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SC et HSC : le gouvernement cède sur les subventions

24 mars 2007, 00:00

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Le gouvernement fait une concession et cède en partie sur les subventions initialement prévues pour les frais d?examens. Il accorde ainsi cette année une subvention de 25 % aux élèves du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC) dont les parents touchent plus de Rs 10 000. Quant à ceux dont les parents touchent moins de Rs 7 500, ils sont toujours exemptés. Pour les parents ayant plus d?un enfant se présentant aux examens, la subvention est de 50 %, à condition qu?ils gagnent entre Rs 7 500 et Rs 10 000. Ce geste coûtera entre Rs 140 et Rs 150 millions à l?Etat, qui compte demander aux hôteliers et aux banquiers d?apporter leur contribution.

Dharam Gokhool, le ministre de l?Education, est monté au créneau, hier soir, pour expliquer la décision du gouvernement. Elle a été prise à l?issue d?un long Conseil des ministres (plus de quatre heures). Le ministre la place dans son contexte : une situation économique difficile.

Il explique aussi que les parents concernés seront remboursés. Ils devront s?adresser au ministère de la Sécurité sociale ou au Mauritius Examinations Syndicate. Un comité spécial sera créé dès lundi pour se pencher sur toutela question.

Ce «geste» du gouvernement survient après que le Premier ministre a rencontré un groupe de collégiens et les animateurs de la plate-forme citoyenne, hier. Ces subventions coûteront entre Rs 140 m et Rs 150 m au pays. L?Etat ponctionnera le budget de promotion de la Mauritius Tourism Promotion Authority. Un budget qui s?élève à Rs 300 m.

L?Etat fera appel à la solidarité nationale et demandera aux hôteliers et aux banquiers de pallier au déficit et de contribuer au budget de promotion, à hauteur de Rs 75 millions chacun. Une contribution qui est «exceptionnelle» et qui ne se fera que cette année.

«La décision est collective, elle est celle du gouvernement», tient à préciser le ministre de l?Education. Il a profité de l?occasion, hier soir, pour faire appel au «sens de responsabilité» de la population mauricienne.

<B>Thierry CHATEAU</B>

<B>Ramgoolam : «Il faut commencer à vivre selon nos moyens» </B>

«Il n?y aura pas de comité technique pour revoir l?année prochaine la nouvelle formule de paiement des frais d?examens. Il faut commencer à vivre selon nos moyens», a déclaré à la presse, hier soir, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l?issue de la célébration de la fête nationale du Pakistan à Floréal. Cette formule est-elle finale ? Le chef du gouvernement répond que oui. Grâce à cette nouvelle formule, explique-t-il, environ 30 % de la population estudiantine ne paiera pas les frais d?examens. Il rappelle au passage que c?est l?ancien régime qui est venu avec l?idée de «targeting», sans toutefois l?appliquer. Notant aussi que beaucoup de gens voulaient retourner à l?ancienne formule, le PM déclare : «On ne peut pas retourner à l?ancien système qui couvrait seulement 50% des frais d?examens pour ceux dont le revenu mensuel est de Rs 7 500. Nous avons décidé de subventionner à 100 % cette population.» Le Premier ministre dira aussi que la formule «dérange la stratégie économique du gouvernement» et c?est pourquoi il lance un appel à la solidarité dans ce sens à l?industrie touristique et au secteur bancaire.

<B>Jean-Denis Permal

<B>La nouvelle formule valable cette année

Conformément à la politique de réorientation des subventions, énoncée dans le Budget 2006-2007, le gouvernement paiera la totalité des frais d?examens pour les élèves dont les parents ne gagnent pas plus de Rs 7 500. Ils sont actuellement 8 200. L?Etat assure 50 % des frais d?examens pour les familles qui ont plus d?un enfant se présentant aux examens et dont les revenus sont compris entre Rs 7 500 et Rs 10 000. Enfin, une subvention de 25 % est accordée à tous les autres.

<B>Manifestation : la grève du 30 mars maintenue</B>

La manifestation d?hier après-midi à Flacq, Yahya Paraouty, a tenu à la conclure en lançant un appel à la mobilisation prévue vendredi prochain : «Nou pe maintenir la grev le 30 mars », a déclaré le président de l?Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE).

Ils étaient environ un millier de personnes hier à se réunir à l?appel de la plate-forme nationale pour manifester contre le retrait des subventions pour les frais d?examens. Si cette troisième manifestation a attiré moins de monde que les deux dernières, l?ambiance était au rendez-vous et les élèves ont scandé pendant toute la marche les slogans tels «Rann nou subsid», «L?edikasyon enn droit» ou «Gokhool deor». Parents, élèves, politiciens ont fait entendre leurs voix sous l??il vigilant de nombreux policiers présents.

Yahya Paraouty s?est dit satisfait du déroulement de la manifestation. «Il y avait plus d?ambiance, plus d?enthousiasme.» Il a toutefois dénoncé le fait que les managers de certains collèges privés aient pris la décision de fermer à 13 heures. «Malgré ça bann tentativ intimidation la, bann zelev inn vini.»

Nando Bodha, le leader de l?opposition, a parlé lui «d?une mobilisation excellente», en s?inquiétant toutefois que le nombre d?étudiants participant à ces examens puisse diminuer.

A la fin de la manifestation, plusieurs personnalités ont pris la parole. Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien voit dans la décision du Conseil des ministres «un pas en avant» mais précise que cela ne suffit pas. Il parle aussi d?un nouveau «cafouillage» prévu pour le remboursement des frais qui ont déjà été payés. Il a qualifié «d?injuste, d?inhumain et de stupide», le retrait des subsides et a demandé au ministre Dharam Gokhool de «démisione si li ena dinite».

Pravind Jugnauth, quant à lui, a qualifié la décision de «temporaire» et «demi-mesure». Pour lui, «bizin kontinie met presion pou ki retabli nou bann aki». Ashok Jugnauth, leader de l?Union nationale, a tenu des propos virulents à l?égard du gouvernement.

Tous ont évoqué le maintien de la grève prévue pour le 30 mars afin de maintenir la pression sur le gouvernement.

<B>Pouspam RAMSAMY</B>

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