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Des gros chantiers de construction en panne
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Des gros chantiers de construction en panne
La situation dans le secteur du bâtiment s?aggrave. Avec la fermeture de Desbro, le spectre du chômage technique se dessine. Des travaux sur de gros chantiers, hôteliers et d?integrated resorts scheme (IRS), entre autres, sont affectés. Des grosses entreprises du bâtiment prévoient que certains chantiers le seront dans les prochaines semaines. Sur d?autres, le travail tourne au ralenti, ou alors les entrepreneurs ne parviennent pas à les démarrer. à la base de cette situation : la pénurie des barres de fer.
De vives craintes sont d?ailleurs exprimées à ce sujet par les membres de la Building and Civil Engineering Contractors Association (BACECA). Ces craintes feront objet d?une rencontre prévue pour ce matin entre les représentants de l?association d?entreprises du bâtiment et le ministère de l?Industrie et du Commerce ?afin d?arriver à une solution avant que la situation ne se dégrade davantage?.
Devant l?urgence de la situation, l?association avait écrit au début d?avril au ministre Rajesh Jeetah pour solliciter un rendez-vous. Initialement la rencontre a été fixée au 12 avril, mais elle a été subséquemment annulée par le ministère et reportée à aujourd?hui.
?La situation est dramatique. Beaucoup de chantiers sont affectés. Plusieurs autres vont fermer incessamment, la semaine prochaine ou la semaine d?après. Ils risquent même d?être en chômage technique??
La BACECA, dans sa lettre, avait fait état de ?sérieuses inquiétudes? au sujet de la pénurie de barres de fer sur le marché local. Car il était clair pour les ?contracteurs? que si une solution n?est pas trouvée de façon urgente, les travaux sur des sites de construction seront ?gravement affectés? et ?que certains chantiers seront fermés en partie?. D?autant plus les indications sont que la situation risque d?empirer. Car pas un seul fournisseur n?est en mesure de satisfaire les demandes du marché. Les craintes de la BACECA se sont avérées exactes.
?La situation est dramatique. Beaucoup de chantiers sont affectés. Plusieurs autres vont fermer incessamment, la semaine prochaine ou la semaine d?après. Ils risquent même d?être en chômage technique. C?est une pagaille épouvantable pour trouver certaines dimensions de barres de fer?, dit Alain Hardy, administrateur de la BACECA.
Opinion partagée par Roger Dalais, managing director de Building & Engineering Co Ltd (BECL), Bhooshan Ramloll, managing director de Ramloll Bhooshan Co Ltd et Pierre Ah Sue, président de la BACECA.
?C?est la galère. Nous travaillons au ralenti. Le chantier de Tamarina Golf Estate est affecté déjà?, ajoute Roger Dalais.
Les premières des 119 villas de luxe construites dans le cadre du projet IRS de Tamarina Golf Estate à Tamarin ont déjà été livrées. Le reste de la livraison se fera graduellement d?ici la fin de l?année prochaine, ou le début de 2008.
?Nous venons tout juste de commencer une partie des travaux de rénovation du Club Med à Pointe-aux-Canonniers, ajoute-t-il. Nous espérons que la situation va évoluer positivement, mais nous sommes très anxieux.?
Le coût de la rénovation de Club Med de Pointe-aux-Canonniers est estimé à environ Rs 1 milliard. Il est normalement prévu que ces travaux seront terminés à la fin de l?année afin de soulager le problème de manque de chambres dans les hôtels. Par contre sur le chantier du Club Med à Albion, les travaux se déroulent normalement. C?est le cas aussi pour le complexe commercial Ph?nix Les Halles du groupe Currimjee Jeewanjee .
Les indices de la croissance à la baisse
Alain Hardy estime qu?avec la situation qui prévaut dans le secteur du bâtiment, les prévisions du Bureau central des statistiques concernant une croissance de 7,5 %, contre 6 % en 2006, dans ce secteur pourraient être révisées à la baisse.
Ainsi, à l?instar de bien d?autres compagnies de construction, la BECL n?a pas pu réaliser depuis la fin de l?année dernière le volume de travaux qu?elle voulait en raison des problèmes de pénurie de barres de fer. Ces problèmes se sont posés avec l?interruption de la production de Desbro qui attendait une augmentation de prix, mais l?augmentation étant insuffisante, Desbro a fini par fermer ses portes.
Du côté du groupe Gamma Civic Ltd, la situation n?est pas non plus guère reluisante.
?Nous avons un stock minimum qui va s?épuiser rapidement dans les prochains jours. Si la situation n?évolue pas dans les prochaines semaines, nous aurons de grosses difficultés pour démarrer la construction d?un projet IRS à Bel-Ombre?, fait-on comprendre dans les milieux de Gamma Civic Ltd.
Ou encore du côté de Ramloll Bhooshan Co Ltd, qui a eu à stopper les travaux de construction d?un gymnase pour le compte de la municipalité de Quatre-Bornes.
?On a commencé à faire les fouilles pour la construction d?un gymnase à ébène pour la municipalité de Quatre-Bornes mais on a eu à stopper les travaux faute de barres de fer?, dit Bhooshan Ramloll
Ce dernier souligne que des entrepreneurs du bâtiment sont en train de considérer la possibilité de se joindre en consortium pour importer des barres de fer.
?Mais nous ne savons encore si cette idée fera du chemin. Importer n?est pas notre ligne d?activités. Dans le passé, les tentatives à cet égard n?ont pas marché. Les tests effectués par le Mauritius Standards Bureau sont très exigeants. Nous ne savons pas si Murray & Roberts, qui a acheté Desbro, commencera la production bientôt. Les barres de fer dans certaines quincailleries se vendent au compte gouttes?, dit Bhooshan Ramloll.
À Pierre Ah Sue d?ajouter : ?Nous souffrons. Il n?y plus de barres de fer de certaines dimensions dans les quincailleries?, dit-il.
Selon le directeur d?une compagnie distributrice de barres importées par la compagnie sud-africaine Murray & Roberts, il devrait avoir un stock de 2 500 à 2 600 tonnes de barres de fer de huit mm disponible sur le marché.
?Mais nous n?avons pas des barres de 10 à 25 mm disponibles actuellement?, fait-on comprendre dans les milieux de cette compagnie.
La consommation de barres de fer est de 4 000 à 4 500 tonnes par mois. Samlo est en mesure de fabriquer que 1 000 à 1 500 par mois.
Le problème de pénurie de barres de fer vient s?ajouter à la hausse des coûts de construction, notamment le prix du ciment et le manque de la main-d??uvre qualifiée. Les entreprises auront ainsi à recourir à l?importation.
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