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Les joueurs boudent l?entraînement

13 juin 2007, 20:00

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La grogne semble avoir atteint son apogée au sein de la présélection masculine de volley-ball. Mardi, le staff technique est arrivé au gymnase de Vacoas pour le découvrir quasi-vide. Quatorze des seize présélectionnés avaient décidé de boycotter l?entraînement. ?Brilé?, c?était le mot d?ordre. Une action qui résulte d??un sentiment d?abandon? de la part des autorités. ?On à l?impression de crier dans le désert. Et on nous roule à chaque fois. Ce qui nous désole le plus c?est que des gens veulent discréditer notre action en disant que nous n?avons que deux choses en tête, le voyage et l?argent. Ça fait quatre mois que nous attendons une réponse sur l?assurance. Nous sommes avant tout des compétiteurs qui ne voudrons pas nous faire ridiculiser à Madagascar. Les conditions ont certes évolué graduellement mais ça prend trop de temps?, explique un joueur.

La préparation pour ces Jeux 2007 demeure sans doute la plus difficile dans l?histoire du volley local. L?absence de compétition, une fédération mise en veilleuse, des moyens financiers limités, la communication moyenâgeuse et une ambiance malsaine entre les dirigeants ont fait que la route vers l?or à Tana a été plus semée d?embuche qu?autre chose.

Les filles en Chine

Le ras le bol est compréhensible. Mais la façon de procéder des volleyeurs est à revoir. Les Jeux des îles ne se préparent pas en quelques mois. Les choses ont traîné parce que les autorités n?ont pas pris les décisions dans les délais. Si aujourd?hui on ne trouve pas de sparring-partner pour nos présélections, c?est tout simplement parce qu?on s?y est pris tardivement. On découvre soudainement que les pays africains sont engagés dans les Jeux d?Afrique. Ça ne tient pas debout.

Les filles sont actuellement en Chine à Yantai pour jouer contre des équipes mixtes et des équipes de jeunes. La délégation mauricienne comprend 19 personnes. Avait-on pensé à envoyer les deux équipes ensemble ? Cela n?aurait fait pas plus de 26 personnes, deux équipes de douze et deux entraîneurs. Et ce déplacement conjoint aurait coûté moins cher à l?État que d?envoyer deux délégations à l?extérieur à différent moment.

Fayzal Bundhun, l?entraîneur national, n?a pas digéré l?action de ses joueurs. ?J?espère qu?ils savent dans quoi ils sont entrés. C?est vraiment désolant qu?ils en sont arrivés là. Il y a des têtes brulées qui espèrent aller en vacances à l?extérieur et qui n?ont d?yeux que pour l?argent.?, explique-t-il. Et d?ajouter : ?Je suis en partie d?accord avec eux. Mais je déplore la façon de procéder. Ils se sont engagés dans un bras de fer. Savent-ils comment l?arrêter ? Ce n?est pas en faisant du chantage qu?ils arriveront à quelque chose.?

L?entraîneur national, qui avait décroché l?or en 2003, leur pose une question : ?Est-ce que nous irons à Madagascar dans ces conditions ? Je leur laisse la réponse. Si oui, on continue, au cas contraire on verra quoi faire. J?ai également d?autres obligations. Je suis prêt à démissionner si ça continue.? Il s?interroge également sur les critères qui ont motivé les autorités à envoyer les filles en Chine. ?Le bilan des garçons aux JIOI parle de lui-même, trois fois médaillés d?or et deux fois argent. Je ne comprends pas pourquoi la présélection féminine a été choisie en priorité.?

Qu?en sera-t-il de la séance d?entraînement de cet après-midi ? À hier, les joueurs se concertaient toujours. Ils se renseignaient sur les retombées de leur action de mardi. ?Si mot d?ordre brilé, mo brilé?, lance un cadre de l?équipe. Les autres joueurs interrogés abondent dans le même sens.

Mais la question est : ?brilé? pour faire quoi ? ?Pour qu?on puisse nous entendre. Le ministre nous avait dit une semaine et on sera informé de l?état des choses. Ou koné comié ene semaine noune tendé dépi commencement préparation ? Ene tas. Donc, on estime qu?il faut un coup d?éclat pour que les autorités réagissent. Nous tenons à préciser que ce stage, il n?a plus d?importance au point où on en est. Qu?est ce que ça va changer désormais ??

En tout cas, au ministère de la Jeunesse et des Sports, l?affaire a été prise très au sérieux. Sylvio Tang est catégorique : ?Je ne fonctionne pas sous pression !? Il appelle à la patience des présélectionnés : ?Je fais appel à leur compréhension, à leur esprit sportif et patriotique qui doit passer avant leurs revendications. Après leur dernière rencontre je les avait assurés que des démarches sont en cours et tout était rentré dans l?ordre. Ils s?étaient même excusés pour les articles de presse. Aujourd?hui, ils font pression. Il faut être patient. J?en ai parlé Personnellement à un haut fonctionnaire de l?État français, Valéry Jenninges, quand j?étais à Montréal récemment. Mais il faut attendre avec le récent changement de régime.?

En ce qui concerne l?allocation des joueurs, Sylvio Tang avance : ?Il faut que la sélection soit finale pour leur donner les allocations. À ce stade, ce ne sont que des présélectionnés.? Chez les joueurs, on se souvient que ?Novin Gaya ti dire en mai nous pou gagné?. Mais le directeur des sports a été dessaisi du dossier.

Le sort de cette présélection risque de se jouer cet après-midi à Vacoas. Car ?si je débarque à Vacoas et qu?il n?y a personne, je démissionne?, prévient Fayzal Bundhun. ?La balle est dans le camps des joueurs?, ajoute-t-il.

Le président de l?Association mauricienne de volley-ball (AMVB), Kaysee Teeroovengadum, sera à Vacoas demain : ?J?espère pouvoir convaincre les joueurs de poursuivre l?aventure. Qu?ils oublient toutes les promesses et autres. Ils se sont engagés dans un défi, qu?ils le réussissent. La réussite sera encore plus grande pour eux et leur staff technique.?

Voilà un nouveau bras de fer dont le volley-ball aurait pu se passer et qu?on espère verra très vite sa conclusion.

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