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“Notre banque mise beaucoup sur la classe moyenne émergente”
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“Notre banque mise beaucoup sur la classe moyenne émergente”
● <B> La HSBC vient de publier des résultats solides pour 2006, soit Rs 1,9 milliards de bénéfices avant impôts. Quels sont les facteurs qui sont à la base de cette performance ? </B>
Ces résultats reflètent le progrès réalisé par la banque au cours de ces dernières années. Notre stratégie à Maurice est de mettre l’accent sur le global business tout en poursuivant le développement des activités domestiques.
La HSBC étant un opérateur global, apporte des qualités uniques sur ce plan. Les opportunités sur le territoire mauricien sont limitées par l’exiguïté du marché domestique. Ce sont les opérations offshore qui tirent notre rentabilité.
● Comment le global business a-t-il aidé à transformer le modèle de croissance de la banque ? </B>
Maurice offre une plate-forme unique pour les activités offshore. Il y a plusieurs opportunités à prendre dans ce secteur. Maurice a un environnement stable sur le plan politique et économique et dispose d’une main-d’œuvre éduquée. Je peux vous dire de par mon expérience internationale que même les infrastructures sont d’un bon niveau comparé aux économies émergentes.
Le traité de non-double imposition fiscale est un grand atout. D’autre part, certaines ne réalisent pas assez qu’à Maurice nous pouvons traiter avec différentes régions du monde durant une journée de travail. Les banques offshore démarrent leurs activités le matin en correspondant avec des clients en Australie ou à la Nouvelle-Zélande. Vers la fin de la journée, elles traitent avec les Américains.
Étant parmi l’une des plus grandes institutions bancaires au monde, la HSBC a tous les atouts pour prospérer dans l’environnement du global business. Nous avons plus de 300 000 employés dans quelque 10 000 bureaux à travers 80 pays. La HSBC à Maurice est de se placer dans ce réseau afin de pouvoir exploiter le flux de fonds entre les money centres tels New York, Londres, Dubayy, Singapour et les marchés asiatiques et africains.
Au départ les investisseurs vont utiliser Maurice comme un centre bancaire offshore en raison du double taxation avoidance agreement. Par la suite, ils commencent à y ouvrir des sociétés subsidiaires pour faire du business avec des pays avec lesquels Maurice n’a aucun arrangement fiscal.
Nous avons exploité ces nouvelles opportunités en proposant des prêts, de la trade finance et des services de trésorerie et autres services bancaires à ces compagnies.
● <B>En sus du “global business”, la HSBC s’est aussi engagée dans plusieurs opérations de financement transfrontalières…</B>
Notre modèle de business vise à explorer de nouvelles sources d’activités de crédit tout en tenant compte des risques en question. Le financement des projets hors de Maurice s’inscrit dans cette logique.
● <B>Partagez-vous les observations du gouverneur de la Banque centrale à l’effet que les banques pratiquent des tarifs compétitifs sur leurs activités internationales au détriment de la clientèle locale ?</B>
Je ne peux commenter cette observation au nom des autres opérateurs. Mais du point de vue de la HSBC, il s’agit-là de deux marchés différents. Ils sont sujets à des conditions et à des facteurs différents.
Le marché domestique est essentiellement un business axé sur les particuliers. Dans le marché offshore, nous visons principalement les entreprises.
Au fait, de manière générale, les taux pratiqués dans l’offshore ont tendance à être plus élevés que sur les opérations domestiques. Du moins chez nous, les taux sur les financements offshore sont plus élevés.
● <B>Comment réagissez-vous aux critiques selon lesquelles les banques commerciales pratiquent des tarifs exorbitants ? </B>
Je pense qu’il s’agit là d’une perception. Les frais bancaires et les marges sont des questions relevant de l’industrie. La Mauritius Bankers Association (MBA) devra voir avec les membres pourquoi une telle perception existe.
De mon point de vue, c’est la concurrence qui s’assure que le consommateur obtient la valeur de son argent. À Maurice, il y a un niveau de compétition raisonnable avec la présence de 11 banques commerciales sur la place sans compter d’autres agences qui vont s’ouvrir prochainement.
Les effets de la concurrence se traduisent à plusieurs niveaux dont le taux d’épargne. On doit se demander comment les banques arrivent parfois à emprunter à un taux supérieur au prime lending rate et prêter à ce même taux.
● <B>Comment entrevoyez-vous le développement de la HSBC dans les prochaines années dans une économie qui se restructure ? </B>
Nous sommes optimistes par rapport à l’évolution de l’économie. Les services, dont le tourisme et les services financiers et le seafood hub, entre autres, sont en pleine progression. Cela représente de bonnes opportunités d’affaires pour le corporate business.
Il y a aussi des perspectives très brillantes au niveau du business des particuliers. Notre banque mise beaucoup sur la classe moyenne émergente. Plusieurs pays asiatiques ont réalisé de gros progrès sur la base d’une classe moyenne solide. Je peux voir ce phénomène prendre forme à Maurice en vue de l’expansion du secteur des services.
En ce qui concerne nos activités offshore, il y a de nouvelles opportunités avec notre démarche d’exploiter notre réseau international pour offrir de la valeur ajoutée à nos clients. Cela va attirer de nouveaux business vers Maurice.
Propos recueillis par</I> <B> A. R.</B>
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