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?Il faut simplifier le Sports Act?
● <B>Dix mois après son lancement, comment se porte le projet sport-études ? </B>
? Nous avons passé le stade des balbutiements mais nous ne sommes pas encore arrivés à la vitesse de croisière. Nous avons eu quelques problèmes au départ, ce qui est tout à fait normal, et nous avons essayé de les résoudre au fur et à mesure. Notre plus grande satisfaction jusqu?ici est d?avoir pu compter sur la collaboration formidable des éducateurs, des tuteurs, des tutrices et des professeurs, du ministère de la Jeunesse et des Sports sans oublier les fédérations concernées. Il faudrait préciser que c?est un projet lourd à mettre en place et qui demande du temps. Et nous ne sommes pas si nombreux que cela. Nous avons un board et quelques volontaires qui nous entourent.
Malgré tout, le projet a commencé à prendre de l?ampleur et nous avons reçu des demandes de plusieurs fédérations. Cependant, il ne faut pas se presser car on risque d?avoir des problèmes. En fait, nous construisons pour le long terme. Il faut que la base soit solide. Pour cette raison, nous préférons ne pas aller trop vite. Sincèrement, je pense que d?ici fin 2008, nous serons mieux rodés.
● <B> Les parents, ont-ils les mêmes préjugés face à ce concept, qu?il y a quelque temps ? </B>
? Les parents que je rencontre régulièrement sont très enthousiastes. Ils sont persuadés, comme nous, que c?est la seule solution pour relancer le sport de haut niveau. Et puis, je ne vois pas d?autres alternatives. Le sport-études ne signifie pas aller à l?école et faire du sport. C?est un concept tout à fait erroné. Les élèves de la même discipline doivent être regroupés dans la même école pour faciliter le bon fonctionnement du projet, notamment par rapport à l?emploi du temps des élèves et des professeurs.
● <B>Et les fédérations, jouent-elles pleinement leur rôle ? </B>
? Je l?ai dit tout au début, nous voulons aller lentement pour ne pas nous tromper. C?est la raison pour laquelle nous n?avons pas pu travailler avec toutes les fédérations. Cela viendra éventuellement. Disons que nous avons préféré prendre, pour l?instant, celles qui sont plus compétentes. L?aspect financier joue aussi un rôle car nous n?avons pas des sommes folles à dépenser.
● <B> Combien d?enfants bénéficient actuellement du soutien du TFES ? </B>
? Nous en avons une trentaine. Je pense que d?ici l?année prochaine nous dépasserons la cinquantaine. Nous recevons, chaque trimestre, des rapports sur les bénéficiaires. Pour le TFES, la partie académique est beaucoup plus importante que l?aspect sportif, ce qui rassure les parents. Nous devons bannir l?idée que quand les examens approchent il faut arrêter de faire du sport. Je ne comprendrai jamais pourquoi on interdit aux enfants de pratiquer le sport au troisième trimestre.
● <B> Que comptez-vous atteindre avec ce projet ? </B>
? Le TFES est en train d?aider à la relance du sport de haut niveau. Nous constatons que les jeunes se désintéressent du sport en général. Et comme je le dis toujours, si nous ne faisons pas rêver les jeunes sportifs, cela ne vaut plus la peine.
● <B> Croyez-vous que vous arriverez à combler les lacunes du sport mauricien, plus particulièrement le haut niveau, avec un nombre restreint d?athlètes ? </B>
? Vous n?aurez jamais beaucoup de très bons athlètes. Certaines fédérations sont incapables de faire de la détection, pour le moment. Le TFES, en collaboration avec le ministère, a été contraint de faire lui-même la détection pour pouvoir dénicher les jeunes athlètes. Pour certaines disciplines comme le tennis de table, le badminton et la natation, nous devons commencer dès la Form I. Le ministre a d?ailleurs reconnu que le sport doit passer par la détection et la formation. Malheureusement, nous ne pouvons pas compter sur beaucoup de fédérations pour le faire.
● <B>Ne craignez-vous pas que le manque d?engouement de la part du ministère de l?Education pour la chose sportive ne soit un obstacle à l?aboutissement de ce projet ? </B>
? Je tiens à signaler qu?avant de commencer le projet, j?avais rencontré le ministre de l?Education, Dharam Gokhool. Il y était très favorable. Mais il faut se dire qu?en ce qui concerne les collèges d?Etat, les choses sont plus compliquées car il y a trop de formalités à suivre. Nous avons, donc, commencé par le plus facile, c?est-à-dire les collèges privés qui sont beaucoup plus abordables. Nous irons, éventuellement, dans quelques écoles d?Etat dès que le projet sera bien en place.
● <B> La situation financière du TFES vous permet-elle d?espérer à un avenir meilleur dans ce créneau ? </B>
? Pour être franc, je dirais que le board souhaiterait ne pas avoir à demander de l?argent au MJS. Nous sommes heureux de bénéficier des Rs 2 millions que le MJS nous donne tous les ans. Si nous pouvions obtenir quelques millions du privé cela prouverait que nous ne voulons pas tout attendre du ministère. Je suis convaincu que le secteur privé se montrera sensible et intéressé une fois qu?il aura pris connaissance du projet. Le board du TFES est convaincu que, sans une publicité accrue dans les médias, il sera difficile de vendre le produit aux sponsors.
