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Sida :Objectif : se prémunir

20 mai 2007, 00:00

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<B>Qu?est-ce que le VIH ? </B>

Le virus d?immunodéficience humaine (VIH) est responsable du sida, qui est lui-même l?acronyme de syndrome de l?immunodéficience acquise. Lorsqu?il pénètre dans le corps à travers ses trois modes de contamination ? la voie sexuelle, sanguine, ou verticale (de la mère à l?enfant) ? le virus attaque principalement certains globules blancs (les lymphocytes T4) qui permettent à l?organisme de se défendre contre les maladies. Le VIH peut évoluer pendant plusieurs années avant d?atteindre sa dernière phase ? le sida. À ce stade, le taux de lymphocytes, qui devrait normalement être à 1 000 mm2 pour une personne non infectée, chute à moins de 200. Dès lors, le corps ne peut plus combattre les maladies et autres infections opportunistes.

<B>Comment le virus se transmet... </B>

<B>La voie sexuelle</B>

Le VIH est présent dans les liquides biologiques de l?organisme des personnes atteintes. Par exemple, lors de relations sexuelles non protégées, le virus trouvera une porte d?entrée à travers les muqueuses génitales, anales et bucca-les. Celles-ci sont des membranes qui tapissent les parois internes des cavités naturelles de l?organisme comme le rectum, le vagin, la bouche, etc.

Selon Renganaden Ponnoosamy, Community Physician et médecin référant au Centre Bouloux, la contamination peut se faire d?un homme infecté à travers le sperme et le liquide séminal (qui s?écoule au début de l?érection). Chez la femme, le VIH passe par les sécrétions vaginales. « Lors de l?acte sexuel non protégé, le virus entre en contact avec les muqueuses. Cela passe ensuite par des cellules dendrétiques, qui sont des récepteurs qui vont multiplier le taux de virus, et, par ricochet, affecter les lymphocytes », déclare le docteur Ponnoosamy.

<B>Le VIH peut être aussi contracté lors : </B>

● D?une pénétration anale. Dans ce cas, le risque de lésions est plus grand, ce qui augmente les chances de contamination.

● D?un contact buccal avec le sexe masculin ou féminin ou avec l?anus, surtout si la personne infectée souffre d?une inflammation ou a une lésion dans la bouche ou au niveau de l?organe génital.

● De menstruations ou de saignements vaginaux pendant la relation sexuelle, si la femme est porteuse du virus.

● De violences sexuelles. Dans le cas d?un viol où il y a une sécheresse du vagin et des sévices, la femme peut avoir des lésions au niveau des muqueuses.

● D?accidents survenant avec la rupture ou le déchirement d?un préservatif ou de sa mauvaise utilisation.

<B>Comment éviter la contamination ? </B>

Pour prévenir les risques de contamination, il faut se protéger lors de rapports sexuels. Pour ce faire, le port du préservatif est indispensable. À noter que, depuis un an et demi, le préservatif féminin a été introduit, mais son usage reste encore tabou. Toutefois, il est distribué gratuitement au Centre Bouloux ainsi que par la Mauritius Family Planning Association (MFPA).

On peut aussi diminuer les risques en limitant le nombre de partenaires sexuels et en s?abstenant de rapports non protégés avec des groupes à risques : toxicomanes ou prostituées. Attention, une personne atteinte de maladie sexuellement transmissible (MST) possède plus de prédispositions à contracter le VIH de par une plus grande concentration du virus. Il est donc important de connaître les antécédents sexuels de son partenaire avant l?acte.

<B>La voie sanguine</B>

En 2005, 92 % des cas de séropositivité étaient liés à la contamination par voie sanguine. L?an dernier, ce taux était de 85,6 %. De ce fait, le VIH est principalement contracté par les usagers de drogues injectables, et qui utilisent des seringues contaminées. « Ce qu?il ne faut pas négliger, c?est que lorsque le toxicomane s?injecte sa dose avec une seringue usagée, il n?introduit pas seulement la drogue, mais aussi une partie du sang de celui qui peut être porteur du VIH », explique Renganaden Ponnoosamy.

