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?Les Mauriciens qui vont en Europe laissent une bonne impression?

10 août 2007, 00:00

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● <B> Vous quittez Maurice dans dix jours. Quel bilan faites-vous des trois années que vous avez passées en poste ? </B>

Je n?ai pas vu le temps passer. Les relations entre nos deux pays se sont bien développées et diversifiées. Il y a eu plusieurs temps forts, comme la visite du Premier ministre Navin Ramgoolam à Paris en mars 2006 ou celle de la ministre Brigitte Girardin à Maurice, un an après.

Il y a eu surtout la relance de la coopération avec le retour de l?Agence française de développement (AFD) et le prêt de 24 millions d?euros qui a été consenti très rapidement (?) L?AFD est ici pour rester et elle est disposée à débourser plusieurs dizaines de millions d?euros chaque année (?)

Je citerais aussi la solidarité dont nos deux pays ont fait preuve notamment dans le cadre de la réforme sucrière (?) Et puis, nous avons fixé un cadre pour la coopération bilatérale, sur les cinq prochaines années. Les orientations tiennent compte de la situation de Maurice et de la France d?aujourd?hui et notamment des réformes économiques que votre pays a engagées et que mon pays a décidé d?accompagner et de soutenir.

● <B> Pensez-vous que Mau-rice va dans le bon sens avec son plan de réforme économique ? </B>

Je crois qu?il fallait cette réforme et, comme on le sait, une réforme est toujours difficile parce qu?elle modifie une situation à laquelle on s?est habitué. Il faut toujours des mesures d?accompagnement social et raison de plus pour que la France continue à s?impliquer aux côtés de Maurice. Nous souhaitons vraiment que Maurice reste un modèle de stabilité, de démocratie et de prospérité.

● <B> Le cas de Tromelin n?est-il pas un peu une épine dans les bonnes relations entre les deux pays ? </B>

Sur la question de la souveraineté, les deux pays n?ont pas la même analyse. L?idée est de réfléchir à une forme de collaboration. Les questions de souveraineté sont parfois un peu irrationnelles. Chaque partie craint toujours de créer un précédent.

● <B> Autre cas épineux, la question des visas Schengen... </B>

Il y a un décalage entre la perception et la réalité. La réalité est que les 15 pays de l?espace Schengen ont une politique commune pour l?entrée sur leurs territoires. A Maurice, cette politique est appliquée et non pas définie, par l?ambassade de France. Elle délivre 13 000 visas par an et le taux de refus tourne autour de 10 %. Ces dernières années, nous avons tout fait pour améliorer les conditions d?accueil.

Le formulaire de visa se trouve aussi sur le site www.ambafrance-mu.org. Il n?y a plus ces longues files d?attente que l?on avait pendant la haute saison de mai à juillet puisque nous avons mis en place un système de rendez-vous.

Les refus de visas sont de deux ordres. Soit les personnes ne montrent pas qu?elles ont les ressources nécessaires pour subsister durant leur séjour. Ou alors il y a des cas d?incohérence dans le dossier, ce qui peut laisser penser qu?il y a une intention d?immigration.

Mais je voudrais dire aussi que les ressortissants mauriciens qui vont en Europe laissent toujours une bonne impression. Et Maurice n?est pas du tout considéré comme un pays à risque, au plan migratoire.

Par ailleurs, l?UE a pris la décision qui devrait placer Maurice parmi les pays dispensés de visa Schengen. Cette décision est cependant soumise à la conclusion d?un accord. Je souhaite qu?il intervienne le plus rapidement possible. En attendant c?est le régime existant qui s?applique.

Propos recueillis par <B> Thierry CHATEAU</B>

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