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L?histoire d?une escalade

1 avril 2007, 00:00

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Le verdict du juge Paul Lam Shang Leen, rendu la semaine dernière, a mis le feu aux poudres. Ce dernier a estimé que l?utilisation de haut-parleurs par la mosquée de Quatre-Bornes constituait une nuisance sonore. Ce jugement faisait suite à la plainte déposée par Gavin Glover à l?encontre de la municipalité de Quatre-Bornes. L?affaire fait grand bruit. Les avocats Shakeel Mohamed (par ailleurs député à l?Assemblée nationale) et Assad Peeroo mettent aussitôt en place une plate-forme pour, expliquent-ils, calmer les esprits face au débat provoqué par ce jugement. Shakeel Mohamed annonce, lors d?une conférence de presse, qu?il compte demander au gouvernement d?amender la loi, ayant lui-même déjà travaillé sur les amendements à apporter.

Mais des dissensions apparaissent rapidement au sein même de cette plate-forme commune. Alors que les avocats Shakeel Mohamed et Assad Peeroo appellent au calme et condamnent la manifestation organisée dans la soirée de mercredi devant le domicile de Gavin Glover, le maulana Jamil Chooramun cautionne cet acte et va même jusqu?à assurer qu?il sera présent au Parlement le 10 avril prochain. Ceci pour voir si le gouvernement amendera les regulations afin de permettre aux mosquées d?utiliser leurs haut-parleurs. Pour de nombreux observateurs politiques, l?attitude du maulana et inacceptable et doit être sanctionnée. D?autant plus que celui-ci a souligné, lors d?un point de presse le lendemain qu?il ne « respecte pas la Cour suprême » tant que celle-ci ne respectera pas la charia ? la loi islamique.

En déplacement professionnel à Paris, Shakeel Mohamed, que nous avons joint au téléphone, dit déplorer les récents dérapages verbaux du maulana Jamil Chooramun et estime qu?il faut qu?il y ait un consensus. « La situation peut tout à fait se résoudre dans le dialogue. Encore faut-il ne pas envenimer les choses », explique-t-il. Une opinion que partage Assad Peeroo qui s?est, depuis, éloigné de la plate-forme qu?il avait aidé à mettre en place. « J?ai pris la décision de me dissocier complètement de cette plate-forme car je ne veux participer à aucun dérapage », nous a laissé entendre Assad Peeroo. Sam Lauthan, également membre de la plate-forme, s?est aussi éloigné d?elle pour dénoncer certaines dérives. On craint, de part et d?autre, que la situation ne dégénère et ne devienne ingérable. Certains s?inquiètent des paroles prononcées par le maulana lors de la conférence de presse de jeudi. Il avait, en effet, laissé entendre : « Si demain il y a mort d?homme, ils diront que nous sommes des terroristes. » Des menaces pour certains, alors que d?autres redoutent une dégradation de la situation si le gouvernement n?adopte pas une position ferme dans cette affaire.

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