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“La poule aux œufs d’or”
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“La poule aux œufs d’or”
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Le nouveau patron de la Banque centrale ne voit pas d’un bon œil les frais et les commissions pratiqués par les banques commerciales sur le marché domestique. Rundheersing Bheenick disait récemment que le marché local ne doit pas devenir “la poule aux œufs d’or” au profit des opérations internationales des agences bancaires.
Le gouverneur s’inquiète que des banques subventionneraient leurs activités internationales par le business local, sujet à des taux et des tarifs jugés prohibitifs. Le coût des services bancaires est manifestement un des dossiers prioritaires du nouveau régulateur.
Maurice a l’ambition de se développer en un centre d’affaires international. Le coût et la qualité de ses prestations financières sont des éléments déterminants pour atteindre cet objectif au même titre qu’une fiscalité légère et un climat d’affaires convivial. Des crédits et des services bancaires trop chers nuisent à la compétitivité globale de l’économie. Les banques doivent au fait faciliter l’intégration du pays à l’économie mondiale en s’alignant sur les normes internationales.
Le différentiel entre le taux d’épargne et le taux à l’emprunt (“interest rate spread”) est souvent pointé du doigt. Le différentiel de 3,69 % en cours actuellement est élevé par rapport aux standards internationaux. Malgré la présence de plus d’une dizaine de banques commerciales, il y a une impression que la concurrence ne joue pas assez en faveur du consommateur. Les banques sont très agressives dans la recherche de nouvelles sources de business. Il faut qu’elles songent davantage à offrir des services moins chers à leurs clients.
Les banquiers disent devoir rivaliser avec les rendements sur les bons de trésor pour pouvoir attirer les dépôts. En relevant leur taux à l’épargne, les banques ont dû revoir le coût du crédit. Il importe maintenant que les taux suivent la détente en cours sur le marché monétaire.
Il faut en même temps que les banques poursuivent leur effort d’assainissement de leur bilan notamment en s’attaquant aux créances douteuses. Les bons clients ne devront pas faire les frais des mauvais débiteurs en achetant le crédit plus cher.
Il y a encore du chemin à parcourir au niveau des frais bancaires. La part des revenus hors des opérations de financement (“non interest income”), dont le “forex”, est en progression constante. La contribution des frais et des commissions bancaires dans les revenus opérationnels des banques est passée de 10,7 % à 15,9 % de 2004-05 à 2005-06. Les entreprises et les particuliers s’attendent, eux, à des taux de change et des services bancaires plus compétitifs.
Les banques ont beaucoup investi dans l’infrastructure informatique ces dernières années. Il faut certes rentabiliser ces investissements sans pour autant pénaliser les clients. Les nouvelles technologies bancaires permettent de réaliser des gains conséquents sur les coûts d’opération. Il faut que les banques passent une partie raisonnable de ces économies aux consommateurs sous forme de services à des coûts réduits. “La profitabilité passe par l’efficience et l’efficacité des services avant tout, et non pas par des frais bancaires prohibitifs”, affirmait le gouverneur.
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