un des instigateurs de la Déclaration de solidarité) et Marie-Ange Fanchon d?ATD Quart Monde Maurice ont eu l?honneur de représenter Maurice et de rencontrer Nicolas Sarkozy, président de la République française. Ils lui ont soumis les signatures de toutes les personnes ayant signé la Déclaration de solidarité de cette année.

<B>Déclaration de Solidarité : « Refuser la misère : un chemin vers la paix » </B>

Nous sommes solidaires avec celles et ceux qui luttent, partout dans le monde, pour résister à la misère et l?éliminer. Nous voulons contribuer à faire respecter la dignité et l?accès effectif de tous aux droits de l?homme.

Nous voulons nous joindre aux efforts qui permettent la participation des personnes en situation d?exclusion et de misère à la vie de nos sociétés, notamment au 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère.

Nous demandons que les citoyens, les autorités locales, nationales et les Nations unies : Considèrent les plus pauvres comme les premiers acteurs de la lutte contre la pauvreté. Associent les plus pauvres à la conception, la mise en place et l?évaluation de politiques qui les concernent et portent l?ambition d?un monde sans pauvreté, un monde où les droits à la vie familiale, au travail décent, à la participation sociale, culturelle et politique sont respectés.

Soutiennent les événements organisés chaque 17 octobre afin que la participation des personnes en situation de pauvreté reste au c?ur de la Journée mondiale du refus de la misère. Participent, en particulier chaque 17 octobre, aux dialogues qui doivent se mettre en place tout au long de l?année entre les autorités et ceux qui, en refusant la misère, créent des chemins vers la paix.

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