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Accord avec l?Europe : les exportateurs se disent sereins malgré les difficultés
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Accord avec l?Europe : les exportateurs se disent sereins malgré les difficultés
Les industries d?exportation suivent de près les négociations commerciales avec l?Union européenne (UE) dans le cadre de l?Accord de partenariat économique (APE). Les opérateurs de textile-habillement et de seafood, notamment, affichent la sérénité malgré des négociations difficiles. Un nouvel accord avec l?UE (pour prendre le relais du composant commercial de l?Accord de Cotonou) doit être finalisé avant la fin de l?année.
La Mauritius Export Association (MEXA) a réuni ses membres hier à Port-Louis pour passer en revue la situation. L?association se dit confiante que les entreprises ne se retrouveront pas devant une situation de rupture dans leurs activités d?export et que leurs produits continueront à entrer sur les marchés européens en hors taxes (douanières).
Mardi, elle a eu un entretien avec le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madan Dulloo. ?Le ministre nous a donné l?assurance qu?il y aura un APE avec l?Europe avant la fin de l?année. Il n?y aura pas de rupture de commerce et d?arrêt de franchise de douane. Nous sommes très confiants qu?il y aura un accord?, soutient Maurice Vigier de La Tour, président honoraire de la MEXA (et chief executive officer de Denim de l?Ile).
L?île Maurice joue sur deux fronts en vue de formuler une offre à l?UE. D?abord, elle discute à travers le groupe Eastern and Southern Africa (ESA). Cependant, le pays a des difficultés à faire cause commune avec ce bloc vis-à-vis de l?Europe; la majorité des pays de l?ESA ne sont pas prêts à s?engager dans une libéralisation de leurs importations de l?Europe.
Face à cette situation, Maurice a un plan B qui consiste à négocier avec l?Europe à travers la Commission de l?Océan Indien (COI). Les Etats membres (Maurice, Madagascar, Comores et Seychelles) de la COI n?ont pas une longue liste de produits sensibles (ceux qu?ils souhaitent exclure des réductions de tarifs), contrairement à l?ESA. ?Le plan B a toutes les chances de réussir?, souligne Maurice Vigier de La Tour.
Règles d?origine changées
En l?absence d?un APE en janvier 2008, les produits mauriciens entreront en Europe sous le régime Generalised System of Preferences (GSP), soit un système qui offre des conditions nettement moins avantageuses que l?accord de Cotonou. Sous le GSP, les vêtements sont taxés à 12 % et les produits de la mer à 20,5 %.
?Nous n?envisageons même pas la question du GSP. Nous bénéficions d?un accès duty-free en Europe depuis 1972. Nous ne prévoyons même pas la possibilité que nos produits soient subitement frappés de droits de douane sur le marché européen?, dit le président de la MEXA.
Reste que les règles d?origine vont changer avec l?APE. Actuellement, pour pouvoir bénéficier d?un traitement hors taxe en Europe, les vêtements doivent subir une double transformation ? le tissu doit être produit à Maurice ou importé d?un pays européen ou du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique. L?UE propose, dans le cadre des négociations, qu?une transformation unique (les activités de confection uniquement) soit suffisante pour qualifier les produits de l?habillement aux facilités hors taxe.
Cette proposition n?est pas bien vue par les entreprises verticalement intégrées. D?autres qui ne le sont pas y sont plutôt favorables, car elles jouissent d?une plus grande liberté pour importer leurs matières premières.
Pour la MEXA, les industries d?exportation continuent à opérer normalement, malgré les changements qui se profilent. ?Pour nous, c?est business as usual. Les clients ne se font pas de souci au sujet des changements de régime. Ils sont du reste plus préoccupés par le temps de transit entre Maurice et l?Europe que les éventuels accords. Les problèmes de transport et de logistique les tracassent en premier lieu?, affirme Eddy Yeung, président du comité de textile à la MEXA (et CEO de Ferney Spinning).
L?enjeu de l?APE ne concerne pas que les entreprises mauriciennes. Les investissements étrangers dans la zone franche sont également touchés. ?Il y a beaucoup d?investissements européens dans le secteur du seafood et dans le textile. L?UE a un devoir moral vis-à-vis des investisseurs européens. Ils se sont implantés à Maurice en raison des accords préférentiels. On ne peut pas maintenant remettre ces intérêts en question?, estime Evert Liewes, président du comité seafood de la MEXA (et CEO de Princes Tuna).
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