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Une université morcelée

10 août 2007, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Ce n'est pas avec des bouts de chandelle que nous allons transformer ce pays en un ?knowledge hub?. Or, le manque de moyens de l?université de Maurice reste criant. Il faut davantage que les slogans creux pour répondre aux besoins du pays et réaliser le bond qualitatif et quantitatif attendu dans le domaine de l?enseignement supérieur.

Après les déboires qu?il a connus en début d?année, frôlant l?incapacité de payer les salaires de ses employés, le premier établissement d?enseignement supérieur du pays est confronté à un nouveau problème. Il s?est rendu compte, à une semaine de la rentrée, qu?il n?a pas les moyens physiques pour accueillir les étudiants.

Pour remédier au manque de locaux, il demande à des directeurs de collèges de mettre à sa disposition des salles pour qu?il puisse y dispenser des cours. Si sa requête est agréée, l?ensemble des étudiants ne sera plus regroupé sur le site de Réduit. De plus, cette dispersion rendra plus contraignant l?accès des étudiants à certains services universitaires comme la bibliothèque.

En juin dernier, à l?occasion du budget, le ministre des Finances dévoilait pourtant de grands projets : ?Our vision is to transform Mauritius into a knowledge-based economy. We have, therefore, opened the country to international institutions of learning... In addition to becoming a hub and attracting foreign students, the entry of tertiary institutions will broaden the opportunities for our children to have access to Tertiary Education.? Il ne s'est pas donné le moyen de ses ambitions.

La Tertiary Education Commission dispose d?un budget de fonctionnement de Rs 746 millions. De cette enveloppe, l?université bénéficie d?une dotation de Rs 270 millions. Ces chiffres illustrent la nécessité d'augmenter les moyens consacrés à la principale institution d'enseignement supérieur du pays. D?autant plus qu?elle comptait un total de plus de 7 300 étudiants l?an dernier et espérait augmenter sa capacité cette année.

Il faut donc un vigoureux effort financier de l?Etat si l?on veut engager le pari de l'intelligence, mais ce ne sera jamais suffisant. Il faut, en outre, que l?université revoie sa gestion approximative et fasse un effort pour trouver d?autres ressources afin de suppléer à la dotation d?Etat. Beaucoup d?universités à travers le monde obtiennent des soutiens privés à leurs programmes de recherche et monnayent leur expertise à travers des contrats de ?consultancy?. Et puis, il faut s?émanciper de l?Etat providence archaïque et réclamer des frais de scolarité aux étudiants, quitte à élaborer des formules de bourses pour les nécessiteux.

Des 6 000 étudiants issus du secondaire avec un HSC, à peine plus de 2 000 seront admis à l?université de Réduit cette année. Ceux qui ont les moyens iront vers le privé ou à l?étranger. Pour les autres, c?est le cul-de-sac. La démocratisation de l?université est un échec.

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