Publicité

La CNT prend de la vitesse et la concurrence en perd

10 août 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ça roule pour la Corporation nationale de transport (CNT). Cet organisme parapublic engagé dans le transport public a achevé l?année financière avec des profits de Rs 42 millions. Une bonne santé financière qui suscite des questionnements sur la révision à la hausse du prix des tickets d?autobus réclamée par les opérateurs. Alors que certains évoquent la hausse du prix du carburant, d?autres pointent un doigt accusateur vers les opérateurs illégaux.

C?est lors du bilan financier pour l?année se terminant au 31 juillet dernier, présenté cette semaine au conseil d?administration, que la CNT a révélé le montant de ses profits. De quoi réjouir les têtes pensantes de la corporation, d?autant plus que celle-ci a beaucoup investi dans le renouvellement de sa flotte de véhicules cette année.

A la direction de la CNT, on explique cette performance par une ?bonne gestion financière, une bonne relation industrielle avec les employés et l?amélioration de la qualité de services offerts?.

On y explique par ailleurs que la subvention accordée par le gouvernement pour que le transport soit gratuit pour les personnes âgées, les étudiants et les handicapés n?y est pour rien dans l?amélioration de la santé financière de la corporation. ?Cela fait presque cinq ans que la situation financière de la corporation s?est améliorée. Nous avons réalisé des profits de Rs 50 millions durant les deux dernières années?, déclare un haut dirigeant de la corporation.

<B>Demande de hausse salariale</B>

Il ajoute que le récent achat de cent autobus sera bénéfique à la CNT car il y aura moins de réparations à effectuer sur les véhicules. ?La CNT attend maintenant une vingtaine d?autobus climatisés qui desserviront de nouvelles routes?, révèle notre interlocuteur.

Transportant environ 200 000 passagers par jour, la corporation dispose actuellement d?une flotte de 522 autobus. Et elle ne compte pas s?arrêter en si bon chemin en ce qui concerne ses projets de développement. Elle se propose de construire un bâtiment de sept étages sur un terrain d?un arpent à Ebène. Le rez-de-chaussée et le premier niveau seront occupés par les bureaux administratifs de la corporation et les autres niveaux seront loués pour renflouer les caisses de la corporation.

Qu?en est-il de la situation chez les autres compagnies d?autobus ? Interrogé hier, le directeur général de Triolet Bus Service (TBS), Viraj Nundlall, a déclaré que les comptes de la compagnie ne sont pas encore audités. ?Pour le moment je dois dire que la situation n?est pas inquiétante. Mais elle pourrait l?être à l?avenir?, déclare-t-il. Selon lui, plusieurs facteurs pourraient nuire à la situation financière des compagnies d?autobus. Il cite, entre autres, l?indexation de la compensation salariale dans l?enveloppe salariale, la hausse du prix du carburant et le rapport du National Remuneration Board (NRB) concernant la révision des conditions de services et le salaire des employés de ce secteur.

Wakhil Lalloo, porte-parole de l?Union of Bus Industry Workers (UBIW), maintient quant à lui que les employés de ce secteur devraient avoir droit à une hausse salariale d?au moins 25% pour faire face à la hausse du coût de la vie. Au sujet de la hausse du prix de ticket, il déclare : ?Nous savons que le coût du carburant est en hausse et que les opérateurs ont besoin d?un ajustement au niveau des tarifs de ticket d?autobus.?

Les opérateurs individuels affirment, eux, qu?ils sont dans le rouge en ce qui concerne les finances. Une situation qui engendre parfois des retards dans le paiement des salaires des employés. Narainduth Chuckun, président de la Bus Owners Cooperative Society, accuse les opérateurs illégaux. ?C?est parce qu?il y a trop d?opérateurs illégaux dans le système que nous n?arrivons pas à joindre les deux bouts?, s?insurge-t-il. Il explique que les grosses compagnies d?autobus, elles, sont structurées et arrivent à être compétitives en mettant sur les routes des autobus neufs et climatisés pour attirer les clients. Ce qui n?est pas le cas des opérateurs individuels. ?Nous n?avons pas le moyen d?acquérir des nouveaux autobus qui coûtent chacun entre Rs 1.8 à Rs 2 millions?, explique Narainduth Chuckun.

Pour cette raison, la coopérative, qui regroupe 105 opérateurs individuels, a demandé au gouvernement d?étendre la durée d?opération d?un autobus de 18 à 20 ans. ?Les opérateurs individuels roulent peu en comparaison avec les compagnies d?autobus. C?est pourquoi nous demandons au gouvernement d?alléger nos fardeaux?, affirme Narainduth Chuckun. Pour lui, si les autorités arrivent à éliminer les opérateurs illégaux, il n?y aura plus lieu de réviser les tarifs de tickets d?autobus.

Publicité