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Le prix du contrôle

28 mars 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Le plus gros fournisseur de fers de construction du pays ferme ses portes alors que le secteur du bâtiment est en plein boom. Une dichotomie qui trouve son explication première dans une politique de contrôle des prix mal agencée.

Même si nous n’excluons pas d’autres motifs à la décision de Desbro International d’arrêter ses activités, nous ne pouvons pas minimiser la part des prix administrés dans ce dénouement peu glorieux.

Le contrôle des prix a certes ses mérites et sa pertinence dans des situations données. Certaines interventions de l’État sont nécessaires pour protéger les consommateurs et pour assurer le maintien d’une industrie vitale à la société.

Toutefois, elles sont contre-productives si elles forcent les opérateurs à rouler à perte au point où ceux-ci doivent cesser leurs activités et licencier leurs effectifs.

Les champs d’intervention de l’État devront être balisés selon les nouvelles conditions de l’économie. Le gouvernement prône l’ouverture de l’économie dans le but de générer plus d’activités. Le contrôle des prix ne sert pas cette cause. Les entrepreneurs ne sont pas toujours enthousiastes à se lancer dans un marché où les prix sont administrés par le gouvernement.

Maurice doit au plus vite clarifier sa politique sur la concurrence. Le gouvernement argue qu’il n’existe qu’une vingtaine de produits qui sont soumis au régime des prix administrés. Si le contrôle des prix est nécessaire dans certains cas, il ne faut pas qu’il soit laissé à la discrétion des politiciens. Il est temps d’établir de nouvelles règles du jeu. Il faut bâtir de nouvelles institutions robustes et indépendantes capables de résister à la fois à la mainmise des politiciens et aux lobbies des opérateurs.

Les interventions de l’État sur le marché doivent être guidées par des critères strictement économiques. Les considérations politiques, voire idéologiques, n’ont pas leur raison d’être dans ces décisions. Les revendications des uns et des autres doivent être examinées d’un point de vue de recherche d’équilibre entre la rentabilité de l’activité en question et les intérêts des consommateurs. Des éléments tiers risquent de fausser l’équation au détriment des vrais enjeux.

L’efficacité du combat permanent contre les cartels, les monopoles et d’autres pratiques commerciales abusives est un signe de maturité de notre tissu économique. En l’absence des institutions nécessaires, l’humeur des politiciens et la force de marchandage des entreprises influentes vont continuer à faire obstacle à cet idéal.

La nouvelle loi sur la concurrence promise à maintes reprises par différents gouvernements tarde à venir. La réforme du “product market” est tout aussi vitale au projet de restructuration de l’économie que la refonte projetée des lois du travail. Un gouvernement qui a pris le pari de la réforme économique se doit de replacer la politique commerciale au premier rang de ses priorités.

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