<B>Le virus peut être aussi contracté lors de : </B>

● Blessures accidentelles ou piqûres dues à l?utilisation de matériel non stérilisé et souillé par du sang contaminé. Par exemple, dans des cas d?interventions chirurgicales, de piercings, de tatouages, et ce, dans la mesure où le matériel est infecté.

● Transfusions de sang contaminé. (Mais depuis 1995, les précautions sont prises pour réaliser des dépistages obligatoires à chaque prise et collecte de sang. Au moindre doute sur la qualité du sang, la prise est rejetée).

<B>Comment éviter la contamination ?

En cas d?usage de drogue par intraveineuse, il faut utiliser uniquement du matériel neuf et stérile pour toute nouvelle injection. Il ne faut jamais partager ni une seringue ni le matériel utilisé pour la prépara-

tion du produit. À noter que l?association Prévention information et lutte contre le sida (Pils) avait récemment institué un programme d?échange de seringues pendant plusieurs mois. Celui-ci a été interrompu le 11 mai dernier. Le gouvernement a commencé à effectuer la désintoxication en donnant des substituts à la méthadone et compte, à son tour, démarrer un projet d?échange de seringues.

Pour ce qui est des autres risques liés au mode de transmission par voie sanguine, veillez à ce que tout ustensile pour une intervention soit bien scellé et ouvert sous vos yeux avant son utilisation. Si des accidents avec des instruments souillés surviennent, il existe un traitement d?urgence ? le prophylaxis ? qui doit être dispensé dans les 48 heures qui suivent. Ce traitement est disponible dans tous les services de casualty des hôpitaux de l?île, 24 heures sur 24.

■ <B>La voie verticale</B>

« Lors de la grossesse, une mère séropositive a 10 % de risques de transmettre le VIH à son bébé. À l?accouchement, le risque de contamination est plus grand et passe à 15 %, tandis qu?à l?allaitement, il y a 5 % de risques », affirme le Dr Ponnoosamy. Dans la première catégorie, les risques sont accentués et peuvent avoisiner les 20 à 35 % si la mère séropositive n?est pas traitée. La contamination peut avoir lieu à quelques semaines de l?accouchement, via le liquide amniotique qui entoure le f?tus, de la mère à enfant.

À l?accouchement, où il se peut qu?il y ait beaucoup de saignements, et le nouveau-né peut être exposé aux blessures. Selon notre interlocuteur, le risque de contamination est également possible lors de l?allaitement, car le virus est présent dans le lait maternel et peut passer à travers la muqueuse de la bouche du bébé.

<B>Comment éviter la contamination ? </B>

Si vous êtes enceinte et séropositive, il vous faut suivre un traitement anti-rétroviral. Celui-ci est dispensé gratuitement par le ministère de la Santé et il limite considérablement les risques de contamination. De plus, un suivi sera fait jusqu?à la fin de la grossesse. L?accouchement aura lieu à la 38e semaine par césarienne. Pour le bébé, l?allaitement maternel est déconseillé. L?État offre du lait artificiel gratuit pendant deux ans. Le nouveau-né est également placé sous traitement, avec une prescription de sirop anti-rétroviral jusqu?à ce qu?il soit prouvé qu?il est séronégatif.

<B>En chiffres 2 716</B>

Tel est le nombre de cas de séropositivité recensés par les autorités de 1987 jusqu?à la fin de l?année dernière. Ce chiffre comprend 2 240 hommes et 476 femmes qui vivent avec la maladie. Selon les statistiques du ministère de la Santé, en l?an 2000, 57 nouveaux cas ont été répertoriés.L?année suivante, ce taux est passé à 69, avant d?avoisiner les 102 en 2002.Mais à partir de 2003, les chiffres ont doublé, passant de 240 en 2003 à 535 en 2004, et à 928 en 2005.Et en 2006, le taux de nouvelles contaminations est tombé à 555.

