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Ça déménage à la MFDC?
La Mauritius film development corporation est en proie au désordre. Changement de locaux, disparition de matériel, fonctionnement au ralenti? L?organisme a changé d?adresse et, selon Kamla Ramyead, la nouvelle directrice, ce serait l?occasion d?un nouveau départ. Mais dans les coulisses, les guerres intestines font rage?
?Demandez-moi où se trouvent les nouveaux locaux de la MFDC et je serais incapable de vous répondre.? Cette remarque, sidérante, est de Christian Nayna, président du conseil d?administration de cet organisme. Le déménagement, deuxième en moins de six mois, a eu lieu il y a une semaine. Après avoir quitté ses locaux de Rose-Hill en décembre, la MFDC s?était installée à Pailles, dans un bâtiment neuf, destiné aux collectivités locales. Des locaux qu?elle a dû quitter, après des pressions exercées par les habitants du quartier.
Caméras disparues
Mais pendant tout ce temps, la MFDC est restée dans les cartons. Elle n?arrive plus à assurer normalement sa fonction de la promotion du cinéma, local ou international et de régir les tournages. ?Nous n?avons pas participé au récent festival du film américain ni aux activités du Centre Charles Baudelaire et du British Council, comme c?est traditionnellement le cas. Nous ne faisons plus rien?, note, désespéré, un employé de la MFDC.
En effet, depuis son deuxième déménagement, rien ne va plus. La MFDC se trouve maintenant dans des locaux du ministère des Infrastructures publiques, à Floréal. Elle occupe en fait plusieurs unités de staff quarters. L?installation ne se fait pas dans les meilleures conditions, aux dires de certains employés mécontents.
La MFDC a même perdu, au passage, du matériel : deux caméras, dont la valeur est estimée à Rs 2 millions, que l?on ne retrouve plus. Elles auraient même disparu avant le déménagement. A ce stade, une plainte été déposée pour ?perte?.
Pourtant, la MFDC affichait de grandes ambitions. Christian Nayna voulait en faire un modèle: formation au plan local, promotion à l?étranger et même certification Iso, la MFDC allait devenir une sorte de Cinecitta. Même Rajesh Jeetah, ministre qui gère les portefeuilles de l?Industrie et du Commerce, ne cachait pas son intérêt pour l?émergence d?une industrie cinématographique.
Tractations politiques
Toutefois, l?organisme a entamé une descente aux enfers. Il était déjà fragilisé depuis 2006, avec le départ de huit employés et l?éviction du directeur, le cinéaste Selven Naïdu, à la fin de l?année. Plusieurs programmes avaient été abandonnés et de nouveaux projets n?arrivaient pas à voir le jour. Le tout, sur fond de tractations politiques intenses. La situation à la MFDC a même soulevé des questions de l?opposition parlementaire. Allégation de harcèlement, cumul de poste par le président, un représentant en Inde qui ne donne aucun résultat concret?
Kamla Ramyead est en poste depuis mars. Elle doit normalement remettre l?organisme sur les rails. ?La MFDC n?a pas cessé ses activités sauf pour quelques jours?, soutient la directrice. ?Dans deux semaines nous allons établir nos priorités?, soutient-elle. Rendez-vous est pris.
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