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Honteux !
Honteux ! Le mot n?est pas trop fort pour exprimer le sentiment suscité par l?incident qui a troublé, vendredi après-midi, la pause-café des parlementaires.Ainsi donc, deux « strangers »ont eu tout le loisir pour insulter, molester et menacer un élu de la République, de surcroît un membre du gouvernement, au nez et à la barbe du président de l?Assemblée nationale et des policiers responsables du maintien de l?ordre dans l?enceinte parlementaire.
Ces deux messieurs ont pu ensuite rentrer tranquillement chez eux. Il y a quelques années, un jeune homme, qui avait des problèmes de santé mentale, avait été arrêté illico presto, puis poursuivi et condamné, pour avoir fait éclater des pétards dans la galerie publique, en pleine séance parlementaire.
À la différence des deux énergumènes qui ont perturbé, vendredi, la sérénité du « lunch room » du Parlement, le malheureux jeune homme, qui avait été ainsi sanctionné pour avoir troublé l?ordre dans l?enceinte de l?Assemblée nationale, n?avait aucun piston politique.
Il n?était qu?un citoyen anonyme qui avait davantage besoin de soins médicaux.
Or, il suffit de nos jours de côtoyer les puissants pour jouir d?une immunité sans borne. Quoi de plus grave que de s?en prendre à un élu du peuple dans l?antre même de la démocratie ? Cette violation de l?honorabilité de la Chambre, on la sentait venir depuis quelques années. Depuis que des élus ont commencé à confondre le prestige, qui accompagne l?octroi par le bureau du speaker d?une carte d?accès au Parlement, avec un sucre d?orge que l?on offre au premier venu pour services rendus au niveau d?une circonscription. À vouloir plaire aux activistes, souvent pique-assiettes, les élus ont fini par ignorer leurs devoirs de vigilance et ont déroulé le tapis rouge au dernier des voyous.
À charge maintenant pour le président de l?Assemblée et pour tous les partis politiques de tirer les conséquences de l?incident de vendredi dernier.
En raison du respect que nous devons au speaker, il est de notre devoir de lui demander de sortir de sa léthargie. Pour le bien de l?institution qu?il représente, pour éviter que la Chambre ne tombe en dérision.
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