Publicité
Ces jeunes qui misent sur le BPO pour s?en sortir
Par
Partager cet article
Ces jeunes qui misent sur le BPO pour s?en sortir
Il y a moins de deux mois, elle savait à peine utiliser un ordinateur. Aujourd?hui, Vedita Govinden, 36 ans, tape près de trente 30 mots à la minute, surfe sur Internet et s?exprime en anglais avec un léger accent américain. La semaine prochaine, la jeune femme et quelque 40 de ses camarades de classe achèveront une formation de huit semaines dans le domaine du Business Process Outsourcing (BPO), dispensée par Teleforma. Une initiative de l?Empowerment Programme.
Vedita avait déjà, dans le passé, sollicité Teleforma pour un emploi. Sans succès. Il y a trois mois, quelqu?un de l?entreprise lui téléphone pour lui proposer de suivre cette formation. La jeune femme, sans emploi à l?époque, s?empresse d?accepter. Avec l?aide des formateurs ?patients? et ?gentils?, Vedita s?applique. Alors que certains des stagiaires abandonnent, elle tient bon. Parce que la jeune femme n?en peut plus de galérer, elle espère qu?avec ses nouvelles compétences, elle trouvera bientôt un emploi. ?Chez Teleforma de préférence?, confie-t-elle. Il faut dire que Vedita s?y sent bien et s?y est fait des amis. Parce qu?elle a 36 ans et eux à peine 20 ans, les jeunes la taquinent. L?appelle ?la maman? du groupe. Cela ne dérange pas outre mesure Vedita, qui a gardé une allure de jeune fille.
A ses côtés, Mehdi Mautbur. Le jeune Portlouisien de 25 ans avait déjà travaillé dans un BPO. Prenant connaissance de la formation à travers les journaux, Mehdi postule. Est-ce le fait d?avoir côtoyé le personnel de Teleforma pendant deux mois ? En tout cas, comme Vedita, Mehdi voudrait exercer au sein de l?entreprise même où il a suivi sa formation.
La nuit tombée, dans sa chambre à Cité-La-Cure, Telly Gustave rêve d?être graphiste. S?il s?est inscrit à cette formation, c?est sur les conseils d?un ami. Travailler dans un centre d?appels, ce n?est pas son ambition mais il ne regrette pas d?avoir suivi cette formation. Lui, qui ne connaissait que les notions de base de l?informatique, se débrouille bien aujourd?hui lorsqu?on lui met une souris entre les mains. De nouvelles compétences qui lui permettent de se rapprocher un peu plus de son rêve.
Dans les salles de classe à Ebène, l?anglais est la seule langue parlée. Immersion oblige, l?utilisation du français et du créole est interdite. Une contrainte ? Plus vraiment. Les stagiaires se sont laissé prendre au jeu. Même en dehors des salles de classe, les accents se côtoient. Les exposés à faire en groupe, c?est aussi l?occasion pour eux d?apprendre à travailler en commun. Une chose pas forcément aisée pour des jeunes qui depuis longtemps n?ont appris à compter que sur eux-mêmes. Pas facile non plus de parler devant un auditoire pour de jeunes personnes à qui on ne donne que trop rarement la parole. Et si tous s?accordent à dire qu?ils ne feront peut-être pas carrière dans le BPO, la formation qu?ils auront reçue est une ?base? qui leur permet d?aborder l?avenir plus sereinement.
Valérie OLLA
Publicité
Publicité
Les plus récents