« Candlelight » :

<B>Le calendrier des activités</B>

Artistes, personnalités, travailleurs sociaux, séropositifs, tous ont décidé d?unir leurs forces pour faire régresser la pandémie. À l?initiative des Zarbiens, du groupe Evasyon, ou encore de Pils, une campagne entourant la deuxième édition de l?International Aids Candlelight Memorial Mauritius, célébrée le 20 mai, a démarré depuis plusieurs semaines. Ainsi, des affiches présentant des personnalités diverses ont été placardées pour sensibiliser la population. Une exposition d?art autour du sida a également été organisée. Le 17 mai, les organisateurs de Candlelight Maurice ont procédé au lancement d?un CD intitulé Enn lalimyer. Celui-ci contient trois chansons, composées par Éric Triton, Ras Minik et Zanzak, et il sera vendu à Rs 100. Les recettes seront versées au collectif Toxida. Pour ce qui est de la célébration du Candlelight, ce soir, à 19 h 30, plusieurs régions de l?île prendront part à cette commémoration nationale afin de sensibiliser le maximum de Mauriciens. Le programme a été établi comme suit :

<B>Baie-du-Tombeau</B>

Une marche symbolique, suivie d?une cérémonie protocolaire et d?une animation musicale avec Menwar, Éric Triton, Ras Minik, Gérard Louis, Mighty Jah. L?animation sera faite par Percy Yip Tong, de Cyper Produktion.

<B>Camp-Levieux</B>

Une marche symbolique à l?angle des rues Berthaud et Crétin aura lieu, jusqu?au flanc de la montagne, avec constitution d?une chaîne humaine représentant l?emblème de la lutte contre le sida. Une animation musicale sera assurée par les artistes de la localité.

<B>Rivière-du-Rempart</B>

Animations diverses : poésie, théâtre, slam. Participation de Michel Legris. Commémoration avec une petite agglomération de 25 familles.

<B>Curepipe</B>

Marche symbolique et animation par les groupes Natir, Forest Vipers, Outlaw, Nas Possi, Tcheky et le ch?ur de Cité-Loyseau.

<B>Mahébourg</B>

Marche à la lueur d?une bougie du poste de police de la localité jusqu?au terrain de football de Ville-Noire, suivie d?une animation artistique.

<B>Bambous</B>

Commémoration avec la participation de quelques habitants de Bambous. Le personnel et les résidentes du Centre Chrysalide déposeront des gerbes sur la tombe de Malini, la première Mauricienne à avoir parlé ouvertement de sa séropositivité et décédée en 2005.

<B>Tamarin/Rivière-Noire et Pointe-aux-Sables</B>

Commémoration et hommage dans les églises à la lueur d?une bougie.

<B>Le dépistage</B>

Si vous pensez avoir eu un comportement à risque, avoir été en contact avec du matériel infecté, susceptible de vous transmettre le VIH, n?hésitez pas à vous faire diagnostiquer. Plusieurs services de santé, dont le Centre Bouloux, disposent de tests de dépistage, en tout anonymat, pour attester de votre état sérologique. Il faudra effectuer un prélèvement sanguin. Si on trouve les anticorps du VIH dans votre sang, cela indique que vous êtes séropositif. Attention, les anticorps peuvent prendre jusqu?à six mois, en fonction de l?infection, pour apparaître dans le sang. En cas de séropositivité, une prise en charge immédiate sera effectuée. Le plus vite cette prise en charge est faite, le mieux vous arriverez à vivre avec le VIH. Sachez également que le temps d?évolution du virus varie selon les personnes. On peut bien vivre avec pendant une décennie, voire même plus, avant que les symptômes du sida n?apparaissent : ganglions, toux sèche, cancers et autres infections.

<B>Le VIH ne se transmet pas : </B>

■ Par les piqûres de moustique.

■ En utilisant les mêmes toilettes qu?une personne séropositive.

■ En embrassant, en serrant la main, en caressant une personne porteuse du VIH.

■ En mangeant dans la même assiette ou en utilisant le verre d?une personne séropositive.

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