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La DWC reboise l’île d’Ambre

18 avril 2007, 00:00

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Nos réminiscences d’il y a un quart de siècle ont rendu un double hommage à Michaël Leal, à l’occasion du 25e anniversaire de son décès (voir l’express des 9 et 12 février 2007). Cet hommage a ému plusieurs Mauriciens de l’étranger, en dépit de la distance géographique qui les tient éloignés de leur île natale. L’express rend indirectement un nouvel hommage à Michaël Leal, en consacrant, en avril 1982, une page entière, intelligemment illustrée, à un projet qui lui tenait particulièrement à cœur : le reboisement de l’île d’Ambre.

L’express de Philippe Forget n’hésite pas de qualifier d’“excellente initiative” celle que mène la DWC, à l’île d’Ambre, en collaboration avec les Bois et Forêts. Il la compare favorablement aux milliers d’arpents de forêts indigènes détruites à jamais et sans susciter la moindre protestation écologique, à Sans-Souci et, déjà, à Ferney, pour les besoins de la construction d’une centrale hydro-électrique à Rivière Champagne, ne fonctionnant qu’en période de non-sécheresse, c’est-à-dire quelques mois par an.

L’île d’Ambre est d’une superficie cultivable d’au moins 330 arpents. Grâce donc à la DWC, la voilà recouverte, du moins en 1982, de forêts de palissandre (Rose wood), de teck, de bois noirs, de manguiers, de jacquiers, de limoniers, d’acajou (mahogany), d’une nouvelle variété d’acacia (Leucaena leucocephala), de nouvelles variétés d’hibiscus. Le responsable de ce projet hautement bénéfique et qui fait honneur au gouvernement travailliste de Seewoosagur Ramgoolam, est M. T. Hanoomansing.

Le palissandre (Dalbergia) est planté sur une quarantaine d’arpents, le teck sur une dizaine d’arpents, le bois noir sur une demi-douzaine d’arpents et l’acajou sur seulement un arpent. La DWC compte doubler ces superficies dans un proche avenir. Optimiste, M. Hanoomansing estime que c’est dans un quart de siècle plus tard, autrement dit aujourd’hui, en 2007, qu’on pourra le mieux estimer la valeur de ce projet de sylviculture de la DWC à l’île d’Ambre. Il est assez lucide, en 1982, pour prévoir que Maurice devra céder du terrain sous la pression foncière du bitume et du béton. C’est alors qu’on appréciera à leur juste valeur ces oasis de verdure et de fraîcheur, comme l’île d’Ambre, dans le désert de ciment et d’asphalte que nous léguerons à nos enfants et petits-enfants. Y aura-t-il, en 2007, un journaliste assez intelligent et avisé, pour aller voir sur place comment se porte le projet de reboisement de l’île d’Ambre ?

M. Hanoomansing avoue sa préférence pour le palissandre. Il rappelle que les meilleurs luthiers au monde sont friands de cette essence en raison de ses qualités musicales. Il ne tarit pas non plus d’éloges pour l’acacia Leucaena leucocephala, connu dans le monde entier pour ses qualités en termes de fourrage, son potentiel énergétique et pour la teneur en minéraux de ses feuilles. Mais l’île Maurice de 2007 se reposant toujours sur ses lauriers (miraculeux au dire de certains) de ses années 1980 (merci Vishnu Lutchmeenaraidoo), croit-elle encore dans les vertus de cette plante miracle qu’est le Leucaena leucocephala ? Plusieurs pays utilisent cet acacia pour produire de l’électricité. Des discussions sont en cours, en 1982, avec la Tea Development Authority pour qu’elle permette à la DWC de planter cette variété d’acacia sur des centaines d’arpents. On estime qu’un hectare de Leucaena leucocephala peut produire 560 kilos d’azote et 225 kilos de phosphate. Le rendement peut être de 67 tonnes de fourrage à l’hectare.

Les vergers de l’île d’Ambre, gérés par la DWC, représentent une superficie totale d’une dizaine d’arpents produisant à profusion attes, mangues, limons, cœurs de bœuf. Ces fruits sont d’abord vendus aux employés de la DWC. Les invendus sont ensuite écoulés sur les marchés publics. On peut sans hésiter attribuer cette attention particulière en faveur des employés de la DWC à leur “papa”, Michael Leal. Pour celui-ci, il est indispensable que ceux qui ont mis la main à la pâte soient les premiers à bénéficier des fruits de leur labeur. C’est une des raisons qui expliquent que sous sa direction, la DWC, avant d’être une entreprise visant à l’auto-financement, est avant tout une grande famille où l’on privilégie les relations fraternelles.

La DWC de MM. Leal et Hanoomansing, a une attention particulière pour les visiteurs et les pique-niqueurs. Des allées rectilignes, ombragées à souhait, sillonnent l’île de part en part. Des plages sont aménagées, dotées de bancs en pierre ou en bois. Seul point noir à l’horizon : les promoteurs hôteliers s’intéressent de plus en plus à l’île d’Ambre, hier encore délaissée de tous mais revalorisée, en 1982, grâce à la DWC.

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