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L?irritation de Ramgoolam

26 mars 2007, 00:00

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Le Premier ministre (PM) Navin Ramgoolam était particulièrement irrité samedi. Pourtant, à son arrivée à Triolet pour célébrer le premier anniversaire du SSR Disability Services Centre, rien ne laissait présager qu?il allait, une heure durant, s?en prendre tour à tour aux radios privées, aux cartels et au Mouvement militant mauricien (MMM).

Son irritation est due a ce qu?il perçoit comme une incompréhension des actions de son gouvernement par le public et de surcroît quand elles ne sont pas forcement populaires. Pour lui, ce sont les ?médias et particulièrement les radios? qui sont coupables de ne pas relayer le message. Il les accuse d?être les ?plates-formes de l?opposition? et il regrette que ?pena nou ditou ladan?.

?La démagogie de l?opposition?

?Dan Radio Plus ek Radio One, nek demagozi ki pe ale mem la, enn deryer lot. Il y a des gens qui me disent qu?ils essaient d?appeler les radios mais on ne les laisse pas intervenir tansyon pou koz pro-gouvernma. Il faut mettre de l?ordre dans tout ça. Nous n?avons pas peur des critiques mais on ne peut donner un seul son de cloche. Pour les radios privées, tout est négatif et ils ne veulent pas comprendre et ne veulent pas aider les autres à comprendre.?

Le PM prend pour exemple le fait que les radios privées n?ont pas expliqué aux gens que c?était en 1998 que son gouvernement a introduit les subsides sur les frais d?examens et que cette formule n?existait pas auparavant. ?C?est la première chose que les radios auraient du faire.?

Le principal sujet de contentieux, ce sont les subsides sur les frais d?examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). Le PM dénonce ce qu?il appelle la démagogie de l?opposition. Il rappelle que le précédent régime avait pris la décision d?aller de l?avant avec le ciblage.

Il affirme que déjà en 2003, l?ancien gouvernement avait laissé entendre qu?il y aurait eu du ciblage ?sur la santé, l?éducation et autres?. Il admet que ?mo pa per pou dir? que ?nous avions alors fait du tapage en les accusant de vouloir démanteler l?Etat-providence?.

Navin Ramgoolam rappelle aussi que le budget 2004 fait clairement comprendre que le ciblage sera appliqué au frais d?examens du SC et du HSC. Selon lui, le gouvernement d?alors n?est pas allé de l?avant avec cette mesure car il avait mis le barème trop haut. ?Quand vous commencez à cibler à partir de Rs 30 000, cela ne vaut pas la peine car 80 % de la population tombent dans cette catégorie. L?économie faite est trop petite pour faire une différence. (?) C?est ainsi que Sam Lauthan a dû présenter des excuses à la population parce que l?économie était si infime qu?elle ne valait pas les tracasseries causées à la population.?

Le PM a voulu, par ses explications, faire comprendre à son électorat que c?était lui qui défendait leurs intérêts. ?Il vous faut réfléchir à la question de savoir si vous avez un PM qui défend vos intérêts ou pas. N?avez-vous pas vu ce qui s?est passe récemment ? Quels sont les intérêts que Bérenger a défendus ?? Il fait, tout de suite lien avec ?les cartels? Il rappelle qu?en 1996, les ?cartels (zot krwar zot gran gran misie zot) avaient menacé le gouvernement car ils voulaient des terres, des tankers et la permission d?augmenter le prix du gaz et de l?essence?.

Navin Ramgoolam rappelle qu?il avait refusé et que ces derniers avaient aussi menacé de ne plus importer du gaz et de l?essence et que ce dernier contenait des impuretés. ?Ti ena gran gran tit dan lagazet.?

L?implantation de Petronas, affirme-t-il, n?a pu se faire parce que ?j?ai perdu les élections en 2000?, Indian Oil s?est quand même implantée ?parce que le gouvernement ne pouvait faire autrement à cause des relations avec l?Inde?. Il ajoute que le rôle d?Indian Oil avait cependant été réduit au strict minimum. ?Se sa ki zot defann parski zot kontan gard sa kartel la zot?, ajoute Navin Ramgoolam en faisant référence à l?ancien gouvernement.

Remboursement des dettes

Il explique ses démarches auprès du Premier ministre malaisien, le Dr Mahatir, pour que Petronas vienne s?implanter à Maurice. Il dit se souvenir du commentaire du Mohammed Mahatir qui lui a dit ?qu?il comprenait ma position parce que lui aussi avait fait l?objet de sabotage avant de pouvoir être PM?.

Il confie une autre frustration en évoquant ses rencontres avec le Dr Mahatir et le fait qu?il n?est pas traité avec les égards qu?il mérite. Il raconte que les chefs d?Etat du Commonwealth avaient voulu rencontrer le PM malaisien à la fin d?un sommet du Commonwealth en Malaisie mais en vain. ?Le Dr Mahatir était fatigué et il est allé se reposer pendant quatre jours dans son bungalow mais moi, j?ai pu le rencontrer. Fode gete : bodigard partou tandi ki isi dimoun na pa kone ki ve dir premie minis.?

Nain Ramgoolam tient à expliquer aux gens que la situation économique est difficile en grande partie à cause ?de la mauvaise gestion de l?économie par l?ancien gouvernement et que jamais dans l?histoire de Maurice, l?économie n?a été aussi mal gérée?, dit-il en expliquant que 66 % des revenus vont dans le remboursement des dettes contractées majoritairement par l?ancien régime. ?Si pena rises, ki pou partaze ? Ler ?? demande-t-il en expliquant qu?il ?n?y a pas d?acquis dans ce pays?.

Le PM a avoue que sa décision de puiser du budget de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) n?a pas plu au ministre du Tourisme, Xavier Duval. ?C?est un choix et une priorité . Le ministre n?est pas content et je le comprends mais il faut bien prendre l?argent quelque part. L?industrie du tourisme va bien aujourd?hui. Il n?y avait pas de places dans les hôtels en décembre. Il n?est donc pas nécessaire de faire autant de promotion .?

Navin Ramgoolam se dit ouvert au dialogue ?avec des personnes raisonnables mais je ne céderai jamais face aux pressions. Ce n?est pas ma nature?. Il demande aussi à la population d?arrêter de faire de la démagogie.

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