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Les Nations unies alertent sur l?exode irakien
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Les Nations unies alertent sur l?exode irakien
Ils sont les victimes oubliées du conflit irakien. Selon l?Onu, près de 4 millions d?Irakiens ? sur une population estimée à 24 millions en 2003, année de l?invasion américano-britannique ? ont été chassés de chez eux par les violences, et contraints, pour la moitié d?entre eux, de trouver refuge en Jordanie et en Syrie.
Peu visibles, car ils se sont fondus dans les populations locales, « beaucoup de réfugiés irakiens font face à d?énormes besoins » dans les domaines de la santé, de l?éducation ou de l?alimentation, explique Peter Kessler, porte-parole à Londres du haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) de l?ONU.
Leur détresse est occultée
Leur détresse est occultée par l?ampleur des violences en Irak. « Les pays européens vivent dans un déni lamentable du danger posé par la guerre en Irak, explique M. Kessler. Cette guerre ne prendra pas fin demain et elle va créer plus de réfugiés. » L?Onu estime que « des dizaines de milliers » d?Irakiens s?exilent chaque mois.
« Les pays devraient, par tous les moyens possibles, tenter de calmer les combats en Irak, poursuit le fonctionnaire onusien. Car si la situation perdure, les gens fuiront vers l?Europe, comme l?ont fait les Kurdes sous Saddam Hussein. » La Syrie accueille déjà près d?un million de réfugiés Irakiens, la Jordanie 750 000, l?Égypte 80 000, le Liban 40 000 et la Turquie 5 000.
« Certains de ces réfugiés n?ont pas d?argent pour payer l?école. Leurs enfants doivent travailler et certaines femmes ont dû se livrer à la prostitution pour nourrir leur famille », explique le porte-parole du HCR. Ces personnes déplacées qui s?ajoutent, en Syrie et en Jordanie, à une importante population de réfugiés palestiniens, constituent, selon l?Onu, « un fardeau énorme » pour Damas et Amman.
« Ces gouvernements sont très fiers et n?ont jamais rien demandé pour les Pales-tiniens », mais « il est vital d?aider leurs mi-nistères de la Santé et de l?Éducation », affectés par l?afflux de réfugiés, poursuit-il.
L?action du HCR rendue très difficile
Le HCR n?a pour l?heure reçu des donateurs que la moitié des 60 millions de dollars dont il a besoin ? une « goutte d?eau dans la mer », selon l?agence.
« Nous n?avons de budget que pour trois écoles en Syrie alors qu?il nous en faudrait des centaines. »
En Irak se trouvent aussi près de 1,9 million de personnes déplacées par les violences intercommunautaires. Elles s?intègrent tant bien que mal dans un tissu social fragilisé, avec 15 millions d?Irakiens considérés comme « extrêmement vulnérables » par l?Onu. Près de 4 millions dépendent de l?aide alimentaire. Environ 50 % des Irakiens sont au chômage ; 70 % n?ont pas d?accès à l?eau ; 80 % manquent de sanitaires adaptés et 23 % des enfants souffrent de malnutrition chronique.
Selon l?Onu, en 2006, les violences ont forcé 730 000 Irakiens à trouver refuge ailleurs dans le pays et ont rendu très difficile l?action du HCR, présent dans sept localités.
Pour attirer l?attention de la communauté internationale sur les problèmes des réfugiés irakiens, le HCR a invité à Genève, les 17 et 18 avril, les ministres de 192 pays, ainsi que 65 organisations internationales et une soixantaine d?organisations non gouvernementales.
@ 2 007 Le Monde ?
Philippe BOLOPION? (Distribué par The New York Times Syndicate)
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