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Denrées de base : Flambée des prix à l?horizon

4 avril 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Arpentant ces jours-ci les allées des supermarchés pour leurs provisions de début de mois, les consommateurs font grise mine face aux prix affichés. Pendant ce temps, des importateurs songent déjà aux semaines et aux mois à venir, affirmant que certains prix risquent fort de continuer leur ascension. Ils citent même le cas d?une brique de lait, actuellement à Rs 34 qui passerait à quelque Rs 60, ou un kilo de lait en poudre coûtant Rs 115 qui serait affiché à Rs 180? La pénurie guette aussi d?autres produits, disent les distributeurs.

Mais depuis quelques semaines déjà, supermarchés et hypermarchés ont vu la disparition pure et simple de certaines marques de lait. Une ruée des consommateurs a aussi été notée sur le riz basmati, le lait, les grains secs, entre autres. La hausse du fret maritime et la dépréciation de la roupie il y a deux mois n?y sont pas étrangères. A ces raisons, il faut ajouter le changement climatique qui est à l?origine de chutes dans la production.

Jean How Hong de la compagnie Innodis qui commercialise le lait Twin Cow de l?Australie et occupe près de 30 % du marché cite du reste la sécheresse prolongée qui sévit actuellement en Australie. La production laitière a chuté de 50 %, provoquant une hausse de prix. L?effet domino aidant, le voisin néo-zélandais en a fait de même.

La situation est d?autant plus compliquée que le prix du lait sur le marché mondial, qui était de 2 500 dollars la tonne en avril 2006 a, au fil des mois, grimpé de manière fulgurante pour atteindre son niveau le plus haut soit 4 500 dollars la tonne il y a quelques jours.

?Des problèmes de ?cash-flow??

Rajesh Ramdanee, directeur de Tyremaster Foods Division, qui importe le lait Green Meadow d?Argentine n?est pas très optimiste. ?L?Argentine a imposé une taxe de 2 000 dollars pour chaque tonne de lait exporté. Ce qui fait que le lait argentin est presque hors de portée de nombreux consommateurs.?

Lawrence Wong de la compagnie Latrobe qui commercialise le lait en poudre Snowy va plus loin. Il estime que cette marque pourrait bien franchir la barre des Rs 180 le kilo d?ici quelques mois. Il explique aussi qu?il faudra davantage de devises pour importer un conteneur de lait : Rs 3,5 millions au lieu de Rs 2 millions il y a quelques semaines : ?On va se retrouver avec des problèmes de cash-flow. Comme Maurice est un petit marché on va payer plus cher nos produits à l?importation.?

D?autres gros importateurs craignent, eux, des pénuries en raison de la concurrence que représentent de gros importateurs tels la Chine et les pays du Golfe, qui sont disposés à payer plus cher pour obtenir de plus gros volumes de lait de l?Australie et de la Nouvelle Zélande.

Jusqu?à 50 % plus cher

Un problème ne vient jamais seul pour les consommateurs : le prix du riz basmati consommé par la grosse majorité vient de subir une hausse de 20 % et les importateurs n?écartent pas la possibilité que les prix continuent de grimper. Il pourrait coûter jusqu?à 50 % plus cher d?ici la fin de cette année, sur le marché mondial, estime Rajesh Ramdanee, le directeur de Tyremaster, qui importe plusieurs marques de riz du Pakistan et de l?Inde. Et Maurice n?y échappera pas. A l?origine de cette situation : la mauvaise récolte ? 50 % de moins que l?année dernière ? due aux conditions climatiques, comme dans le cas du lait.

La consommation de riz basmati a considérablement augmenté à Maurice. Avec 50 000 tonnes, elle supplante celle du riz ration depuis quelques années. La consommation de riz ration est de 30 000 tonnes.

La firme Innodis qui possède une rizerie à Maurice, compte d?ici mai, majorer les prix de ses différentes marques de basmati d?au moins 15 %. Pour rappel, ces marques avaient subi une hausse d?au moins 10% en décembre 2006.

Les grains secs ne sont pas épargnés par cette flambée des prix. Leurs prix ont doublé en quelques mois. Lentilles noires, dholl, haricots, entre autres, sont deux fois plus chers. A Rs 12 le sachet de 500 grammes il y a quelques mois, ils ont dépassé les Rs 25.

D?autre part, la possibilité que d?autres produits subissent le même sort n?est pas à écarter : il s?agit de produits laitiers, fromages, yaourts, laits reconstitués? L?huile comestible à base de soja ou de tournesol serait aussi plus chère, de même que le poulet, dont la nourriture de base, le maïs, subit depuis plusieurs mois des hausses de prix.

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