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« J?ai apporté ma pierre à l?édifice des élections ?free and fair?»

1 avril 2007, 00:00

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Comment avez-vous accueilli la décision de la Cour suprême ?

Avec beaucoup de joie. C?est la justice et le peuple qui ont triomphé. Et je tiens à saluer l?indépendance du judiciaire pour cette décision qui fera les annales de la justice. Pour ce qui est de la politique à Maurice, je crois que cela changera la façon dont les campagnes électorales se dérouleront à l?avenir. Tout politicien, du gouvernement et de l?opposition, fera très attention avant de faire quoi que soit de condamnable. Je suis peut-être utopique, mais je pense avoir apporté ma pierre à l?édifice des élections free and fair.

Si le Privy Council confirme ce jugement, il y aura une partielle dans la circonscription où vous étiez candidat. Vous représenterez-vous ?

Ce sera au PM de décider qui est le plus apte à représenter les couleurs de l?Alliance sociale dans le cadre d?une partielle. Qu?importe le candidat que nous choisirons, je serai là pour le soutenir et faire campagne à ses côtés, afin que l?on regagne un siège que nous n?aurions jamais dû perdre à l?Assemblée nationale.

Tous les gouvernements asphaltent les rues, proposent des « tempos », ou recrutent ici et là à la veille des élections. Ce qu?on reproche à Ashock Jugnauth, c?est finalement de faire exactement ce que les autres ont toujours fait?

S?il y avait eu « bribery » à chaque élection, elles auraient toutes été annulées. Des membres du Parti travailliste ont initié plusieurs pétitions électorales dans le passé, mais c?est la première fois qu?on invalide une élection sur la base de « bribery ». La plupart des pétitions électorales se sont arrêtées à mi-chemin, faute de preuve. Ici, il y en avait et c?est bien pour cela que les juges se sont prononcés en ma faveur.

N?est-il pas temps qu?on établisse un code de conduite pour les hommes politiques en période électorale ?

Ce code sera non écrit. Et le jugement lui-même peut servir de base pour cela. Car il interpelle tous ceux qui font partie de la conduite des élections. Les juges ont cité ce que font et peuvent faire les « caretaker governments » ailleurs. Il faut que notre système politique gagne en maturité à ce sujet. Et on peut penser que l?Electoral Supervisory Council regroupera tous les partis politiques du pays pour des discussions en vue de l?élaboration d?un code de conduite.

Quelles sont les pratiques les plus condamnables en période électorale pour vous ?

On fait toujours croire des choses aux électeurs. On leur assure que s?ils votent pour tel parti ou tel homme, celui-ci sera en position de lui offrir quelque chose en retour. On joue avec les sentiments, les attentes et les faiblesses des gens.

En leur donnant ce dont ils ont le plus besoin à ce moment-là : un emploi, de l?argent ou des biens matériels. Et on peut tout aussi bien faire cela pour rester au pouvoir que pour y accéder.

Propos recueillis par R. B.

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