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Alchimie d?une simplicité étonnante

2 avril 2007, 00:00

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Un laboratoire, endroit froid et aseptique? Rien de très intéressant a priori. Mais un sourire se distingue parmi tubes, solutions chimiques et autres équipements. C?est celui de Pamela Comaren, directrice du laboratoire d?Indian Oil. Entre coups de fil incessants et des allées et venues dans le laboratoire, la jeune femme veut bien parler d?elle.

À 26 ans, Pamela possède déjà un beau parcours. Après des études secondaires au couvent de Lorette de St-Pierre et celui de Quatre-Bornes, elle poursuit des études de Chemical et environmental engineering à l?université de Maurice. ?Au début, ce n?était pas facile. Il a fallu que je m?adapte à des étudiants qui avaient des niveaux plus élevés que moi.?

Une adaptation réussie puisque quatre ans plus tard, elle sort de l?université avec en poche, un Bachelor in engineering, avec mention first class, first division. Tout de suite, après ses études, elle est embauchée comme assistant laboratory manager dans une entreprise. Elle y restera pendant deux ans. Jusqu?à l?offre du géant indien, Indian Oil.

?Pour moi, c?était une opportunité. Ils cherchaient quelqu?un avec mon profil pour débuter leur laboratoire. J?ai accepté.? Débute alors une nouvelle expérience. Le laboratoire d?Indian Oil n?existait pas encore à Mer-Rouge. Il a fallu tout faire. Tâche difficile pour Pamela ? ?Oui, ma formation universitaire m?a préparée aux tests en laboratoire, pas à installer un laboratoire.?

<B>Gérer sa vie de femme et sa carrière</B>

Mais c?était sans compter le professionnalisme et la ténacité de la jeune femme. ?Je me suis transformée en ingénieur civil pour décider de l?installation des drains, du nombre de fenêtres, etc. Ensuite, je suis devenue électricien pour l?installation du matériel?, poursuit-elle, en éclatant de rire.

En effet, c?est elle aussi qui s?est chargée de recevoir et d?installer tout l?équipement du laboratoire venu de plusieurs pays du monde. ?On a mis un mois et demi environ afin de tout installer. Mais nous y sommes arrivés et c?était une belle expérience. De plus, de tout installer nous-mêmes nous a permis de faire d?importantes économies.?

Pamela est intarissable sur son boulot, difficile de l?amener à nous parler d?elle. En tant que femme dans cet environnement, elle avoue que c?est difficile. ?Effectivement, ce n?est pas évident de se faire respecter. Malgré l?expérience ou les diplômes, on se fait respecter seulement après avoir fait ses preuves.?

Évoluer dans un milieu aussi masculin n?a pas été de tout repos. ?Ce n?était pas évident au début. De donner des ordres à des hommes par exemple. J?avais une petite appréhension. Il n?y a pas d?autre fille sur les quais, par exemple quand je procède à la vérification des bateaux. En plus, être jeune n?arrange pas les choses !?

«Ce n?était pas évident au début. De donner des ordres à des hommes par exemple. En plus, être jeune n?arrange pas les choses...»

Finalement, l?intégration s?est faite. D?ailleurs, Sanjiv Aubeeluck, le laborantin, nous a expliqué que ?Pamela est extra sympa !? et qu?il n?avait aucun mal à recevoir des ordres venant d?elle.

Si ce n?est pas facile d?assumer une telle carrière pour une femme à Maurice, la jeune femme avoue : ?J?ai le soutien de mes parents. C?est ce qui compte. Mais c?est vrai que j?ai des horaires de travail difficiles.? Mais Pamela a des idées bien précises sur le déroulement de sa vie. ?Pour moi, il y a plusieurs étapes dans la vie d?une femme. Jusqu?à 22 ou 23 ans, c?est la période des études.

Après vient celle où on bâtit sa carrière, (c?est ce que je vis). Et puis vient le temps de se marier, fonder une famille. À chaque étape, c?est une priorité différente.?

Ainsi, pour Pamela, il faut savoir gérer une vie familiale et une carrière afin que l?une n?empiète pas sur l?autre. Subit-elle la pression pour se marier ? ?C?est une question qui se pose mais mes parents ne me mettent pas la pression. Il ne faut pas brûler les étapes.?

Pour garder les pieds sur terre quand on connaît une telle ascension à 26 ans, Pamela affirme que ses ?parents sont là pour ça. Et puis, je suis quelqu?un de très simple. J?aime les choses simples de la vie. Et puis, la foi aussi permet cela.?

Et de sa foi, elle dira que c?est quelque chose qui a une place primordiale dans sa vie. ?C?est ce qui nous permet de surmonter les obstacles.?

Quand elle quitte le laboratoire d?Indian Oil, Pamela avoue ne pas avoir beaucoup de temps. ?Je passe mes week-ends avec mes parents. Et j?adore regarder un bon film. Sinon, je déteste faire du shopping. Je préfère les sorties dans la nature.?

Ce qui compte pour Pamela ? ?Ne pas faire du mal aux gens. Réfléchir avant de dire quelque chose de blessant. Nous ne mesurons pas toujours la portée de nos paroles.?

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