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Le maire prône le dialogue

10 août 2007, 20:00

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● <B>Comment doit-on vous appeler, Madame le maire ou Madame la maire ? </B>

Madame le maire, c?est plus simple et c?est mieux. Autrefois on devait dire le maire, et puis la loi académique a autorisé en 1997 l?usage du féminin. C?est plus pratique, sinon ça vous implique dans des questions lexicales ou syntaxiques complexes.

● <B>Vous ne seriez pas professeur par hasard ? </B>

Comment le savez-vous (rires). Côté cour, je suis professeur de marketing, management et communication de l?enseignement supérieur, dans des entreprises. J?interviens, ponctuellement, dans les universités privées. Côté jardin, je suis femme entrepreneur, dans des cabinets d?études et artisanal.

● <B> Vous êtes la première femme à accéder au poste de maire d?un village des Jeux des îles. Est-ce que cela a une signification particulière pour vous ? </B>

Je ne sais pas si j?ai été choisie pour cela. Il y a eu un appel à candidatures et cela s?est fait très vite. Cinq jours après l?entretien, on m?a appelée pour me dire : ? Vous travaillez tout de suite.? C?était le 19 juillet et le lendemain, j?ai procédé au débarquement des articles importés de Chine.

● <B>Vous étiez déjà dans l?organisation des Jeux avant de ceindre l?écharpe du maire ? </B>

Pas du tout. J?étais en train de mener une formation des chefs de fokotany au palais présidentiel d?Iavoloha et on m?a détachée à la demande du directeur général. Je suis libérée pour la durée des Jeux et après je retourne à la caserne.

● <B> Où étiez-vous en 1990 lors des premiers Jeux malgaches ? </B>

J?étais à Tana comme simple observateur. Je ne suis pas tellement manifestation, plutôt lecture, documentation, sorties dans la nature, écotourisme. Mais le sport m?intéresse et je faisais beaucoup de danse.

● <B>Et vous voilà au village des Jeux?</B>

C?est une grosse entreprise. Il y a deux sites à Alarobia et à Ampefiloha pour une population de près de 2000 sportifs, cadres et dirigeants et quelques chefs de délégation.

Etre sur deux sites pose a priori des problèmes de coordination, mais j?ai deux adjoints Gilles Rasoamiaranana et Tina Randimbison avec qui tout se passe bien. Et nous avons logé à Ampefiloha les basketteurs et les nageurs (dont les handicapés) qui sont plus près de leurs sites de compétition.

● <B>Quels sont les problèmes qui se posent à l?organisation d?un double village et que vous pourriez ne pas réussir à résoudre ? </B>

Nous nous réunissons quotidiennement avec les chefs de délégation et, dans le dialogue, nous réglons les problèmes. Il y en a, il ne faut pas le cacher. Le premier jour a été un peu difficile car nous avons été débordés par l?arrivée des délégations en même temps, le deuxième c?était déjà bon. Et ça ira mieux après.

On a résolu le problème de l?eau avec l?arrivée de trois surpresseurs, de la lumière, etc. Pour l?eau chaude, c?est comme à la maison, les derniers en ont moins que les premiers qui sont bien servis. Pour la restauration, on peut accueillir jusqu?à 900 personnes en même temps et nous respectons la charte des Jeux.

● <B>Pour l?hébergement, l?impression est d?un entassement dans les dortoirs ? </B>

C?est à la demande des délégations s?il y a dans certaines chambres plus de sportifs que dans d?autres. Nous avons respecté leurs demandes.

● <B> Il paraît que les sportifs malgaches protestaient parce qu?ils seraient moins bien traités que les étrangers ? </B>

C?était avant l?ouverture des Jeux. Il a eu une manifestation et un sitting. Mais c?était simplement parce qu?on devait les transférer d?Ampefiloha, où ils étaient au vert depuis une semaine, au lycée technique, pour des raisons pratiques, et ils souhaitaient rester en ville. Tout se passe très bien au village.

● <B>Comment se passe la ? cohabitation ? entre les différentes délégations, je pense notamment entre celles des Comores et de Mayotte. </B>

J?ai remarqué lors des réu-nions de travail que les délégations travaillent ensemble pour trouver des solutions. Il y a une solidarité entre îliens qui se raffermit davantage. On sent un dénominateur commun.

<B>Entretien : Pierre-Yves VERSINI Le Quotidien de la Réunion</B>

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