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Ces mosquées qui opèrent sans haut-parleurs
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Ces mosquées qui opèrent sans haut-parleurs
Interdire les mosquées d?utiliser des haut-parleurs pour les prières après le procès intenté par Gavin Glover contre une mosquée de Quatre-Bornes? Le verdict du juge Paul Lam Shang Leen a fait des vagues. Cependant, au cours de ce procès, une liste de mosquées opérant sans haut-parleurs a été soumise. Quelles sont-elles ? Comment opèrent-elles ? Les responsables des mosquées expliquent?
Sodnac Islamic Society. La mosquée de Sodnac à Quatre-Bornes, ne ressemble à aucune autre. Hormis, un panneau indiquant son nom, aucun moyen de distinguer la mosquée des autres maisons. Le président de la société, Yousouf Gunny, explique les raisons de cet ?anonymat?.
? Nous avions fait une demande de permis en 1988. Permis qui nous a été accordé. Malheureusement, avec les protestations des habitants, nous n?avions pu aller de l?avant.? De 1988 à 1993, personne ne statue sur leur sort. En attendant, les fidèles du quartier commencent à faire des prières dans les maisons et garages.
En 1994, la société obtient un permis résidentiel pour une maison et y tient ses prières. ?Nous officions comme une mosquée mais nous ne l?étions pas?
En 2005, la société fait une autre demande de permis. Après une année et une action en justice contre la municipalité de Quatre-Bornes, elle obtient un ?development permit? en septembre 2006. Parmi les conditions stipulées sur le permis, une clause : celle ne permettant pas à la mosquée d?utiliser des haut-parleurs. ?Nous crions l?azaan à vive voix sans haut-parleurs. Les fidèles viennent, mais il manque quelque chose.?
Le juge Paul Lam Shang Leen avait, lui, fait ressortir que ?the right of the devotees to practice their religion is not infringed by prohibiting the use of loudspeakers for the calling of daily prayers; the balance of convenience lies in upholding the rule of law namely prohibiting the unlawful use of loudspeakers??
?Ne pas réveiller les voisins?
Yousouf Gunny rétorque que l?azaan est un symbole dont les gens n?ont pas compris l?importance. Si, pour lui, l?utilisation de haut-parleurs est importante, le but ?n?est pas de réveiller toute la ville de Quatre-Bornes?. Mais il concède que certaines mosquées ont tendance à exagérer en montant le volume au maximum.
La situation à la mosquée An Noor de Coromandel est semblable à celle de Quatre-Bornes. Elle a obtenu un ?development permit? mais l?utilisation de haut-parleurs lui est interdite pour l?azaan. L?imam Harimullah Hossenbaccus explique qu?il y avait deux mosquées non loin l?une de l?autre et qu?une seule avait le droit d?utiliser les haut-parleurs.
?Nous entendons l?azaan de l?autre mosquée. Et nous, nous faisons l?azaan tranquillement à l?intérieur. Pour les fidèles du quartier, ce n?est pas un problème. L?essentiel, c?est que notre mosquée fonctionne bien et que nous faisons nos prières en toute liberté.?
?Le matin, nous ne donnons pas toujours l?azaan, pour ne pas réveiller les voisins. Nous sommes une petite congrégation, il n?y a pas besoin de le faire. Mais pendant la journée, nous utilisons les haut-parleurs?, confie de son côté, Moussa Gunny du Riaz-Ul-Jann mosque de Belle-Rose. Le président de la société ajoute que l?azaan est diffusé à faible volume.
Ainsi, alors que la question d?interdiction d?utiliser des haut-parleurs fait tiquer certains, d?autres mosquées opèrent depuis longtemps sans. Mais si la mosquée de Coromandel semble mieux accepter la décision de la municipalité, la mosquée de Sodnac veut que la mairie revoie sa position concernant l?utilisation de haut-parleurs.
Mais y aurait-il un autre moyen pour diffuser l?azaan ? Yousouf Gunny demeure sceptique sur la question. Il explique que l?azaan doit être dit de vive voix et ne peut être enregistré. ?L?azaan est une prière qui doit être reprise par le fidèle?, rappelle-t-il.
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