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Le bourlingueur
Frédéric Leman a le teint écrevisse de ceux qui passent beaucoup de temps au soleil et dans l?eau salée?Quoi de plus normal pour un moniteur de plongée qui est détenteur d?une série de brevets en la matière : Professionnal Association of Diving Instructors, Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques, National Association of Underwater Instructor pour ne citer que ceux-là.
Son initiation à la plongée sous-marine, ce natif de Périgueux en France l?a faite alors qu?il avait huit ans. A cette époque, les livres du commandant Jacques Cousteau, qu?il dévore, attisent son désir de découvrir le monde sous-marin. Son baptême de plongée et l?obtention de tous les brevets susmentionnés sont obtenus à sa majorité.
Très tôt, Frédéric Leman a des désirs d?indépendance. Ce qu?il veut lui, c?est voyager et non pas devenir un fonctionnaire modèle comme ses parents. ?J?ai toujours eu peur de passer 40 heures dans un bureau.? A 14 ans, il part s?installer à Paris où il étudie en vue de décrocher un brevet technique en dessin industriel. Il pense alors que cette discipline l?aidera à voir du pays.
Le service militaire, qui est à l?époque obligatoire, le mène sur la base sous-marine nucléaire de l?île Longue à Brest. C?est là que, pour la première fois, il a l?occasion de voyager en hélicoptère et de voir la terre d?en haut. Lorsqu?il termine son service, il prend son camping-car et roule jusqu?au désert du Sinaï en Israël. Là, il fait de la plongée dans la Mer Rouge, qui constitue selon les connaisseurs, un des plus beaux sites de plongée au monde, et se lie d?amitié avec les Bédouins.
Sa rencontre subséquente avec de gentils organisateurs (GO) du Club Méditerranée l?incite à son retour en France, à se joindre à ce groupe hôtelier en tant que moniteur de plongée. Embauche qui l?amène à découvrir la Martinique, les Maldives, ?autre site merveilleux de plongée?, la Polynésie, le Mexique, la Guadeloupe, où en sus d?être GO, il fait aussi de la photographie des exercices de simulation de sauvetage pour la gendarmerie à bord d?un hélicoptère. Et finalement l?Egypte.
Après cinq ans à parcourir ainsi le monde, Frédéric Leman a besoin de retrouver ses racines françaises. Il s?installe donc à Gruissan où il ouvre un restaurant d?été baptisé Les Bacchanales où la carte est? internationale. ?Je proposais les spécialités de tous les pays où j?ai séjourné avec le Club Med.? Le succès rencontré par cet établissement lui permet d?ouvrir un deuxième restaurant, d?hiver celui-là, La Plume d?Oie, à Chamonix. Cette table d?hôte permet aux touristes, surtout italiens, de déguster le foie gras et toutes les spécialités du sud-ouest de la France. Pendant six ans, Frédéric Leman fait la navette entre Gruissan et Chamonix. Mais cette vie finit par manquer de piment à cet amateur de sensations extrêmes.
Il veut, cette fois, apprendre à piloter un hélicoptère. Cet apprentissage étant très coûteux, il vend ses restaurants pour pouvoir apprendre à piloter un Bell et des Alouettes 1 et 2. ?Ce n?est pas évident de piloter un hélico car c?est un appareil hypersensible au maniement et aux vents.? Son brevet de pilote professionnel obtenu, il se fait ensuite embaucher comme pilote d?hélicoptère par la société Evolution 2. Sa tâche est de déposer des touristes et des skieurs accompagnés d?un guide sur les cimes des montagnes du côté de Val-Thorens. Frédéric Leman, qui a la bougeotte, travaille pendant un temps comme ski man, s?occupant de la réparation ou des la préparation des skis pour le compte d?Eric Berthon, premier champion du monde de ski à bosses.
Sa relation avec une Britannique l?amène à vivre pendant un temps à Nottingham en Grande Bretagne où il tient un pub, le Lord Nelson, de façon saisonnière. Le reste du temps, il se rend au Canada ou au Kenya faire de l?hélitreuillage sous contrat.
C?est par le biais d?une amie tour-opérateur qu?il découvre Maurice voilà une quinzaine d?années et en particulier l?hôtel Ambre. Là, il se remet à l?eau comme moniteur de plongée et responsable du centre. Il reste huit mois au cours desquels il forme bon nombre de moniteurs de plongée. Mais il doit repartir en France car son permis de séjour est temporaire. Avant son départ, il rencontre Priscilla, la Mauricienne qui va devenir sa femme.
Celle-ci réussit un tour de force car elle arrive à le maintenir en place pendant huit ans. Ils s?installent à Narbonne et là, Frédéric Leman travaille pour la chaîne de magasins d?équipements de sports Décathlon. Posté à la section nautique puis au service après-vente, il passe formateur à l?utilisation du matériel de plongée.
Lorsque sa femme accouche d?Aurélien, leur fils, qui a six ans, Frédéric Leman réalise qu?il veut que ce dernier vive à Maurice. ?J?ai voulu en faire un Mauricien car Maurice est un exemple dans le monde. Il faut le dire, il y a dans votre pays une culture et une gentillesse que l?on ne retrouve pas du tout en France.?
C?est ainsi que la famille Leman s?installe à Case-Noyale. De tous les métiers qu?il a exercés dans le passé, ce père de famille décide d?enfiler à nouveau la veste de restaurateur en ouvrant un resto-bar Les Tamariniers à Case-Noyale. Son objectif est de faire découvrir aux Mauriciens de la région des artistes qui se produisent à l?hôtel sans avoir à payer gros. L?aventure dure trois ans. Il doit fermer les portes de l?établissement lorsque le propriétaire des lieux décide de vendre son local.
Depuis six mois, il se ?repose un peu?, précise-t-il. Il fait de la promotion à titre bénévole pour le centre de plongée de l?hôtel Ambre qui offre en ce moment des baptêmes de plongée aux enfants mauriciens à des prix compétitifs. ?On peut le faire dès six ans. Ce n?est pas bien compliqué. On présente le matériel. On explique les données. On fait l?immersion en piscine pour l?aisance et pour terminer, on passe dans le lagon. Que ce soit des enfants, des adultes, des papis septuagénaires, des handicapés, tout le monde peut le faire. Si on a déjà pratiqué le tuba, cela facilite les choses.?
Il plonge toujours de façon régulière et réplique à une de nos questions qu?il a noté une détérioration des fonds marins. A ce sujet, il estime que le gouvernement devrait déterminer des zones où l?on interdirait et la pêche et la plongée pour laisser le temps à la faune marine de se régénérer. ?Il faudrait trois-quatre ans, pas plus. Mais pour réussir, ces zones devraient être sous surveillance?. Cela urge ? ?C?est déjà tard?? Avis à qui de droit?
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