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La polémique autour du charbon s?intensifie

19 avril 2007, 00:00

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L?utilisation du charbon dans les centrales thermiques est la cause d?une polémique qui s?amplifie. Le Central Electricity Board (CEB) a décidé de privilégier le charbon à l?huile lourde pour réduire sa dépendance à l?importation de produits pétroliers, une des principales causes de l?accroissement de ses dettes et de son déficit.

Cette mauvaise situation financière l?a amené à demander au gouvernement, en début d?année, une nouvelle augmentation de tarifs. ?Le CEB doit recentrer sa stratégie de production énergétique. Nous serons partenaire dans la centrale charbon de CT Power à Pointe-aux-Caves. Le pourcentage de notre actionnariat n?a pas encore été décidé, les négociations étant toujours en cours?, dit Patrick Assirvaden, président du CEB lors d?une conférence de presse hier.

La centrale devrait être opérationnelle en 2009. Pour la première fois, le secteur public va investir dans l?utilisation du charbon pour la production énergétique. ?Nous allons négocier le meilleur deal pour le pays, pour le CEB, et pour les consommateurs, qu?il s?agisse du projet de CT Power ou celui de Gamma Civic Ltd, tant à propos de l?incinération des déchets qu?au niveau du prix et de la qualité des technologies utilisées. Pour le projet charbon, nous avons même choisi Electricité de France comme consultants?, a-t-il ajouté.

En Allemagne, 50 % de la production énergétique est faite du charbon, contre 70 % en Chine et plus de 50 % aux États-Unis. La Réunion aussi investit dans une grosse centrale à charbon. ?Nous n?allons pas privilégier le charbon par rapport à la bagasse, mais plutôt par rapport à l?huile lourde. Nous sommes trop dépendants de l?importation de l?huile lourde, dont le prix ne cesse de grimper sur le marché international et qui ne fait qu?accroître le déficit et les dettes du CEB?, estime Patrick Assirvaden.

?Manque de bagasse?

Les dettes du CEB totalisent aujourd?hui Rs 6,5 milliards. Pour 2007, son déficit est estimé à environ Rs 1,6 milliard, contre environ Rs 1 milliard l?année dernière. Il devrait dépasser Rs 2 milliards dans environ trois ans, si aucune action n?est prise. L?augmentation du prix de l?huile lourde sur le marché international est une des causes principales de la situation financière de cet organisme.

?Il y aura un manque de bagasse car toute la production annuelle de 1,6 million de tonnes de bagasse est brûlée par les centrales. Le charbon coûte moins cher que l?huile lourde. Le seul moyen de réduire la dépendance aux produits pétroliers, c?est par l?utilisation maximale de la bagasse, comme on fait, et l?autre choix, c?est le charbon?, ajoute le président du CEB.

Mais est-ce que l?industrie sucrière souhaiterait entrer dans le projet malais d?une centrale charbon? Le président du CEB le pense. Mais Jean Li Yuen Fong, directeur de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), est d?un avis contraire. ?Nous ne sommes pas intéressés?, précise ce dernier.

Patrick Assirvaden fait ressortir que l?utilisation du charbon dans la production d?énergie électrique à partir de la bagasse date de 1985. Cette production a commencé par la sucrerie Fuel mais ce n?est que maintenant que des voix s?élèvent à l?effet que le charbon représente des dangers sur l?environnement. Il estime ?qu?une centrale bagasse-charbon est moins efficiente qu?une centrale charbon uniquement. Cette efficience est de 26 %. Or l?efficience de la centrale de Pointe-aux-Caves sera de 32 %?.

Jean Li Yuen Fong est lui d?un tout autre avis. ?Il faut comparer ce qui est comparable. Il y a des technologies qui permettent d?utiliser le charbon dans les centrales mixtes charbon-bagasse de façon aussi efficiente que les centrales charbon seulement?, souligne-t-il. ?Nous voulons optimiser l?utilisation de la bagasse, ajoute le directeur de la MSPA. Ce qui n?est pas le cas pour l?instant mais on pourra le faire avec la centralisation. C?est notre position.?

Pas satisfait des contrats signés

Patrick Assirvaden estime que dans quatre à cinq ans, la capacité de production des centrales du privé va doubler avec l?entrée en opération d?autres centrales. Les prévisions font état, pour la même période, d?une production d?électricité de 49 % par le CEB et de 51 % par le privé.

?Il y a des contradictions dans le rapport sur la politique énergétique (Outline of Energy Policy). Alors que l?exploitation des ressources renouvelables est encouragée, ce rapport contient des propositions contradictoires. Il remet en question l?efficience des centrales mixtes et veut décourager le charbon dans les centrales mixtes. On ne peut pas dissocier le charbon de la bagasse?, maintient Jean Li Yuen Fong.

La croissance de la demande est estimée à 5 % annuellement. Sans compter qu?il faudra répondre aux besoins du groupe chinois Tianli, qui va faire de gros investissements à Riche-Terre. Le CEB devra investir Rs 150 millions pour l?installation du réseau électrique.

Patrick Assirvaden dit qu?il ?n?est pas satisfait? des contrats signés avec les Independent Power Producers (IPP) dans le passé, c?est-à-dire des centrales qui brûlent le charbon et la bagasse toute l?année. Mais il appartiendra au conseil d?administration du CEB de décider s?il faut revoir ou non ces questions, quand il y aura des négociations avec le privé pour les nouveaux projets.

?Le CEB achète du privé l?énergie produite à partir de la bagasse plus cher que celle produite à partir du charbon. Cela est illogique?, a souligné Patrick Assirvaden.

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