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Affaire St-Félix : L?affrontement

11 août 2007, 00:00

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La controverse entourant un bail à St-Félix, pour un projet hôtelier, prend une nouvelle tournure. Après les explications données hier par le ministre des Terres, Asraf Dulull, sur les raisons ayant mené à la résiliation du bail de l?ancien promoteur à St-Félix, celui-ci hausse le ton. De l?île de la Réunion, Joël Narayanin, le directeur du Groupe Ouest Concassage, l?ancien promoteur, apporte un démenti à la déclaration ministérielle.

Dans cette même controverse, le nom du secrétaire général du Parti travailliste, Deva Virahsawmy, est cité avec persistance. C?est dans les milieux proches de l?ancien promoteur que le nom du politicien a été évoqué. Mais ce dernier, nie tout lien : «Ce sont des allégations que font circuler des courtiers. Ce sont des allégations fausses et gratuites» insiste-t-il.

Et d?affirmer qu?il n?est pas en partenariat avec Midas Acropolis Co Ltd, qui a obtenu le bail pour le même site. Il n?est pas non plus, dit-il, en partenariat d?affaires avec les directeurs de la compagnie, Lee Yin Goriah, et Dhaneswarsing Pudaruth. Et à aucun moment, tient-il encore à préciser, il n?a convoité un terrain à St-Félix pour un quelconque projet hôtelier.

Alors que les allégations de «connivence» surgissent, le ministre Asraf Dulull soutient qu?il n?y pas eu de « traitement préférentiel »sur ce dossier. Du reste, après le Conseil des ministres, hier, le ministère du Logement a souhaité, par le biais d?un long communiqué, préciser les faits.

<B>capacite financiere</B>

Ce qui ne convainc pas le Réunionnais Joël Narayanin qui voit dans cette affaire un traitement «partisan». Interrogé, il explique «qu?il ne fait pas de doute que notre groupe a un dossier bien ficelé et est conforme aux règles de l?art. Nous avons travaillé avec des professionnels de haut niveau pour arriver à monter un dossier de qualité et de grande envergure.»

La capacité financière du groupe a été remise en cause par Asraf Dulull, qui a aussi fait mention d?autres failles dans le dossier de l?ancien promoteur. Le Réunionnais rétorque : «C?est un mauvais argument que d?exprimer des doutes sur notre capacité financière à réaliser le projet. Nous avons des éléments qui prouvent que nous avons des accords bancaires à ce sujet. C?est inadmissible qu?un ministre puisse faire une déclaration de la sorte aussi infondée dans le seul but de jeter du discrédit sur un investisseur.»

Joël Narayanin va plus loin : «Nous faisons entièrement confiance à la justice mauricienne (?) Nous franchirons toutes les étapes nécessaires dans la stricte légalité. pour faire jaillir la vérité et nos bons droits (?) Nous saisirons également nos ministres respectifs pour démontrer ce qui se passe au niveau de l?accueil des investisseurs.»

<B> «Difference entre vitesse et précipitation» </B>

A coups de correspondances, le ministre Asraf Dulull, veut pour sa part démontrer que son ministère a eu raison de résilier le bail du Groupe Ouest Concassage. Ainsi, après le conseil des ministres, Asraf Dulull précise les faits : en 2004, le groupe fait une requête pour qu?un terrain de 30 arpents lui soit réservé à St-Félix. La demande est agréée sous certaines conditions. Le 24 mai 2006, le ministère de l?Environnement demande que l?Environment Impact Assessment soit refait. D?autant que celui préparé initialement ne comportait pas des informations importantes. De plus, le 13 juin 2006, le Board of Investment demande au groupe incorporé à la Réunion si le projet est toujours d?actualité et lui demande s?il a besoin d?un Investment Certificate.

Le 30 juin 2006, la lettre de réservation est annulée, le dépôt de Rs 3 millions devant être rendu au Saint-Félix World Wide Resort Ltd, une subsidiaire du Groupe Ouest Concassage. Mais jusqu?ici, selon le ministère, le nom et le compte bancaire n?ayant pas été communiqués, le remboursement est resté en suspens.

Dans le mêle temps, la compagnie Midas Acropolis Co Ltd, fait une demande pour un terrain de préférence à Bel-Ombre ou St-Félix. Ce groupe souhaite construire un hôtel de 189 chambres sur un terrain de 20 arpents. Trois mois après, soit le 10 octobre 2006, une lettre de réservation lui est envoyée. En deux occasions, Midas Acropolis, porte plainte aux autorités pour des problèmes relatifs au site (la présence de squatters, entre autres). En raison de ces désagréments, les promoteurs obtiennent un prolongement de leur délai pour la construction ? jusqu?au 9 septembre 2007.

Et pour justifier la rapidité avec laquelle les procédures ont été suivies pour ce promoteur-là, Asraf Dulull soutient qu?il faut faire la différence entre «vitesse» et «précipitation». «Nous croyons en des actions productives et une accountable vitesse et non en une reckless précipitation» soutient-il, rappelant que dans le cas de l?ancien promoteur, la requête avait été faite le 25 mai 2004 et qu?en août 2004, il avait obtenu sa lettre.

Le ministère brandit également une lettre de François de Maroussem, architecte de Legacy Group of Hotels, pour le groupe de Saint Félix, qui a fait part aux autorités de son retrait du projet vu que le Management Contract n?a pas été signé et qu?il n?y a pas eu de réponse face aux multiples lettres entre lui et l?ancien promoteur. Ce que réfute Joël Narayanin : «C?est absolument faux. Toutes nos correspondances ont été suivies scrupuleusement. De notre côté nous avons déjà fait nos preuves dans notre métier. Nous serons intéressés de savoir si c?est le cas des deux personnes citées comme directeurs de Midas Acropolis pour réaliser un projet de cette envergure.»

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