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Mesures renforcées contre la pêche illégale

18 octobre 2007, 00:00

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Le renforcement des mesures contre la pêche illégale porte ses fruits. Car un bateau de pêche, transportant une grosse cargaison de thon, a été interdit de décharger sa cargaison à Port-Louis il y a quelques jours. La raison : la cargaison provenait de trois bateaux répertoriés sur la liste noire d?un organisme international chargé de la gestion des ressources halieutiques. La cargaison est ainsi considérée comme provenant de la pêche illégale.

Mais il ne s?agit pas du seul cas d?un navire de pêche soupçonné d?activités illégales, non réglementées et non déclarées (INN) et mis au jour par les autorités mauriciennes. Depuis le début de l?année, deux autres cas ont été découverts. D?autres bateaux ne respectant pas les règlements de la Commission des thons de l?océan Indien (CTOI) ont été interdits de décharger leurs cargaisons à Port-Louis.

La question sera très probablement soulevée aujourd?hui lors d?une rencontre d?Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie et de la Pêche, avec des opérateurs engagés dans le secteur des produits alimentaires marins (seafood).

La CTOI est une organisation intergouvernementale mandatée pour gérer les thons et les thonidés dans l?océan Indien et les zones adjacentes, et notamment la gestion des stocks et le développement durable de leur exploitation.

Nouveau texte de loi

?Maurice est membre de la CTOI. Les règlements sont appliqués pour protéger les ressources halieutiques, notamment les stocks de thon. C?est important pour le développement du secteur seafood?, dit Evert Liewes, président du Seafood Council de la Mauritius Export Association (MEXA) et managing director de Princes Tuna (Mauritius) Ltd.

David Ardill, haut cadre de la CTOI, ajoute: ?C?est en examinant des livres de bord que les autorités mauriciennes ont constaté qu?il s?agit d?un navire INN. La nouvelle législation mauricienne va donner aux autorités mauriciennes la possibilité d?agir davantage contre des navires engagés dans des activités de pêche INN. Le gouvernement prend la chose très au sérieux pour régler les problèmes de la pêche illégale.?

D?ailleurs, le gouvernement compte présenter au Parlement un nouveau texte de loi, le Fisheries and Marine Resources Bill, pour améliorer la gestion et le contrôle des ressources halieutiques. Le Conseil des ministres l?a examiné vendredi. Il amende et consolide les lois relatives à l?importation et à l?exportation du poisson et autres produits de la mer, et renforce les mesures pour contrôler la pêche illégale de même que la violation des mesures internationales pour la conservation et la gestion des pêches.

David Ardill fait ressortir que des programmes de formation et de support informatique seront mis en place pour accroître l?efficacité du combat contre la pêche illégale. ?La nouvelle loi devrait permettre de prendre d?autres actions contre de tels bateaux de pêche, comme, par exemple, leur interdire carrément l?accès à Port-Louis. Cela est important pour le développement du secteur seafood?, dit-il.

Les activités de pêche illégales représentent des risques à la gestion des ressources halieutiques. Environ 1,2 million de tonnes de thon sont pêchées dans la région de l?océan Indien, soit un quart des prises annuelles de thon dans le monde.

L?interdiction de déchargement de poisson pêché illégalement vient démontrer la détermination à lutter contre la pêche illégale, dans le but de protéger l?accès des produits de pêche mauriciens sur le marché européen. Surtout à un moment où au moins quatre sociétés opérant dans le secteur du seafood s?attendent que les autorités vétérinaires de Bruxelles les ajoutent à la liste d?entreprises pouvant exporter sur ce marché. Evert Liewes estime que les nouvelles compagnies seront ajoutées à cette liste au début de novembre.

Alain Lenoir, directeur de Marlin Exports Ltd, ajoute : ?Nous attendons toujours quand nous serons sur la liste des sociétés qui pourront exporter duty-free sur le marché européen. Nous comprenons que ça prend du temps et qu?il y a des procédures à suivre. Nous espérons avoir bientôt une réponse de Bruxelles.?

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