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Laborieux accouchement de la liste des candidats labourites

2 mai 2007, 20:00

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Il n?y a pas comme les échéances électorales (dates limites pour l?enregistrement des partis, des alliances, des emblèmes politiques ou encore le dépôt des candidatures) pour mettre fin à de piteuses valses-hésitations de dirigeants indéterminés et désorientés, aux prises avec les lobbies les plus contradictoires. Bienheureuses échéances électorales donc ! Qui sait ? Il se peut que sans elles, nous serions encore à attendre que, nouvel âne de Buridan (voir ?l?express? du 13 avril 2007), le bon Docteur Ramgoolam serait encore à hésiter entre les excessives exigences de Gaëtan Duval (en quête d?un certificat de représentativité exclusive de notre population générale) et les susceptibilités ombrageuses du RPL de Philo Blackburn et du Groupe Eliézer François. Il n?y a pas comme les échéances électorales, vous dis-je, pour transformer un âne de Buridan en coupeurs, non de cannes, mais de n?uds gordiens qu?il ne faut surtout pas confondre avec ceux de nos cannes à sucre.

Le 19 avril 1982 a donc lieu l?enregistrement des partis, alliances et emblèmes politiques et électoraux. Ils sont? 34 à vouloir séduire les électeurs du 11 juin 1982. Nous sous-estimons trop facilement le nombre de nos formations politiques, groupuscules compris. Plus question désormais, du côté de la place de l?Artillerie, de fantasmer sur l?éventuelle renaissance d?un Parti de l?Indépendance pour espérer escamoter le ménage avec l?ami Philo et Eliézer et conter fleurette à un Gaëtan Duval, connu pour ses idées intégrationnistes et associatives, en tout cas anti-Indépendance. A la surprise générale, l?alliance, dirigée par le PTr et son leader, SSR, choisit de s?appeler le PAN ou Parti de l?Alliance, non sociale, mais Nationale. Avec son humour coutumier mais féroce, France Vallet, leader d?un éphémère Parti du Centre, connu pour sa devise attribuée : ?Je me battrai jusqu?au dernier sou d?Henri Lincoln?, remarquera : ?Le PAN ! Quel manque d?originalité ! Pourquoi pas le PAN-PAN pendant qu?on y est ??

Adieu donc, veau, vache, val, cochon. Les chances d?une entente préélectorale PTr-PMSD de G. Duval s?amenuisent de jour en jour, sinon d?heure en heure. Pour autant les problèmes rencontrés par le PAN-PAN n?en font pas autant. Le bon Docteur Ramgoolam, bientôt 82 berges, doit encore avaler la margoze d?une révolte publique et spectaculaire d?agents politiques, regroupés en association et encouragés subrepticement par le PMSD de l?ineffable Gaëtan Duval. Lesdits agents veulent bien travailler pour les ténors travaillistes mais pas pour les figurants du RPL ou du Groupe François. Le Premier ministre travailliste ordonne à sa ?Riot Unit? de leur faire entendre raison à coups de bâtons la Reine. Il leur reproche d?avoir proféré de ?gros gros zourés divant l?Hôtel gouvernement?. Cela se passe lors d?une conférence de presse assez mémorable pour que, exaspéré, le bon Premier ministre de Maurice reproche à un journaliste de se prendre pour le Bon Dieu et de s?attendre à ce qu?il lui adresse ses prières chaque matin. Atterré, Gaëtan Duval prophétise : ?Le PTr allait vers la défaite. Il va désormais à la déroute?.

Le 22 avril 1982, SSR doit reporter la présentation de sa liste définitive de candidats, en raison des multiples problèmes demeurés irrésolus. Razack Peeroo, leader de ce qu?il reste du CAM de l?autre Razack (Mohamed), démissionne comme ministre du Travail. Le président d?une association d?agents travaillistes, Ramesh Balgobin, se permet de lancer un ultimatum à son leader, SSR. Dur, dur, dur pour ce dernier qui tente un ultime tour de prestidigitation. Il annonce le paiement d?une allocation de chômage à partir de juillet 1982. En cas de victoire électorale travailliste, évidemment. Plus pathétique encore il bredouille : ?Nous représentons la gauche?libérale?. Pourquoi pas la gauche ultralibérale pendant qu?on y est ? A mettre de côté, en vue d?une possible sélection en cas d?une éventuelle anthologie des déclarations politiques les plus insignifiantes.

Les mauvaises nouvelles s?accumulent. Robin Ghurburrun, futur vice-président de la République, est hué aux Pamplemousses. A Glen-Park, un jet de pierre atteint le ministre Emmanuel Bussier à l?arcade sourcilière droite. Harold Walter renonce sagement à se porter candidat aux Quatre-Bornes et cède intelligemment la place à Michael Glover. Simadree Virah Sawmy renonce à se porter candidat à la Rivière du Rempart. Une bonne nouvelle quand même : Duval ne parvient pas à une entente électorale PMSD-Agents travaillistes. Comme quoi, il faut de tout pour faire une classe politique.

Les dés sont de nouveau jetés le 30 avril 1982, journée du dépôt des candidatures. Merci donc bienheureuses échéances électorales ! On dénombre 362 candidats pour les 62 sièges parlementaires disponibles, soit six aspirants pour chacun des sièges. Les listes des candidats du PTr et du PMSD sont établies tellement à la dernière minute qu?un quidam remarque, non sans pertinence : ?Dans meetings PTr ek PMSD ou zoine banne candidats ki dans cirque ou pas pou trouvé?. Gaëtan Duval apprendra par la presse qu?aux Quatre-Bornes, son parti présente?quatre candidats au lieu des trois recommandés par parti. Un désistement qu?on a pris trop vite pour argent comptant, sans doute.

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