Publicité
Ashock Jugnauth «prêt pour une partielle»
Par
Partager cet article
Ashock Jugnauth «prêt pour une partielle»
par Thierry CHATEAU
Le leader de l?Union nationale a décidé de se battre. Il l?a fait comprendre hier lors d?un meeting à Tranquebar. Sa réaction fait suite au verdict des juges Bushan Domah et Paul Lam Shang Leen qui ont cassé, hier matin, son élection au n° 8 en juillet 2005. L?ancien ministre de la Santé, Ashock Jugnauth, a été trouvé coupable de corruption d?électeurs. Il a aussi été critiqué pour des recrutements dans les hôpitaux, quelques jours avant les élections (voir compte rendu du jugement en page 7).
La plainte avait été déposée par son adversaire Raj Ringadoo, candidat malheureux en juillet 2005. Aujourd?hui, c?est Raj Ringadoo qui est heureux, qualifiant le jugement «d?historique». C?est même, selon l?avocat de Raj Ringadoo, Sanjay Bhuckory, «une victoire historique pour la démocratie parlementaire».
Le jugement est aussi un camouflet à tous les gouvernements successifs et à la classe politique, en général. Les juges ne manquent pas de dénoncer les pratiques électorales trop souvent appliquées. Pour cette raison, surtout, le jugement devrait faire date.
La séparation des pouvoirs est un principe sacro-saint dans une démocratie parlementaire. Aussi, lorsque le judiciaire fait la leçon aux politiques, le fait mérite d?être souligné. Il est marquant, «historique».
«Un jugement ne m?empêchera pas de faire de la politique», insiste de son côté le leader de l?Union nationale. Il va d?abord faire appel au Privy Council mais il va surtout continuer à miner le terrain politique. Il n?aura pas attendu longtemps pour remonter sur une plate-forme puisqu?à Tranquebar, il était déjà en train d?exhorter une centaine de personnes du quartier à lui «donner un soutien».
Il a profité de l?occasion pour passer ses messages : de vives critiques contre le gouvernement en place et des annonces concernant un programme politique prêt avant la fin de l?année. Ashock Jugnauth a surtout donné rendez-vous pour le congrès anniversaire de son jeune parti (un an d?existence), le 29 avril, à Réduit.
Mais c?est surtout Anil Gayan, son avocat dans l?affaire qui l?opposait à Raj Ringadoo et également n° 2 de l?Union nationale, qui a été le plus incisif. Il a d?abord estimé qu?il y avait «beaucoup de raisons» de faire appel du jugement. «Je veux attaquer le jugement, pas les juges», insiste-t-il.
Il a aussi exhorté le leader de l?Union nationale à se porter candidat à une éventuelle élection partielle. «Dans le pire des cas, il y aura une élection partielle et Ashock Jugnauth sera candidat.» Un point de vue que partage son collègue Jean-Noël Sandian, président du parti. «Que Raj Ringadoo se porte candidat s?il y a une partielle», lâche-t-il.
L?Union nationale est donc dans une fighting mood. Ce parti ambitionne de faire de la politique autrement. En faisant sa place «doucement-doucement», comme le dit Ashock Jugnauth. En faisant aussi appel aux femmes. «Impliquez-vous en politique», exhorte le leader de l?Union nationale.
Mais c?est encore une fois Anil Gayan qui va plus loin. «Nous ne sommes pas attachés aux lobbies, nous oeuvrons pour l?intérêt du pays.» Il a surtout plaidé pour la tolérance et s?est élevé contre les manifestations dans l?affaire des haut-parleurs de la mosquée de Quatre-Bornes. «Il ne faut pas verser le sang, car nous sommes un pays considéré comme un exemple de tolérance», soutient-il. Anil Gayan affirme que l?Union nationale va donc rester vigilante.
Publicité
Publicité
Les plus récents