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Irak : risque d?effondrement
Le gouvernement irakien n?a plus aucune autorité sur de larges portions du territoire national et le pays, plongé dans « plusieurs guerres civiles », est au bord de l?éclatement, selon le rapport du groupe de réflexion britannique Chatham House, rendu public le 17 mai. Dans un texte de 12 pages, ce think-tank estime que les principaux voisins de l?Irak ? l?Iran, l?Arabie Saoudite et la Turquie ? ont tous des raisons « de chercher à ce que l?instabilité y perdure ».
« Le gouvernement irakien n?est pas en mesure d?exercer son autorité sur le pays. Sur de grandes étendues du territoire, il n?existe pas, ni politiquement, ni économiquement, ni socialement. » Selon ce rapport, l?offensive me-née depuis février par l?armée américaine et les forces irakiennes contre les milices à Bagdad n?a pas réduit les violences, les insurgés ayant simplement porté leurs attaques en dehors de la capitale.
Le document de Chatham House souligne que le pays est confronté non à une seule « guerre civile » entre les chiites majoritaires et les sunnites, mais à plusieurs conflits sur fond de divergences religieu-ses, ethniques et tribales, avec à chaque fois des objectifs différents. L?auteur de ce rapport, un spécialiste du Proche-Orient, Gareth Stansfield, souligne que cette instabilité de l?Irak « n?est pas nécessairement contraire aux intérêts de l?Iran, de l?Arabie Saoudite et de la Turquie ».
L?Irak « est aujourd?hui le théâtre sur le-quel l?Iran peut ?combattre? les États-Unis sans que ce soit de façon ouverte », souligne Stansfield, selon qui Téhéran est en mesure de jouer un rôle plus important que les États-Unis dans le pays.
© Le Nouvel Observateur
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