● <B> Avez-vous le soutien du MJS ? </B>
? Jusqu?à présent, oui.
● <B>Quelles sont vos relations avec le ministre Sylvio Tang ? </B>
? Cordiales?
● <B>On vous voit de moins en moins au devant de la scène. D?ailleurs, vous aviez refusé de commenter la performance de Maurice aux derniers JIOI, pourquoi autant de discrétion ? </B>
? La raison est simple. Tellement d?experts avant moi ont commenté les résultats, aussi j?ai préféré me taire? Mais je voudrais quand même signaler que j?avais tiré la sonnette d?alarme avant les Jeux des îles de 2003. D?ailleurs, j?avais dû aller chercher quelques vieilles gloires, à l?instar de Caroline Fournier, Jean-Marc Ithier, Martine Hennequin, pour ne citer que celles-là. Malheureusement, personne ne m?a écouté. Il a fallu attendre les JIOI de 2007 pour se rendre compte que nous sommes dans un vrai dilemme. Si on ne réagit pas, ce sera pire en 2011. Cet état de fait n?incombe pas au ministre actuel. Cela date d?avant 2003.
● <B>Avec recul, comment qualifierez-vous la performance de Maurice à Tana ? </B>
? Je m?attendais à ce que les résultats ne soient pas bons mais je constate qu?ils ont été carrément mauvais à part pour l?athlétisme qui nous a ramené le tiers des médailles.
● <B> En tant qu?ancien ministre des Sports, qu?est-ce qui, selon vous, a contribué à cette chute spectaculaire et qu?est-ce qui doit être fait pour éviter la même humiliation à l?avenir ? </B>
?Il faut que l?on regarde la vérité en face et qu?on se dise que la promotion du sport de haut niveau, dans plusieurs disciplines, a été la responsabilité d?entraîneurs étrangers. Et le jour où on a choisi de les remplacer par des Mauriciens qui n?étaient pas à la hauteur de ces étrangers, nous en avons payé le prix. Il nous faudrait envisager sérieusement la venue de quelques bons entraîneurs, pour certaines disciplines. Cela dit, nous avons quand même quelques bons entraîneurs locaux dans de rares disciplines.
● <B>Les conflits au sein des fédérations sont désormais un phénomène de mode dans le sport mauricien. N?y sont-ils pas pour quelque chose ? </B>
? Personnellement, il y a une chose que je souhaiterais que l?on ajoute dans le Sports Act, c?est qu?on mette noir sur blanc qu?un administrateur ne peut pas être un technicien et vice versa. Il y a d?autres choses aussi qu?il faudrait revoir.
● <B>Lesquelles ? </B>
? Quand on fait l?historique du Sports Act, j?ai l?impression que l?on essaie de le compliquer à chaque fois. La législation doit être un cadre dans lequel opèrent les fédérations, avec des règlements. Je trouve le cas75 %-25 %, aberrant car tout le monde le contourne. Il faut simplifier le Sports Act et mettre un frein aux clubs fictifs, vraies plaies de notre sport.
<I>« Certaines fédérations nationales ne sont même pas capables d?organiser leur propre calendrier sur une année. Comment voulez-vous que les régions le fassent ? »</I>
● <B>Selon vous, la régionalisation n?a-t-elle pas contribué à l?échec du sport mauricien ? </B>
?Non, pas du tout. Cela n?a rien à voir avec la régionalisation. La régionalisation est une bonne chose mais il faudrait qu?il y ait des compétitions régulièrement dans les régions pour que cela fonctionne.
● <B>Vous qui semblez être un fervent défenseur du concept, ne pensez-vous pas que l?abolition de la formule 75 %-25 % va entraîner la mort certaine de la régionalisation ? </B>
? La formule 75 %-25 % était un moyen d?éviter latricherie. Mais il y a quand même un point positif puisqu?il encouragerait les gens à mettre des structures plus solides pour le développement du sport régional. Et on ne tue pas la régionalisation si l?on met les structures sur place et qu?on assure le suivi. Personnellement, j?y crois moi à la régionalisation.
● <B>Le retrait de cette fameuse formule pourrait aussi encourager l?émergence de clubs fictifs?</B>
? Ce que je peux vous dire, c?est qu?à l?époque, j?encourageais les endroits où il n?y avait pas de structures sportives de s?associer avec les autres régions où il y en avait. Cela leur permettait d?organiser des activités régulièrement.
● <B> Etes-vous au courant que le MJS accorde annuellement un budget aux fédérations pour qu?elles puissent justement organiser des activités au niveau des régions ? Mais la plupart d?entre elles n?utilisent jamais ce fond?</B>
? Certaines fédérations nationales ne sont même pas capables d?organiser leur propre calendrier sur une année. Comment voulez-vous que les régions le fassent ? Une fédération doit avoir deux missions, d?abord augmenter le nombre de vrais licenciés et ensuite mettre en place un calendrier sur une année. Je pense que le MJS devrait définir un calendrier national unique, qui commencerait, par exemple, au mois de mars pour se terminer au mois de novembre, tout en prenant en compte la période hivernale. Ainsi, les fédérations ne pourraient plus chômer.
<I>Interview réalisée par Neeta PERSAND </I>
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