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C. Uteem : plus de protection pour les marchands de la mort
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C. Uteem : plus de protection pour les marchands de la mort
L?abolition de toute protection occulte pour les marchands de la mort et autres trafiquants de drogue, les négriers d?aujourd?hui, ne figure peut-être pas, en ces termes, dans le discours programme du 25 juin 1982, le seul d?un gouvernement MMM-PSM, il est cependant mémorable. Cet engagement ministériel et militant s?inscrit dans notre mémoire collective d?une manière d?autant indélébile qu?il ne s?est finalement pas matérialisé. Notre actualité de 2007 demeure, hélas, pleine de saisies d?héroïne, de Subutex et autres poisons. Dieu sait ce qu?il advient de ces saisies.
S?il y a une promesse ministérielle qui symbolise bien le meilleur des espoirs suscités par une victoire électorale, mettant fin à deux décennies de règne ramgoolamien sans partage, c?est bien cette affirmation solennelle, de notre futur président de la République, Cassam Uteem, alors simple ministre de la Solidarité nationale, à l?effet que les marchands de la mort ne peuvent plus compter sur aucune protection occulte.
Il sait de quoi il parle. Il n?habite peut-être plus sa Plaine Verte natale mais son c?ur, son esprit, ne quittent jamais cette circonscription No 3. Il sait mieux que personne que les marchands de la mort ont, entre autres, jeté leur dévolu sur le quartier de son enfance et tiennent en esclavage nombre de ses habitants. Avec d?autres travailleurs sociaux, dont Sam Lauthan, il multiplie les efforts pour contrecarrer, avec ses faibles moyens citoyens, ces marchands de la mort et retirer de leurs griffes quelques-unes de leurs proies, quelques-unes de leurs victimes, voulant briser les chaînes qui les emprisonnent à ce nouvel esclavage. Il sait que des autorités, y compris policières, préfèrent fermer les yeux sur ces négriers, pour des raisons connues d?eux seuls. Elles s?accommodent d?un tel fléau, s?acoquinent même avec une telle peste, avec une telle lèpre. Et comme seul homme, le meilleur de notre population croit sur parole Cassam Uteem et épouse ses espoirs d?abolition du trafic de la drogue.
Il précise tout de suite : cette lutte sans merci sera la priorité du gouvernement MMM-PSM, au centre des préoccupations constantes de pas moins de plusieurs ministères. Anerood Jugnauth le confirme. Ces ministères sont l?Intérieur, la Santé, l?Education, la Solidarité nationale, l?Information. L?Intérieur doit veiller à ce que tout policier respecte à la lettre sa mission sacrée de traquer impitoyablement tout trafiquant de drogue, à commencer par les gros requins, les cerveaux, les barons du brown sugar, curieusement moins vilipendés que les barons sucriers par nos démagogues politicards et journalistes.
Cassam Uteem n?est pas tendre pour le corps journalistique. Il déplore son indifférence à l?égard de la drogue qui ravage les milieux défavorisés. Il l?accuse de sortir de sa léthargie seulement quand ces ravages atteignent la population estudiantine et plus particulièrement notre jeunesse dorée.
Il attribue la cause de ce trafic de la mort à un manque d?encadrement social des milieux défavorisés, au manque de loisirs et de distractions, au chômage, à l?oisiveté. Les parents démissionnent trop souvent et n?assument pas leurs responsabilités. Il déplore le relâchement des éducateurs, leur abdication. Il se montre impitoyable à l?égard des autorités, chargées d?éradiquer le commerce de la mort, mais qui en fait le protège, avec l?acoquinement des politiciens les plus véreux.
Le meilleur de la population épouse donc l?acte de foi de Cassam Uteem. Elle ne se doute pas alors que, dans quelques années, et sous un gouvernement autre que MMM, des barons de la drogue paraderont sur des estrades ministérielles, qu?ils seront invités au Réduit, qu?ils se baladeront dans l?Hôtel du GM, exhibant de grosses enveloppes, pleines de liasses pourries, et que celles-ci passeront de mains en mains au nom du pas moi, li ça ! Adieu donc espoir d?une population. Les marchands de la mort seront les premiers à ricaner en lisant des lignes. Ils ressentiront cependant une certaine honte car ils ne peuvent être fiers des ravages humains dont ils sont la cause. Nous devons nous accrocher à cet espoir.
Et dire qu?il suffirait, comme le conseillait Claude Michel, avant sa mort, de permettre à nos toxicomanes de consommer gratuitement toutes les drogues saisies, mais sous contrôle médical et dans des conditions idéales (suivi psychologique, offres de produits de substitution, seringues individuelles et jetables, offres de réhabilitation, distractions, prise en charge par les pairs) pour que disparaisse le juteux trafic de la drogue. Pour cela, il faut une volonté politique qui fait défaut, en tout cas depuis un quart de siècle. Putting Drug Traffickers First !
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