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Un lieu de culte à l?origine de tensions à Tamarin

4 avril 2007, 00:00

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?La terre n?appartient ni à vous ni à moi, mais à Dieu.? Geejabye Teemul est formelle : le lieu de culte que la Danesh Lutchmee Society, qu?elle dirige, a installé sur une portion de terrain de l?état au débarcadère de Tamarin ne bougera pas. Les démarches entreprises en ce sens, depuis plusieurs années, par le conseil de village de Tamarin n?ont rien donné. Et la demande de permis qu?elle-même a faite est restée sans réponse.

Toutes les parties se trouvent donc dans une impasse. Et loin de s?arranger, la situation semble au contraire empirer à Tamarin. La colère gronde notamment parmi les pêcheurs de la région. Ils ont signé une pétition qu?ils ont envoyée aux autorités. Ils y demandent que le terrain soit libéré en raison des problèmes rencontrés en période cyclonique et en cas de mauvais temps. ?Il n?y a pas suffisamment de place pour mettre leurs bateaux en cale sèche?, explique François d?Unienville, un habitant de l?endroit. Les choses auraient d?ailleurs failli mal tourner lors du passage du cyclone Gamede. La police, précise notre interlocuteur, a dû intervenir.

Quoi qu?il en soit, pour l?instant, les divinités telles que Ganesh ou Shiva de même que la vierge Marie et un crucifix restent sur les lieux, à l?endroit même où Geejabye Teemul les a placés. Elle a affirmé à l?express hier, qu?elle aurait été sollicitée par les puissances divines pour que cela soit fait à cet endroit précis. ?Il n?est donc pas question de partir.?

?Faire respecter la loi?

Elle argue que c?est Ganesh qui a voulu s?installer à cet endroit. ?Nous ne pouvons faire obstacle à son désir. C?est comme un enfant qui va naître. Personne ne peut l?empêcher de venir au monde lorsque son heure est venue.? D?où sa détermination. Car le fait de bouger serait, estime-t-elle, laisser triompher les envieux. ?Ena bokou zalouzi e bokou inkonpreansion? Mais la vérité finit toujours par triompher.?

Une correspondance en date du 6 février 2006 indique, du reste, que la société poursuivait des démarches auprès du ministère du Logement pour devenir la légitime locataire du bout de terrain. ?I would like to recall that since my first request in 2001, no further action has been taken?, écrit Geejabye Teemul dans cette même lettre. Elle y demande que le land permit soit octroyé à sa société et souligne qu?il y a urgence, une cérémonie devant avoir lieu le 28 août 2006.

Pour Dominique Dubois, présidente du conseil de village de Tamarin, il n?y a pas à en douter : on assiste à une ?occupation illégale d?un lieu public?. Sollicitée, la Beach Authority a fait comprendre, tout en concédant qu?il s?agit d?une occupation illégale, que le terrain ne tombe pas sous sa juridiction mais sous celle du ministère du Logement.

Dominique Dubois déplore ainsi le fait que les autorités ?ne font rien pour faire respecter la loi?. Le ministère du Logement s?abstiendrait, en effet, de répondre à l?une ou l?autre des parties. Réagissant à cet état de choses, Dany Perrier, la députée de la circonscription, a soulevé la question à l?Assemblée nationale le mardi 27 mars dernier. Elle a fait ressortir ?les risques d?hostilités pouvant dégénérer à tout moment? et a exhorté le gouvernement à assumer ses responsabilités.

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