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Relations productives
Par Akilesh ROOPUN
La semaine dernière, le président français, Nicolas Sarkozy, a annoncé sa participation à l?université d?été du Mouvement des entreprises de France (MEDEF). Un déplacement qui prend à contre-pied les m?urs politiques en France puisque c?est la première fois que le chef d?Etat se rend à ce rassemblement des patrons. Les syndicats des salariés sont eux doublement outrés dans la mesure où ils estiment que le président Sarkozy a choisi d?aborder un thème inapproprié en la circonstance : le pouvoir d?achat des Français.
Les Français comme les Mauriciens font face à la vie chère en raison notamment du coût sans cesse élevé des matières premières à travers le monde. Le resserrement monétaire de la Banque centrale européenne n?a pas eu l?effet escompté sur la bourse des Français. A Maurice, la situation n?est guère différente.
Les taux d?intérêt plus élevés ne sont pas la réponse à la cherté de la vie. Il faut agir sur le pouvoir d?achat des salariés. A ce titre, Nicolas Sarkozy a trouvé très juste d?engager le dialogue avec les patrons d?entreprise qui sont sur le front de la création de richesse et de sa répartition aux divers groupes (actionnaires, salariés, les fournisseurs, la communauté?).
Maurice se trouve dans une situation paradoxale. L?économie reprend (avec notamment une prévision de croissance de 5,6 % pour l?année), mais le pouvoir d?achat des Mauriciens recule. Il faut réinstaurer l?équilibre au plus vite pour éviter une fracture irréversible.
Pour cela, il faut inviter les dirigeants d?entreprises à la table des discussions. Les sociétés qui prospèrent devraient pouvoir retourner plus de valeur à leurs employés. Les négociations sectorielles présentent de belles opportunités à ce chapitre.
Le National Pay Council permet aux employeurs et aux salariés de discuter des compensations sur la base des conditions et des perspectives de croissance prévalant dans les industries concernées. Mais il faudra aller plus loin que la compensation salariale qui, du reste, a pour vocation de rattraper un pouvoir d?achat en effritement.
Selon le gouvernement, les réformes économiques en cours pourront faire doubler le pouvoir d?achat des Mauriciens en sept ans. Pour atteindre cet objectif, une politique salariale axée sur le partage des gains de l?entreprise s?avère vitale.
Le système de rémunération à Maurice est encore archaïque. Les plans de participation aux bénéfices et/ou au capital sont les exceptions à la règle.
Un dialogue entre l?Etat et les opérateurs autour du pouvoir d?achat des salariés ne devra choquer personne. Car c?est le point de départ même d?un mouvement national vers une meilleure reconnaissance de l?apport des salariés au progrès de l?entreprise.
Au lieu de laisser la confrontation s?installer à l?heure des grandes réformes des lois du travail, il faudrait profiter de ce moment pour recentrer les relations industrielles autour de nouvelles valeurs. Pour l?instant, les conditions de licenciement, le droit de grève et le nombre de congés préconisés dans les nouvelles lois sont en train de monopoliser le débat.
Mais il faut très vite se rendre à l?évidence. Le meilleur garant des droits acquis des travailleurs aujourd?hui c?est leur employabilité.
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