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Maurice, ton sport fout le camp
Jamais dans l?histoire des Jeux des îles de l?océan Indien (JIOI), le Club Maurice n?est tombé aussi bas. Troisièmes au classement général, avec le même nombre de médailles d?or que les Seychelles, nos représentants ont été plus que décevants. Ils n?ont pas été à la hauteur des espérances placées en eux. La barre était peut-être placée trop haut.
Ces quelques jours passés à Madagascar, pour suivre en direct ces Jeux et surtout les athlètes mauriciens engagés dans les quinze disciplines proposées, nous ont permis de faire le point sur l?état de santé du sport mauricien en général. Le constat est difficile à digérer. Le niveau du sport à Maurice a considérablement baissé, surtout ces trois dernières années. Inadmissible !
En 2003, lors des 6es JIOI, le Club Maurice avait ramené 55 médailles d?or et avait brillé dans plusieurs disciplines, notamment le football, le volley-ball, le tennis de table, l?athlétisme, la boxe et le cyclisme, pour ne citer que celles-là. Pour l'édition qui vient de s'achever, le bilan est catastrophique. Encore heureux, que l?île Maurice ait pu compter sur l?athlétisme, discipline qui est toujours pourvoyeuse de médailles, pour grossir son quota. Les Fabrice Coiffic et consorts, avec les quatorze médailles d?or ramenées, ont permis à Maurice de sortir la tête hors de l?eau et de coiffer in extremis les Seychelles au classement général.
Des sports collectifs, n'en parlons pas. Dans ce domaine, le Club M a tout simplement été humilié. Que ce soit en football, en volley-ball ou en basket-ball. Dans ces trois disciplines, il n'a pas ramené la moindre médaille et a chuté en deux occasions devant la sélection mahoraise de football. A charge pour ceux qui pensent que la régionalisation n'a pas tué le sport de nous convaincre du contraire.
Il y a lieu de le répéter, le sport mauricien est à l'agonie. Comment expliquer cet état de choses ? Les décideurs n?étaient-ils pas conscients de cette triste réalité ? Pensaient-ils réellement que nos athlètes allaient casser la baraque à Tana ?
En fait, nos sportifs ne sont pas les seuls à blâmer. Ils sont, à plusieurs égards, les premières victimes de la déconfiture mauricienne dans ces Jeux. Un retour en arrière nous permet de dire que le sport mauricien n?a pas vraiment bougé entre 2003 et 2007. Avec un ministère des Sports qui fonctionne au ralenti et des fédérations sportives qui cultivent davantage les bagarres intestines au lieu de privilégier les athlètes, le sport local n?est pas encore prêt à sortir de la léthargie qui le ronge et qui continue à se gangréner.
Que faire ? Il nous faut avoir l'humilité nécessaire pour tout remettre en cause. C?est l'évidence même. Il faut savoir accepter la défaite, tirer les leçons qui s'imposent et tout reconstruire. Il faut surtout prendre les décisions susceptibles de remettre notre locomotive sportive sur les bons rails.
Comment ? Ce n?est pas sorcier. Il faut trouver des gens qualifiés, des techniciens ambitieux et bosseurs pour encadrer comme il se doit nos porte-drapeaux de demain. Il faut aussi que le ministère des Sports s?encadre de gens dignes d?être appelés conseillers et non des cons? , de surcroît des fonctionnaires souvent incapables de faire la différence entre tactique et technique.
Le sport n?est pas une affaire de bureau, mais bien de terrain. Si nos décideurs ne se soucient guère de nos athlètes qui bossent avec les moyens dont ils disposent, alors , il ne reste plus qu'à tirer l'échelle.
Maurice, c?est triste d'avoir à le dire, ton sport fout le camp !
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