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La sculpture, aux couleurs mauriciennes

19 octobre 2007, 00:00

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Eddy Narsoomamode a traversé tout l?océan Indien pour venir se former en sculpture à Bambous chez Lewis Dick. Ce jeune Mauricien vit en Australie depuis plus de 20 ans. Il vient de temps en temps à Maurice en vacances, mais cette fois, il est venu pour se perfectionner en sculpture sur bois.

C?est lors d?un voyage à Maurice l?année dernière qu?il a découvert Lewis Dick et son groupe d?élèves. ?Je cherchais un sculpteur pour me donner des leçons quand j?ai rencontré Lewis. C?est son style qui m?a séduit.? Eddie a déjà une connaissance de la sculpture, mais il voulait faire quelque chose de différent de ce que font les Australiens, c?est-à-dire, donner une touche mauricienne à ses ?uvres. Lewis Dick travaille toujours avec du bois non-traité et se sert d?outils traditionnels.

Il y a aussi ?l?ambiance de famille? qui règne parmi les élèves de Lewis Dick. ?Je me suis senti chez moi. Il y a une compétition entre les élèves en Australie, mais ici chacun aide l?autre. C?est la raison pour laquelle les jeunes Mauriciens progressent plus vite?, dit-il.

Eddie se passionne pour la sculpture. ?Un médecin soigne certainement des gens, mais normalement quand il meurt, son travail disparaît avec lui alors que pour un artiste, c?est différent.? Il pense à celui qui a sculpté des statues de personnages historiques à Port-Louis. C?est à l?âge de 15 ans qu?il a quitté Maurice pour l?Australie. Il avait une formation d?ajusteur-tourneur obtenue à l?école technique de St-Gabriel à Ste-Croix. Il a aussi travaillé dans l?industrie de métal à Maurice.

L?aventure australienne a été tout autre. Sa formation ne l?a pas beaucoup aidé. Le jeune immigrant a dû tout recommencer à zéro. Il décroche son Mechanical Engineering Certificate avec comme base l?Autocad Mechanical Design.

C?est entre deux cours qu?il a appris la sculpture pendant deux ans. Les artistes australiens travaillent beaucoup avec le grès, une roche sédimentaire très dure ou sinon avec de l?argile. Et il a pris part à plusieurs expositions dans son pays d?adoption, en 2006 et au début de cette année, il y a présenté trois oeuvres.

Il se prépare déjà pour une autre exposition qui se fera en juillet de l?année prochaine pendant laquelle il espère impressionner son entourage. Ce ne sera pas une pièce avec du grès ou de l?argile. ?Je pense sérieusement à faire quelque choses de différent. C?est-à-dire une pièce en bois avec toutes les techniques que j?ai apprises à Maurice.? Lewis Dick est content de son nouvel élève. Il est persuadé qu?il a un bel avenir devant lui.

Eddie s?est beaucoup dépensé pendant les deux mois qu?il a passés à Maurice. Il fera découvrir l?histoire et les traditions mauriciennes aux Australiens par le biais de la sculpture. D?ailleurs, il a déjà réalisé sa première ?uvre à Bambous. Il a sculpté un chanteur de séga avec sa ravanne à partir d?un tronc d?arbre. C?est un symbole qu?il trouve frappant dans la culture mauricienne. ?C?est un instrument très présent à chaque fête au bord de la plage.? Eddie a regagné l?Australie depuis peu. Toutefois, il a dû laisser sa sculpture à Maurice pour des raisons sanitaires. Mais il la fera expédier en Australie aussitôt que toutes les formalités seront terminées. ?C?est dur. J?ai l?impression de laisser un enfant seul pendant que je pars en voyage?, a-t-il dit.

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