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Sortir du flou

5 avril 2007, 00:00

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par Raj MEETARBHAN

Les contours du paysage politique pourraient changer de manière dramatique dans les semaines qui suivent. D?abord, les rapports de forces politiques tels qu?ils apparaîtront lors des rassemblements du 1er Mai ne manqueront pas d?influencer les stratégies et positionnements des partis. Ensuite, une double démission du Parlement est désormais du domaine du possible. Si elle se concrétise, il en résulterait une redistribution profonde des cartes.

L?affluence aux meetings organisés pour la fête du Travail est un baromètre assez fiable de l?humeur électorale. Au lendemain de la grande épreuve, chacun en tirera les enseignements. En dépit des ?briani? et des pique-niques qui perturbent la lecture des données, les spécialistes savent reconnaître les évolutions réelles de tendances.

Si le PTr arrive à rallier à Vacoas bien au-delà de son noyau dur, c?est un signe que les réformes économiques engagées depuis le dernier budget suscitent beaucoup d?espoir. En revanche si ses partisans le boudent, il risque de se radicaliser et de retrouver les accents populistes qui étaient les siens avant juillet 2005. De son côté, si le MMM réunit à Rose-Hill une foule plus nombreuse que ces dernières années, il devra l?attribuer aux augmentations de prix et au phénomène Lutchmeenaraidoo. Mais, si la Place Edward Vll demeure relativement déserte, le MMM devra mettre cela sur le compte de son incapacité à incarner l?alternance aux yeux de l?électorat. Quant au MSM, son ambition est sans doute de réunir assez de partisans pour ne pas se laisser distancer par les deux grandes formations. En cas d?échec, il se mettra à la recherche de la locomotive à laquelle il accrochera son wagon aux prochaines législatives.

C?est le MSM justement qui détient la clé de l?affaire Ashock Jugnauth. Le député trouvé coupable de corruption électorale veut certainement laver l?affront en se présentant devant l?électorat. Mais il n?est pas assuré d?avoir le soutien d?une opposition unie. Or, dans une lutte à trois, le triomphe des travaillistes est garanti. Durant le précédent mandat de Navin Ramgoolam, Satish Faugoo, alors un inconnu, avait battu Anerood Jugnauth dans des circonstances similaires.

Du coup, Ashock Jugnauth se trouve dans une situation difficile. S?il démissionne, et que seul le MMM le soutient à la partielle, ses chances de gagner sont minces. S?il reste au Parlement, il récoltera le déshonneur. Comment peut-on occuper un siège qui a été arraché par des moyens qualifiés d?illégaux par la Cour suprême et rester digne ?

De même Showkutally Soodhun se trouve face à un choix cornélien. Il a la possibilité d?occuper le poste de directeur du Bureau international du travail ? région Afrique, mais sa démission du Parlement entraînera probablement la désignation d?un député correctif mauve, ce qui fera de Paul Bérenger le leader de l?opposition. Une éventualité qui ne peut réjouir la direction de son parti?

Cette conjonction d?événements politiques a l?inconvénient d?augmenter les tensions mais a l?avantage de pouvoir nous sortir du flou ambiant.

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