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Vers une zone économique mauricienne à Tana
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Vers une zone économique mauricienne à Tana
?J?espère être bientôt en mesure de vendre mes gros pois du Cap à moins cher.? Subash Bassant, de Viks Enterprise Ltd, à la fois fournisseur de grains secs et fabricant d?amuse-gueules pour l?exportation, est très satisfait. Parti avec la douzaine d?entrepreneurs locaux au début du mois à Diégo-Suarez sur une invitation des autorités malgaches, le président de l?Association of Mauritian Entrepreneurs revient avec une promesse d?accord en bonne et due forme avec un cultivateur de la Grande île pour une importation de grains secs. ?Auparavant, j?avais coutume d?acheter sur place, mais j?ai obtenu l?engagement d?un producteur. L?appui de l?ambassadeur mauricien Gérard Lemaire, m?a été précieux.?
La venue de l?Association of Mauritian Entrepreneurs dans la ville du Nord malgache n?est pas fortuite. Elle répondait non seulement à une invitation de la Chambre de commerce de Diégo-Suarez mais à un climat particulièrement propice dans cette région ? la province de Diana ? au fort potentiel touristique, avec la proximité de Nossi-Bé. Et les perspectives sont appuyées par les autorités : ?Nous avons même été reçus par le secrétaire général de la présidence, qui est aussi chargé du Madagascar Action Plan. A la clé, nous avons eu l?engagement de voir émerger une petite zone économique mauricienne, qui serait notre vitrine à Antananarivo?, commente Sanjay Mungur, d?EMS consulting, qui a fait office de coordinateur.
C?est la deuxième visite des opérateurs de l?AME à Madagascar, qui s?étaient auparavant rendus à Antananarivo. ?Nous avons pris conscience du fort potentiel qui existe hors de la capitale, dans les régions, qui ont un réel besoin d?infrastructures, de transfert de technologies pour l?agriculture, de transfert de know how pour des projets hôteliers?, commente Subash Bassant, qui compte développer, pour sa propre entreprise, forte de quelque Rs 15 millions de chiffres d?affaires, des avenues pour importer des agrumes.
Nombre d?agriculteurs malgaches disposent d?immenses terrains, d?une grande fertilité, mais n?ont pas les moyens techniques pour une exploitation optimale. ?Nous sommes prêts à apporter certains équipements dont nous disposons actuellement?, assure Subash Bassant.
A Diégo-Suarez, le comité d?accueil, comprenant hôtesses et officiels de la province, de la ville et du ministère du Commerce malgache est vécu comme une marque d?estime et un encouragement par les délégués mauriciens. Sanjay Mungur ne cache pas son enthousiasme : ?Nous avons rencontré des gens qui cherchent des opportunités. Les rencontres, en tête à tête ou lors de dîners d?affaire au Grand Hôtel, se sont déroulées dans une atmosphère très cordiale.? Le spectre des enlèvements et autre instabilité politique semble très loin.
Asvin Bokhoree, directeur de La Chartreuse Tea Manufacturing, a plutôt été impressionné par des ?gens qui veulent sortir de leur cocon?. Venu prospecter sur les possibilités d?agrandir son marché dans la région, il est très optimiste : ?A Diana, 70 % de la population, de foi musulmane, adore le thé.?
Diégo-Suarez, malgré son charme très années 50, possède aussi des atouts infrastructurels : ?C?est un port qui ne demande qu?à se développer?, note Ashvin Bokhoree.
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