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Tension entre l?État et les sucriers

3 avril 2007, 00:00

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Un conflit larvé se développe entre le gouvernement et l?industrie sucrière. Il fait suite aux nouvelles conditions rattachées à la fermeture de trois usines et communiquées aux sucriers hier. L?état-major de l?industrie tient une réunion d?urgence ce matin pour discuter de la marche à suivre. De son côté, le gouvernement veut jouer l?apaisement. Si le blocage persiste, c?est le sort de la réforme sucrière qui est compromis. L?aide promise par l?Union européenne dans le cadre de mesures d?accompagnement sera également remise en question.

La fermeture des trois usines, Mon-Loisir, Mon-Trésor et Riche-en-Eau, est programmée pour cette année. Le gouvernement a pris la décision, vendredi au Conseil des ministres, d?autoriser ces fermetures mais impose des conditions que l?industrie juge ?excessives?. Si aucune solution n?est trouvée d?ici fin mai, l?autorisation délivrée devient caduque.

À la série des conditions déjà agréées, dans le passé, entre l?État et les sucriers pour ces fermetures d?usine sont venues s?ajouter deux nouvelles exigences. Premièrement, il est demandé à la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), en tant qu?institution regroupant tous les sucriers du pays, de céder entre 1 500 et 2 000 arpents de terres au gouvernement pour des projets d?intégration sociale.

Deuxièmement, l?État est revenu sur sa promesse de financer à hauteur de 75 % les coûts liés à la centralisation tels que décrits dans le ?Blueprint?. En conséquence, l?industrie sucrière devra prendre à sa charge bien plus que les 25 % initialement prévus du montant total des compensations payables aux ouvriers.

<B>?Réconcilier le social et l?économie?

À l?Hôtel du gouvernement, on cherche à relativiser la portée de la crise. ?Nous trouverons une solution dans le dialogue?, assure le ministre de l'Agro-industrie, Arvin Boolell. ?Il y aura des discussions sur les sujets sensibles?, reconnaît-il. Le ministre souligne que l?objectif du gouvernement est de ?réconcilier le social et l?économie? en faisant visiblement référence aux terres réclamées par l?État. Bref, Arvin Boolell se résigne à endosser la position du cabinet même s?il a tout fait pour éviter le conflit qui se dessine.

D?autres sources officielles expliquent qu?il était nécessaire de revoir les promesses initiales en fonction des réalités du pays. En particulier, font-elles ressortir, le développement dans plusieurs secteurs est entravé par le manque de terres constructibles. L?industrie sucrière pourrait offrir à l?État une partie de ses biens fonciers en échange de l?aide qui lui est apportée pour sa modernisation, argue-t-on.

Si les obstacles actuels sont surmontés et la modernisation de l?industrie sucrière se fait en conformité avec les engagements pris auprès de l?Union européenne, le pays peut s?attendre à recevoir une enveloppe de 300 millions d?euros (Rs 13 milliards) comme mesures d?accompagnement et sous forme de reliquat des Fonds européen de développement. Cette aide devrait s?échelonner sur six ans à compter de cette année. La moitié de cette somme financera les coûts sociaux du dégraissage, le recyclage des employés retraités et la préparation des terres des petits planteurs. L?autre moitié est destinée à promouvoir la diversification économique.

Le développement survenu, hier, a poussé le président du Joint Economic Council, Jacques de Navacelle, à solliciter une rencontre avec Claudia Wiedey, chef de la délégation de la Commission européenne à Port-Louis, pour clarifier la situation. Jacques de Navacelle devait qualifier hier les conditions ?non-prévues? rattachées à la fermeture des trois usines de ?reniement? des engagements pris avec l?Europe.

Il n?y aura pas de décaissement si le bailleur de fonds n?est pas satisfait du processus d?adaptation du secteur du sucre. Or, depuis hier, de lourdes interrogations pèsent sur la capacité du pays à poursuivre sur la voie de la modernisation.

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